‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 137 sur 312 · Les chartes de Henri H et de Conrad H · texte numérisé non relu

Les chartes de Henri H et de Conrad H

connaissons pas d*écriture cursive au xu^ siècle et que nous ne savons pas ce que Téditeur des Mon, Boica ' entendait par le caractère cursif de Técriture, dont il parle.

Le tome XXXI des Mon. Boica nous fait faire un pas de plus. Au diplôme de Conrad II, qui y est réimprimé à la page 308, on a ajouté une note par laquelle nous apprenons que la « charta apographa sœc. xu », dont a été tirée le diplôme édité dans le tome XXII, n'a pas pu être encore retrouvée, mais qu'une copie certifiée de cette charte, expédiée par David Schwarz, bourgeois d'Augsboui^ et notaire impérial, le 13 février 1630, a été conservée.

Cette copie se trouve encore dans les Archives Royales de Munich et nous donne Téclaircissement désiré sur la source des documents imprimés. A la fin de la transcription, il est dit ce qui suit : u Les deux exemplaires des franchises impériales ciu dessus ont été transcrits d'après un livre tout en parchemin, « grand in-quarto fort, relié sur planchettes, contenant les Cornn mentarii du très ancien docteur Origène super cantica cantii< corum^ où selon toute apparence ils ont été écrits avec soin « sur la première et la dernière feuille, parce qu'ils ne font qu'un « avec la reliure du corps dudit ouvrage et n'y ont pas été fixés « après coup, et ont été trouvés sans aucune mauvaise foi, ni u fraude auscultando et collationando mot pour mot absolument (I conformes, ce que j atteste, moi David Schwarz, boui^eois « d'Augsbourg et notaire immatriculé à la très haute et honorée « chambre impériale de justice à Spire. »

Ainsi c'est un manuscrit du Commentaire d'Origène sur le Cantique des Cantiques qui a été la source pour la publication de nos documents imprimés. Or le couvent d*Augsbourg possédait un manuscrit d*Origène, et son savant bibliothécaire, le P. Placidus Braun^, l'a décrit ; il le place, après un examen approfondi des caractères paléographiques qui peuvent servir à en détermi-

1. D'après Stbighelb, Allgemeine Deutsche Biographie^ t. III, p. 273, cet éditeur est le P. Placidus Braun. Le P. Braun ne donne ici aucun renseignement plus détaillé sur le manuscrit et en le décrivant, comme nous le verrons plus bas, il ne mentionne pas les chartes.

2. Notilia hiitorico-literaria de cod. mêcr, monaêt, ad. S. S. Udalricum et Afram^ t. IV, p. 79.

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ner Tépoque, dans les dernières années du xi^ siècle ou dans les premières années du xu® ; mais il ne dit pas un mot des deux chartes qui y étaient contenues. C'est donc une bonne fortune que le manuscrit existe encore. Je ne parlerai pas des fausses directions que j'ai suivies en cherchant k retrouver sa trace; il suffira de dire que, grâce aux obligeantes communications de MM. les professeurs D' Knopfler à Munich et D*" Alfred Schrôder à Dillingen, j'ai enfin appris que ce manuscrit appartenait à la Bibliothèque de Févêché d'Augsbourg ; je remercie l'administration de cet établissement et le conservateur de ses archives, M. Riedmûller, d'avoir bien voulu m'envoyer à Strasbourg où j'ai eu tout le loisir de les examiner, le manuscrit lui-même et les copies des chartes qui en sont maintenant détachées.

Les observations du P. Placidus Braun sur le manuscrit gardent toute leur valeur ; le manuscrit date bien du commencement du xu® siècle. Il contient d'abord le Commentaire d'Origène sur le Cantique des Cantiques, jusqu'au fol. 94. On y trouve ensuite au fol. 95 le Prolog us de saint Jérôme super cantica canticorum^ puis au fol. 110 la lettre de saint Jérôme à Tranquillinus, sur la manière dont on doit lire Origène. Sur le recto de la feuille de garde, aujourd'hui coupée, mais qui à l'origine appartenait indubitablement au manuscrit et dont le verso a été laissé en blanc, on trouve écrit, d'une main du xv^ siècle : super cantica canticorum, et au-dessous on lit la charte de Henri II. Cette charte ne se termine pas sur cette page : la fin et la charte de Conrad II se trouvent sur le verso de la dernière feuille (fol. 111) du manuscrit, sur le recto de laquelle sont les derniers mots de la lettre à Tranquillinus. Plus tard le premier feuillet, recouvert du texte de la charte, a été fixé du côté même où il était écrit sur le côté intérieur de la couverture antérieure du livre dont il n'a été détaché qu'à une époque récente ^ ; la colle employée pour cette opération attira des vers qui ont troué le parchemin en plusieurs endroits ; de plus, sur beaucoup de points^ cette écriture s'est imprimée sur la couverture. On colla aussi la dernière feuille sur le côté intérieur de la couverture postérieure, mais seulement pour une petite partie, de sorte que les

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