‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 152 sur 312 · C. — La collection de SainUHilaire de Poitiers · texte numérisé non relu

C. — La collection de SainUHilaire de Poitiers

Au cours d'un mémoire publié dans la Nouvelle Revue historique de Droit ' (1897), mon savant confrère et ami, M. Joseph Tardif a signalé, le premier, une collection canonique contenue dans un manuscrit de Sir Thomas Phillipps, provenant des Jésuites du Collège de Clermont, qui est maintenant conservé à la Bibliothèque royale de Berlin sous le n® 92. Cet ouvrage qui, diaprés les renseignements donnés par M. Tardif, est incomplet dans le manuscrit des Jésuites, y comprend seize livres correspondant aux livres I-XVIII de Burchard ; Tauteur suit le Décret d'assez près, en l'abrégeant et en y insérant des textes étrangers, notamment de nombreux passages de la collection 6n 74 titres. M. Tardif a remarqué que lauteur de cette collection, en reproduisant (II, 20) une formule d'affranchissement qui figure dans Tœuvre de Burchard (II, 30), y a substitué à Téglise Saint-Pierre de Worms Téglise Saint-Hilaire de Poitiers. lien conclut, ajuste titre, que la collection du manuscrit des Jésuites provient de l'église Saint-IIilaire de Poitiers.

M. Joseph Tardif nous fait espérer, sur ce recueil de Poitiers, une notice qui, sans aucun doute, nous permettra de le connaître exactement. Aussi je m abstiendrais d'en parler davantage, si je ne devais ajouter qu'il m'est arrivé de rencontrer récemment la même collection, cette fois complète, dans un manuscrit de la Bibliothèque publique de Reims, où il porte la cote G. 528. Ce manuscrit date du xii® siècle ; il a été donné au chapitre de Reims par l'archevêque Guy de Roye (1390-1409), grand collectionneur de manuscrits canoniques et autres, qu'il réunit avec amour au cours d une carrière qui le conduisit un peu partout à travers la

25 à 32, fin de 33 (depuis Jam vero de c«e^ero), 34 à 38, 39 (dernière phrase, depuis Integrum), 40 à 55, etc. En résumé, ce livre est un extrait très considérable du livre I"' de Burchard. Peu de textes sont omis ; mais beaucoup sont mutilés.

i. M. Tardif m'a communiqué avec une grande obligeance le dépouillement complet qu'il a fait de cette collection. Qu'il veuille bien agréer Texpression de ma très vive gratitude. — On peut consulter sur ce manuscrit la notice qui lui a été consacrée par M. Valentin Rose dans son Catalogne des^ manuscrits de Phillips conservés à Berlin, publié dans les Catalogues de la Bibliothèque Royale de Berlin.

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France el l'Italie. Le manuscrit de Guv de Roye ne parait pas être d'origine rémoise ' : rien d'ailleurs ne décèle sa patrie.

Les XV premiers livres du manu-^rit de Reims * sont en irénéral conformes à ceux du manuscrit de Poitiers, sauf que les textes canoniques y semblent plus abondants. A la suite du livre XV est insérée f*.»!. 63. V . sl»us ce litre, CapiiuU ex ssnctorum patrani If^cr^tis. une série de cent fragments privés de tout si»nimaire et de tMute insrriuio ^, qui d'ailleurs paraît fis^urer aussi dans le manuscrit de Poitiers : cette série est faite à peu près exclusivement d extraits du recueil de Benoit le Diacre, précédés de quelques extraits du recueil d'Anseg-ise. Puis vient le XVP li\Te. assez dîrTerent de celui du manuscrit de Poitiers. Enfin s'ouvre, au fol. Tt* v*. le XVll' livre, qui manque dans le manuscrit de P«>i tiers. Il e<t intitulé Lib^r qui dicitur Corr'*f.tor ar mfJi'^us. et par le fond de sa composition répond au XIX' livre de Bun^hard d^nt iî f-or*e le titre. A la lîn de la collée ti^n se trv»uvent les can««ns de Ni»."ée *. d'Anti«>che. de Chalcédoine. de Cunstantinople et d Ephe-^? et quelques autres textes qui, dans le manuscrit de Poitiers. s»»nt p'acésen tète du recueil *".

On rencontre au cours du livre 11 ch. 20 la formule d'aflran-

I. On nVùt pas j ReL^a* écrit T; ■:*.•.•■: ;-:;>. qui se relrauTe quelquefois : fjr '.■•:i'-:.ro Bi'^i'fisi pour /»-'-«-":i:.

i. Le îT.JC'jscHt. à 1j vi-tTtrenoe vie ce'ul ie P:;!:ers. s'ouvre par la table et les textes du I*" Uxt.» : les pn'ni ers feu; Jets ne o^ntiennenl aucun élêment etrar.irer.

3. Le pre^iiier ie ces frj^nients s'ouvre et s'jch^ve ainsi : ■• Quantum sit eitrjîieus a cLiristiar.e tlie: reculi :îut se dtt'ens^Tom Terîtatis insimulat el T€r.:attin irsjm mur.enina jK*ce:t. rr.e c- rr.macvîijt... effujiel. "Suivent: Anse^Lse. l. >T. '>.*. l»ri et « »v: Br.c.. It le L'--»ore, 1, T, 37. itô f^ phrase , J2*, f?T 1-* ph-ise . li» jusju'à jr-:-".'i-f . 137 jusqu'à 5ai*yacei/ , !49, 155,

15^. ti:». er.'K 371. 3:el iv>. y*:, j.^. etc.

