Astronome. Vie de Louis le Pieux^ H. F., t. VI, p
3. Voyez p. ex. les diplômes relatifs à Aniane. H. L., t. II, n** 13 (799), à Arles, id., ibid.y n^ 55 (820), à Montolieu, id., ibid,, n^ 37 (815), à la Grasse, id., ibid., n» 14 (v. 800).
4. H. L., t. II, n° 44. Gruas. « Elporcdius cornes... subjecit qualiter pater suus Eribertus olim super ûuvium Rbodanum in comitatu Vivariensi, in loco qui vocatur Grudatus, qui erat ex jure fisci nostri de^ertum inveniens... monachos ibidem congregavit. » Gf. id., ibid.j n° 16, Gellone (Saint-GuiUem du Désert).
LES COLONIES AGRICOLES A l'ÉPOQUE CAROLINGIENNE 149
devient le siège du couvent *. Ailleurs, ce sont des fidèles réfugiés dans une localité déserte qui élèvent un oratoire; des moines surviennent qui transforment Toratoire et fondent une communauté ^. Mais, sous ces formes diverses d^établissement, se retrouve le même fait primitif : une occupation du sol abandonné. Cette première prise de possession en entraînait d'autres. Il était rare qu'une abbaye se renfermât dans ses limites premières. Aussi bien, dans les espaces inoccupés où le monastère s'est établi, les moines peuvent-ils se tailler des domaines. Et à leur demande, la royauté est généreuse. Elle multiplie les concessions, car, en réalité, elle ne donne rien, que des terres sans valeur. Les moines occupent d'abord celles qui entourent le couvent. « Nous vous <' donuQns, dit Pépin, dans un diplôme pour Saint-Hilaire, les « terres désertes qui sont contiguës au monastère. » Et à mesure que grandit la communauté, s'étendent ses prises de possession. Dans la donation faite à Aniane^ en 799, figurent les terres de plusieurs loci et du fiscus Juviniacus ^. En 820, l'abbaye d'Arles, fondée à la fin du viii** siècle, a déjà construit des cellulae sur les terres abandonnées ^. Vers 825, les moines de Sorède ont acquis, par le défrichement, tout un territoire que l'empereur met sous sa mainbour^. A la même époque, les moines de la Grasse ont défriché une partie du littoral ^. De même, la plupart des biens possédés par l'abbaye de Montolieu, sous Charles le Chauve, de Saint- Poly carpe, sous Carloman, proviennent d*une adprisio. L'histoire des autres monastères nous présenterait des faits analogues. Pendant tout le ix® siècle, les terres désertes ou inoccupées du fisc leur furent libéralement données. Encore au x®, nous voyons des monastères de la marca hispanica étendre par ce moyen leurs domaines. Tandis que dans le centre de la Gaule, en Aquitaine, un grand nombre d'abbayes bénédictines ont constitué leur puissance territoriale par des achats,
1. H. L., t. II, n® 118. « Santa Grata. — qualiter praedicium monasterium cam cellula stbt subjecta, et villa... Possedonius episcopus de heremi vastitate ad culturam frugum perduxisset. »