‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 118 sur 312 · Hausmann, Wahn et Wolfram, recueil cité, pi · texte numérisé non relu

Hausmann, Wahn et Wolfram, recueil cité, pi

4. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements, in-4, t. V. Les deux manuscrits provenant de la cathédrale de Metz, sont attribués au cours du catalogue au x* siècle par M. Quicherat, et plus exactement au ix"- siècle par M. Prost dans la préface, p. cxxv. — Nous ne mentionnons pas le beau fragment de sacramentaire, à la Bibliothèque

quand on connaitra mieux les caractères des diverses écoles locales de paléographie. La cathédrale de Metz possédait déjà un trésor de livres tout à fait remarquables, quand, quelque temps après la mort de Drogon, Charles le Chauve, le jour de son couronnement comme roi de Lorraine, 9 septembre 869, lui fera cadeau de ces deux merveilles : la Bible, écrite par Vivien, abbé de Saint-Martin de Tours et le psautier de la main de Luitard ^. Ainsi, sous Tépiscopat de Drogon, Metz continua de se montrer digne de son ancienne réputation littéraire et artistique.

A quelque point de vue que Ton se place, Ton ne saurait nier l'importance du rôle joué par Drogon. Sous Louis le Pieux, alors que Tempire carolingien est intact, il garde au prince une fidélité à toute épreuve et il en est récompensé par la plus haute dignité de TEtat, celle d'archichapelain. Après le pacte de Verdun, il s'attache àLothaire et conserve dans le royaume de celuici cette importante charge. A ce moment, il reste le représentant vivant de Tancien principe d unité ; nommé vicaire du Saint- Siège au delà des Alpes, il essaie de soumettre à son autorité spirituelle les évêques des régions où commandent Louis le Germanique et Charles le Chauve ; la tentative échoue et toute centralisation disparaît :

Pro rege est regulus, pro regno fragmina regni.

Drogon, préoccupé surtout des affaires temporelles, a souvent fait servir TEglise à ses desseins politiques. Si nous le représentions comme un grand réformateur, nous donnerions de lui une idée trop élevée. Néanmoins, il a pris part aux polémiques religieuses de son temps, et il s'est efforcé de faire régner Tordre dans TEglise comme dans TEtat. Etant monté sur le siège de Metz, qui venait de souffrir d une longue vacance, il lui a

nationale, fonds latin n° 1141. Ce sacramentaire provient plutôt de Jumièges. Cf. L. Delisle, Mémoires sur d* anciens sacramentaires^ /. c, p. 147. 1. Voir la bibliographie sur ces deux manuscrits dans Kraus, p. 570. Nous rappelons que le chapitre de Metz donna ces deux beaux ouvrages à Colbert en 1675 et reçut en échange un portrait de Louis XIV et un crucifix d'argent ! Avec le fonds Colbert, ils sont entiés à la Bibliothèque royale.

l'archevêque de METZ DROGO^ 145

rendu son antique éclat ; il a agi sur Timagination populaire par quelques cérémonies solennelles ; il a rattaché par ses liens plus étroits à révéché des abbayes situées en des diocèses voisins ; il a protégé Técole et, sous sa direction, ont été exécutés quelques chefs-d*Œuvre artistiques. Ce fils de Charlemagne méritait une étude spéciale. Avec les lignes de la figure, il avait hérité de son père — sans doute à un degré inférieur — la puissante intelligence, la grande piété, Tardente passion de Tétude. La frappe est moins nette, les traits sont plus effacés, mais c'est encore un exemplaire de l'admirable médaille.

Christian Pfister.

MéUnges PmuI Fabre. 10

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