‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 117 sur 312 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

Cf. supra, p

2. Aug. Digot {Recherches sur les écoles épiscopales et monastiques de la province de Trêves j Congrès scientifique de France, 1850, t. II, 368) fait veair h Metz sous Drogon le sculpteur et musicien Tuotilon, moine de Saint-Gall ; mais celui-ci appartient à une époque postérieure. Abel, Essai sur d^ anciens ivoires sculptés, P*^^^» c^* P* ^^^j n. 3, fait aussi venir Tuotilon à Metz.

3. Sur ce manuscrit, voir Léopold Delisle, Le cabinet des manuscrits, III, p. 262. Il en a reproduit un fragment du fol. 38, pi. XXIX, n<> i. Le manuscrit provenant de Metz est entré à la Bibliothèque nationale, en novembre 1802. — Autres fac-similés : Sylvestre, Paléographie universelle^ pi. CXXXI; comte de Bastard, Peintures et ornements des manuscrits, pi. LXVII-LXXII. Il est tout à fait certain que le manuscrit est de répoque de Drogon. Au fol. 126, on lit le catalogue en vers des évêques de Metz qui est imprimé par Dummler, Poetœ sévi Carolini, I, 60 et par Ilolder«Egger, Scriptores, XIII, 303. A la suite de ces vers on a ajouté en onciales d^or le nom de Drogon avec la date de sa mort : « Drogo archiepiscopus VI idus decembris. » Cette addition a été faite peu de temps après la confection du manuscrit; puis on a écrit bien plus tard en minuscule noire les noms d'Advencc, Wala et Robert, successeurs de Drogon. Sur la question de date, voir Léopold Delisle, Mémoires sur d^anciens sacramentaires dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettreSy t. XXXII, p. 100-102.

fant Jésus, le massacre des Innocents, la Présentation au Temple, l'entrée de Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux, la Sainte-Cène, la Crucifixion, les saintes femmes devant le tombeau du Christ ressuscité, F Ascension. Quelques-unes sont destinées à la glorification de Metz. L artiste a renfermé dans xme de ses plus belles lettres la scène de la lapidation du premier martyr Etienne auquel Téglise messine est dédiée. Puis il nous montre la suite des miracles attribués à saint Amoul : lépreux païen baptisé et sortant guéri des fonts ; enfant mort ressuscité par le prélat qui lui a fait des onctions avec les saintes huiles ; femmes possédées délivrées du démon par les prières du prélat * . Toas ces sujets sont composés à la fois avec une grande netteté et une certaine bonne grâce : les gestes sont précis et les mouvements justes ^. Ces lettres historiées ne peuvent être assez commentées par les archéologues. Ils reproduiront aussi toujours les dixhuit tableaux charmants qui sont représentés trois par trois sur les plaques d'ivoire servant de couverture au volume^. Ces tableaux doivent être contemporains du volume avec lequel ils ont le plus intime rapport*. Seulement, Tordre en semble avoir été dérangé, quand on a restauré au xvin* siècle la reliure en velours bleu ^. L'artiste a voulu, selon toute vraisemblance, représenter les cérémonies liturgiques qui sont décrites au cours du volume, et placer en regard de chacune d'elles les phases correspondantes

1 . Toutes ces lettres historiées ont été étudiées avec beaucoup de soin par le P. Cahier, Nouveaux Mélanges d'archéologie y d'histoire et de littérature sur le moyen âge. Ivoires^ miniatures, émaux, Paris, 1874, p. 114-139.

2. Labarte, Histoire des arts industriels, 2* édit., t. II, p. 207.

3. Ces ivoires ont été publiés dans le Trésor de numismatique et de glyptique. Recueil général de bas-reliefs et d'ornements, Paris, 1836; pi. XVIII et XIX. Cf. Hausmann, Wahn et Wolfram, Lo//irm^wcAc Kunstdenmâler, n° 5S-59. M. Charles Abel (Essais sur d'anciens ivoires sculptés de la cathédrale de Metz dans les Mémoires de la Société d'archéologie de la Moselle^ t. X, 1868, p. 228 et ss.) donne des explications un peu différentes des nôtres. Il suppose à tort que Tartistc a voulu représenter Drogon lui-même.

4. Je ne sais pourquoi M. Prou (Grande Encyclopédie, art. couvertures) place ces ivoires au xii^ siècle. Sans doute la reliure première du manuscrit a été modifiée; mais Ton s'est servi des plaques anciennes pour la couverture nouvelle. La suite des ivoires que nous possédons de Metz, cf. Tart. d'Abel, nous prouve bien que nous sommes en présence d'une œuvre du ix« siècle.

5. Sur cette restauration, Léopold Delisle, Le Cabinet des manuscrits, Le,

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de la vie du Christ ; c'est ainsi que nous voyons le baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain, Jésus serrant dans ses bras ses apôtres au jardin des Oliviers, Jésus donnant la bénédiction à ses disciples qui vont le quitter ; et aux deux premiers épisodes répondent les sacrements du baptême et de Tordination ^ Mais bientôt le sculpteur a laissé de côté ce parallélisme, et il nous montre Févéque consacrant une église, bénissant le saint chrême le jeudi saint, les fonts baptismaux le samedi saint, traçant avec le pouce une croix sur le front de l'enfant qu'il vient de baptiser; puis suivent les diverses cérémonies de la messe : Tévêque sortant de la sacristie, s'inclinant devant lautel, donnant le baiser de paix à l'un des prêtres assistants, baisant le livre des évangiles, écoutant la lecture de Tépitre, puis se tournant vers rOrient pour écouter la lecture de Tévahgile, recevant les oblations des membres du clergé, consacrant le vin du calice et remettant à Tarchidiacre le pain bénit ^.

Parmi les manuscrits précieux qui proviennent de Metz et qui ont pu être exécutés sous la direction de Drogon, signalons rÉvangéliaire dit de Soissons, ms. latin n^ 8850 à la Bibliothèque nationale 3; un recueil comprenant l'histoire de Paul Orose et la guerre de Troie, de Darès le Phrygien (Bibl. de Metz, ms. n"* 187); des extraits d un commentaire sur le livre des Rois {ibid,^ ms. n^ 1309 ^); mais cette liste s'allongera certainement,

1. Au troisième sujet devait sans doute correspondre la confirmation qui n'est pas représentée.

2. Des explications un peu différentes sont données par Kraus, Kunst und Altertum in Lothringen, p. 578. Cf. Rohault de Fleury, La messie, I, 67; Didron, Annales archéologique y XIX, 136. Diverses de ces plaques ont été souvent reproduites dans les livres d'archéologie, le baptême du Christ dans Touvrage cité du P. Cahier, p. 59, la cérémonie du baptême dans un article de M. Paul Saintenoy, Les fonts baptismaux de bois figurés sur les hautes lisses de la cathédrale de Tournai dans le Bulletin de l'Académie d'archéologie de Belgique, t. XXIV (1896), p. 748. Voir aussi Revue de fart chrétien, 1897, p. 401. Cf. Clemcn, Die merowingische und karolingische Plastik dans les Jahrbûcher des Vereins von Altertumsfreunden des Bheinlandes, Heft 92.

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