‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 161 sur 312 · Barret, ouvrage cité ^ p · texte numérisé non relu

Barret, ouvrage cité ^ p

n*était question que de témoins, ait été remplacée par une seconde mentionnant le privilège forgé.

La rédaction de la seconde notice est antérieure à Tannée 1092 où Téglise de Saint- Léonard fut soumise à Marmoutier et où des moines y remplacèrent les chanoines *, cardans la notice, les chanoines apparaissent comme occupant encore Téglise de Saint- Léonard. Ajoutez qu'en 1092, un second procès eut lieu, cette fois entre les moines de Marmoutier et Tévêque de Séez, Girard, à propos de Texemption de Saint-Léonard 2, procès dans lequel Robert, seigneur de Belléme, prouva les droits de l'église « per privilégia et*precepta ». Une phrase de la notice du procès, émanée des moines de Marmoutier, prouve que le rédacteur arait sous les yeux la charte fausse : « ecclesiam sancti Leonardi, in Belismo sitam, ita ab omni episcopali vel clericali sive laicali consuetudine liberam et solutam, ut nullus christianus in ea aliquam consuetudincm requirere possit ». Ce sont là des expressions empruntées à la charte de Guillaume.

Celle-ci n'a pu être fabriquée beaucoup avant 1092. N'avonsnous pas constaté que les expressions « si episcopus Sagiensis gratiam et communionem apostolica^ sedis non liaberet et si ha'c gratis et sine pravitate exhibere nollet », empruntées à une lettre apostolique, supposaient un modèle contenant la formule « si tamen communionem et gratiam apo.stolicae sedis habuerit et si ea gratis ac sine pravitate exhibere voluerit », dont nous avons rencontré le premier exemple dans un privilège d'Urbain II du 1" juillet .1089.

En résumé, s'il a existé une charte de Guillaume de Bellême constatant la fondation de l'église de Saint-Léonard, elle n'était en rien semblable à celle qui nous a été transmise ; elle ne contenait aucune clause d'exemption à Tégard de l'ordinaire, sans quoi les chanoines l'auraient alléguée lors de leur dilférend avec Tévêque de Séez entre 1070 et 1078. La charte que nous avons étudiée a été forgée de toutes pièces aux environs de 1089 et

1. Voyez les chartes n" 13 et i4 du Cartulaire de Marmoutier pour le Perche, publié par labbé Barret. Ces chartes demanderaient aussi h être «xaminées.

2. Barret, Cartulaire de Marmoutier pour le Perche, p. 27, n« lo.

certainement avant 1092. Le sceau du roi Philippe !•', qu'on y voit encore, y a été plaqué par les chanoines de Bellême.

Maurice Prou.

Page 1