♦. Texte jr* cxvi-ir.t de • /î' <; s" i. toutef îs avec des variantes, .\insi le cjn.n 1 se rt "uit » cec. : S. ;.::s ::: t:^r.:-.::r-e ^el j niedicis seotus vel a barrans ajt a d ;r::r..s sv-> c.»>:rrv.^. r Jv-:.; ut isîe permaneal in clero. Si •: u s jjtt m sa: :> ><" : >::n jI <,-. : *.. et.j"i s: est ir clero ces-^jre débet, el ex L:c H-:'- :nî i-:r*- î ?^:.:.*r\. — A la :::: le :h. f*' est il^cé a\ant le ch. 19.

5. Texte '.-1 . // *' i-aaie-' i^s vj urtes. Le ^-,»r.-:n 1 i"Ant:oche s'arrête aux m : ts •'iit^ i - i -• "^ Le Cv* i* o •: "* r: ■ : . : lo. etc. Le te x î c t st en y lusieurs cas abré.:é. L-*s zi-.r.i'es ^rscr^jt.cs S':r-,'.e-:t à î\ur>* :« :r les autres conciles. Le c. 23 de C'r »l:e-: :':e est riAje ît- .îerr..^'r. ,»v!>:S le c. 2'.

•^. L':s i-'-r-.ers ie ces textes sTt ie rr^rfs r^:>uziés des Y», VI* et VU' c-znj-.cs ^-x-craux. Là sarrvîe le ziar.us^T.t ie Re.ins.

COLLECTIONS ISSUES DU DÉCRET DE BURCHARD â07

chissement, avec la mention de Saini-Hilaire, qui a déterminé M. Joseph Tardif à rattacher cette collection à Saint-Hilaire de Poitiers '. Il n*est pas étonnant d ailleurs qu^on ait recueilli des textes canoniques à l'usage de cette église au moment où fut rédigée notre collection, c'est-à-dire dans îes vingt dernières années du xi^ siècle. A cette époque, en effet, Téglise de Saint- Hilaire dut soutenir, notamment contre le chapitre cathédral, des luttes qui lui rendirent nécessaire d'avoir à sa disposition un arsenal complet de textes canoniques -.

D. — La collection de Bordeaux,

Dans larticle précité de la Nouvelle Revue historique de Droite M. Joseph Tardif fait connaître par le menu, d'après le manuscrit 11 de la Bibliothèque de Bordeaux, une collection canonique en sept livres qu'il date, comme la précédente, d'une époque voisine de la mort de Grégoire VII. Il me suffira de rappeler ici, après M. Tardif, que les deux sources principales de ce recueil sont le Décret de Burchard et la collection en 74 titres. Remarquez d'ailleurs, ainsi que le fait observer M. Tardif, que les textes très nombreux empruntés à Burchard sont aux textes tirés de la collection en 74 titres dans la proportion de quatre à un. Il estime d'ailleurs, avec raison, que le recueil de Bordeaux date d'une époque voisine de la mort de Grégoire VII (1085). Il semble porté à lui donner une origine poitevine à cause de l'analogie fréquente de composition qu'il découvre entre la collection de Bordeaux et la collection de Poitiers mentionnée ci-dessus et aussi parce qu'il y rencontre les canons du concile tenu à Poitiers en 1078 3.

1. En revanche, on trouve un peu plus loin au même livre la formata libellée au nom de Burchard, évêque de Worms, que le compilateur n'a pas pris le souci de modifier.

2. Voyez la trace de ces luttes dans diverses lettres de Grégoire VII, Jaffé-Wattenbach, no» 4831, 4862, 4863.

3. Ce dernier argument serait moins démonstratif, car les canons de Poitiers ont été souvent reproduits : on en signalera la présence dans la collection de Turin mentionnée ci-dessous, qui ne semble nullement poitevine.

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E. — La collection de Turin,

Dans son ouvrage sur les ordalies ', mon distingué collègue M. Frédéric Patetta a signalé la collection canonique en sept livres contenue dans un manuscrit de TUniversité de Turin, du xu® siècle, portant actuellement la cote D, IV, 33 2. Cette collection mériterait une étude attentive, à laquelle il est à désirer que M. Patetta puisse un jour se livrer. De lexamen assez rapide quej*en ai fait, certaines conclusions se dégagent, qui, on le verra, me donnent le droit de classer la collection de Turin parmi les collections qui procèdent de Burchard.

Ce n est pas le P*" livre de cette collection qui a recueilli des fragments du Décret. Il est assez court : il s'ouvre par le sermon synodal attribué à saint Léon le Grand, tant de fois cité dans les collections de cette époque ^. Vient ensuite une formule d'épistola formata ; le nom de Téglise auquel elle était destinée n'a pas été rempli. Puis, sous le titre habituel : Diversorum patruni sente ntie de prima tu Romane ecclesie, on lit 43 chapitres qui ne sont autres que les fragments 1 à 43 de la collection en 74 titres * : ils ont pour objet la primauté du Siège Apostolique, et aussi les privilèges des Eglises et la liberté des monastères.

Le second livre traite des accusations. Il est à peu près conforme à la collection en 74 titres du n" 43 au n** 108 de cette collection. Viennent ensuite quelques fragments qui, pour la plupart en proviennent, ainsi les n*** 56, 255 et256. Alors commence une série de textes empruntés au X VP livre du Décret de Burchard qui est consacré aux accusations. On y trouve les ch. 7, 8, 9, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 24, 33, 34, 35, 36 de ce livre. Le second livre

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