‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 10 sur 312 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

les Gesta pauperis schobiris Albini^ compilés par le cardinal Albinus quelques années avant Gencius. Mais rien de plus n'avait été fait. Dans la préface au Codex diplomaticus qu'il consacrait au domaine temporel du Saint-Siège, Theiner parlait avec dédain de « l'informe compilation du camérierCencius » ; les problèmes de critique que soulevait le Liber censuum n'avaient pas encore été sérieusement traités. Paul Fabre, qui dès ce moment se rendait compte de l'importance historique de ce recueil, résolut de les aborder, el l'étude qu'il publia en 1882 dans les Mélanges de l'École de Rome Sur un manuscrit du Liber censuum de Cencius camerarius^ montra bientôt qu'il les avait résolus.

Des deux principaux manuscrits qui se trouvaient au Vatican, Tun étant conservé aux Archives, l'autre à la Bibliothèque, c'était le premier, où l'on croyait retrouver Texemplaire mentionné dans les inventaires du moyen âge, qui s'était imposé à l'attention des érudits. L'examen du manuscrit de la Bibliothèque — où il n'était entré qu'au xvni^ siècle après avoir disparu des Archives — mit hors de doute qu'on faisait fausse route en lui préférant l'exemplaire des Archives. Le seul exemplaire qui lui fût comparable et qui dût en être rapproché, si l'on voulait trouver un fil conducteur, était un manuscrit conservé à la Bibliothèque Riccardienne de Florence. En comparant ces deux manuscrits qui méritaient tous deux d'être considérés comme originaux, — Tun commençait à le devenir au moment où l'autre cessait de l'être, — on pouvait saisir le mode de formation et suivre la composition progressive du recueil. Lorsqu'il avait été rédigé, sous le pontificat de Célestin III, le camérier Cencius avait pris ses précautions^ pour qu'on pût s'en servir « jusqu'à la fin du monde ». Dans le tableau des différents diocèses de la Chrétienté entre lesquels étaient répartis les établissements devant un cens au Saint-Siège, il avait partout ménagé des blancs pour que l'on pût y inscrire les nouveaux cens à

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