UN POÈME INCONNU DE GAUTIER DE CHATILLON
tous les savants qui se sont occupés de lui K II n'est donc pas très étonnant qu on ait oublié bien vite que Gautier de Châtillon n*avait pas borné son ambition à rivaliser avec Vii^ile dans la composition d'un poème épique, mais s'était efforcé aussi de se rapprocher de lui en écrivant des Géorgiques, Pour être sûrs que le copiste s'est trompé, il faudrait donc d*abord étudier la ques* tion de tous les côtés. C'est ce que M. Hauréau, contre son habi* tude, n*a pas fait, et ce .que nous allons tâcher de faire.
Bien avant que M. Hauréau publiât le tome quatrième des Notices et Extraits de quelques mss, latins de la Bibliothèque nationale deParis^ j'avais étudié avec beaucoup d'intérêt le n® 15, 155 du fonds latin ^, qui contient un florilège très riche de poèmes de l'antiquité et du moyen âge, compilé, si je ne me trompe, par un clerc Orléanais dans la première moitié du xiii^ siècle ^. Ce recueil, qui a été composé, sans doute, à Taide d^ime anthologie préexistante et probablement très ancienne ^, est tombé, aujour*
r École des Chartes^ 1896, n. 397. (On y trouvera reproduit le feuillet 67 a du ms. Nouv, acq, lat, ;)94, écrit en 1293 par un clerc nommé Jean de Luzé). i. Leur nombre est assez restreint. Après le mémoire de Legrand d'Aussy déjà cité, Daunou publia une bonne notice de Gautier dans VHist, litlér. de la France^ t. XV, p. 100 suiv., en utilisant les données biographiques d'une glose de VAlexandréide^ qui se trouve dans le manuscrit lat. 4550. De nos jours, après M. W. A. F. Mûldener, De vila Phil, Gualteri de Insulis, dicti de Caslellioney Gôttingen, 1854, ont traité du poète : M. LéoN Bellangbr, De Guallero ah Insulisdicto de Castellione, Angers 1877, et R. Peipbr, Walther von Châtillon , Brcslau, 1869. Il faut encore citer une dissertation de M. J. Ivancic, Wie hai Walther ton Castillione Vergil nachgeahmt ?, Mitterburg, 1878 ; et une petite note publiée dans la Romania^ XVIII, 1889, 283 suiv., par Tauteur de ce travail.