‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 119 sur 312 · ET L'OCCUPATION DES TERRES DÉSERTES · texte numérisé non relu

ET L'OCCUPATION DES TERRES DÉSERTES

A l'époque CAROLINGIENNK

S'il est vrai que l'époque carolingienne, au moins jusqu'aux invasions normandes, ait été une ère de prospérité, le progrès de la richesse fut provoqué surtout par le progrès de la culture. D'une part, il est certain que l'organisation meilleure des domaines, une division plus nette des manses, l'établissement de travailleurs libres et l'existence de petites tenures accnifent le rendement. D'autre part, c'est le nombre même de ces domaines qui s'étend. La Gaule mérovingienne était peu habitée. Les agglomérations rurales étaient échelonnées le long des voies romaines, et les villae, propriété d'une église ou d'un grand, étaient ordinairement groupées autour du vicus. Dès le vu* siècle, commence la conquête des forêts ou des landes. Elle est surtout l'œuvre du monachisme. Précédemment, les monastères fondés par les évoques se constituaient dans l'enceinte ou aux environs de la ville épiscopale. Avec les moines irlandais, puis bénédictins, les couvents s'établissent dans le désert :ils trouvent l'indépendance dans la solitude. Au viii® siècle, à l'action des moines s'ajoute celle du pouvoir. Charlemagne fait défricher les forêts du fisc ^ ; il favorise l'immigration des familles étrangères^; il établit les Saxons comme colons ou comme bénéficiers dans ses domaines 3. En 778, il accueille dans la Septimanie les Espagnols

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