‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 133 sur 312 · A AUGSBOURG · texte numérisé non relu

A AUGSBOURG

Les deux plus anciens diplômes pour le couvent de Sainte- Afra, ou, comme il fut appelé depuis le xu* siècle, de Saint- Llric et Sain te- Afra à Augsboui^, la prétendue charte de Tempereur Henri II du l**^ août 1023 et celle de Conrad II du 3 novembre 1029 ^ sont depuis longtemps reconnues fausses. Déjà dans le tome XXll des Monumenta Boica un éditeur, faisant parade d^une fausse érudition diplomatique, avait en 1814 admis que lai fides historica était violée dans les deux chartes ; mais, croyant que « les règles de la diplomatique » y étaient partout observées, il prétendait les compter si non inter diplomata pure genuina^ saltem inter interpolata. Depuis, Hirsch ^ a rassemblé les preuves essentielles contre l'authenticité de ces deux chartes ; Frensdorff ', Stumpf à deux reprises *, moi-même ^, ainsi que Ficker^, nous avons, en partie à laide d'autres ai^uments encore, émis la même opinion.

Cependant dans ces diverses études, on a à peine effleuré la question de Tépoque et des conditions dans lesquelles ces faux se sont produits, et on n*a pas résolu, d'une manière suffisante

i. Stumpf, Die Kaiser urkunden des X, XI, XII. Jahrhunderts. Innsbnick, 1865-1883, n»» 1808. 1995.

2. Jahrbûcher des Deutschen Beichs unler Ileinrich II, t. II, p. 259 et ss.

3. Augsburger Chroniken, t. I, p. xvii dans Stsdtechroniken, t. ÏV.

4. Die Kaiserurkunden, ubi supra, et Die Wirzburger Immunitât-Urkunden des X, u. XI. Jahrhunderts, t. II, p. 44.

5. Die Kanziei Kaiser Konrads II, p. 160, et Jahrbûcher des Deutschen Reichs unter Konrad II, t. I, p. 280, note 2.

6. Vont Reichs fûrstenstande, t. I, p. 337 et Beiirâge zur Urkundenlehre, 1. 1, p. 312.

CHARTES DU MONASTÂRfi DE SAINtE-APRA

du moins, cette autre question, de savoir si pour établir ces faux documents, ou tout au moins Fun d'eux, on n'a pas eu sous les yeux et utilisé un document authentique. Hirsch, à la vérité, croyait en raison de Texactitude des indications contenues dans la date, qu'on s'était servi d'un diplôme authentique, de donation ou d'immunité, de l'empereur Henri II, pourle faux document établi à son nom, et il a relevé avec sagacité ^ deux passages de la charte en question « dont le fond », suivant ses expressions, « n'a rien qui soit en contradiction avec l'époque », qui par conséquent — il est permis de compléter ainsi sa pensée — peuvent très bien provenir d'une charte authentique de Henri, aujourd'hui perdue.

Nous devons rendre hommage au sens délicat qui a fait retrouver à Hirsch ce qui était possible dans une charte peut-être du temps de notre empereur ; mais nous sommes en état de faire un pas de plus : non seulement les deux formules relevées par lui correspondent à l'époque de Henri et au style de sa chancellerie, mais de plus, ces deux formules et d'autres longs passages qui les avoisinent, rappellent eiTectivement et presque mot à mot deux diplômes authentiques de l'empereur, concernant deux couvents bavarois, comme on peut le voir par la comparaison .suivante :

Stumpf Reg. 1808.

per hoc nostrae maiesialis insigne nostrae nostrorumque post nos successorum imperiali perpeiuae defensioni subiicimus et insuper omni ea liber tate donamuSy qua caetera monasleria imperalia' ubicunque lerrarum nostri imperii perfrui videbunlur^ quatenus ibi monachi mo/icichicae vitae sub régula sancti Benedicti mancipaii liber ius et devotias, quam aggressï sunt vitam, absque inquietudine imperialium

Stumpf Reg. 1335 {= DU. II. 29).

par hoc nostrae maiestatis insigne praefatum monaslerium nostrae nostrorumque post nos successorum regiae et imperiali perpétue ^ defensioni subicimus et insuper optima ea liberlate donamus, qua caetera monasteria regalia ubicumque terrarum nostri regni perfrui videbuntur, quatinus ibi sanctimoniales monasticae vitae sub régula sancti Benedicti mancipatac liberius et devotius illam, quam aggressae sunt vitam, absque

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