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LA FIN DE LA SEIGNEURIE DE TU8CULUM

bouclé au sommet avec une haste se prolongeant au-dessous de la ligne. Suivant nous il faut lire inde et non quondam. Mais à supposer que cette lecture ne soit pas admise, rien ne peut prévaloir contre la mention formelle du schisme qui exclut toute date postérieure à 1177.

L'année 1185 une fois écartée, à quelle époque faut-il placer cette convention? A notre avis, elle a été rédigée au mois de juillet 1170, quelques semaines avant Tacte du 8 août dont Boson nous a conservé le texte, et elle éclaire d'un nouveau jour la politique des papes du xii*. siècle dans les États de l'Église.

On connaît le rôle des ancêtres de Raino de Tusculum dans les préliminaires de la querelle des investitures ^ Lorsqu'Othon III eut fortifié par son installation à Rome la souveraineté impériale, les descendants de la seconde fille de Théophylacte, qui avaient recueilli Théritage de la puissance fondée par Albéric, se divisèrent en deux factions. Les uns, représentés par les Crescentii, soutinrent le parti de l'indépendance, les autres, héritiers de Grégoire de Tusculum, « sénateur et préfet naval » sous Othon III, les combattirent au nom des droits de l'Empire et réussirent ainsi à accaparer le pontificat romain pendant plus de trente ans. Benoit VIII, le fils de Grégoire, fut remplacé par son frère Jean XIX, leur neveu Benoit IX leur succéda avant même d^être arrivé à Tâge d'homme et les scandales qui suivirent son élévation provoquèrent l'intervention de l'empereur Henri III. Malgré la déposition de Benoit IX au concile de Sutri, les seigneurs de Tusculum ne désarmèrent pas ; ils ne cessèrent de' combattre Léon IX et, à la mort d'Etienne IX, ils essayèrent encore de créer un pape sous le nom de Benoit X. Ce fut à la suite de cette tentative que fut promulguée la décrétale de Nicolas II sur l'élection pontificale.

Il serait trop long d'étudier ici l'attitude des seigneurs de Tusculum dans la grande lutte qui suivit bientôt cette démarche décisive du parti réformateur. Nous voudrions seulement attirer l'attention sur un point qui ne nous parait pas avoir été suffisamment mis en lumière. Un des premiers actes de Grégoire VII

i. Il faut consulter sur cette période Duchesnb, Le$ premiers tempu de VÉtai pontifical. Paris, 1898.

avait été de publier une bulle où figuraient, parmi les biens dont la propriété était conGrmée à la basilique de Saint-PauP, c< la moitié du château que Ton appelle la Colonna, avec toutes ses dépendances, et Monteporzio ». Or, trois ans après, en 1077, Pierre, frère cadet de Grégoire de Tusculum, donne au^ monastère du Cassin une église située à Monteporzio^; en 1102, il apparaît sous le nom de Pierre « de la Colonna » comme seigneur de Zagarolo et de la Colonna ^; enfin en 1117, tandis que son neveu Ptolémée de Tusculum se fait confirmer par Henri V tous les biens « que son père Grégoire et ses autres parents avaient eus ou possédés ))^, ce même Pierre défend Rome contre les Impériaux aux côtés de Pierleone^. Dans quelles circonstances se produisit ce démembrement de la seigneurie de Tusculum, dont Pascal II recueillait ainsi les premiers fruits? Grégoire VII n'avait-il consenti à abandonner les revendications de la basilique de Saint-Paul qu'en faveur de Pierre « de la Colonna ^ » ? Grégoire de Tusculum avait- il jugé nécessaire de confier à son frère cadet des biens qui avaient besoin d'être défendus? De quelque façon qu'on veuille préciser Torigine des Colonna, ce qu'il y a de certain, c'est que la division de la maison de Tusculum en deux branches devait durer et qu'elle allait continuer à servir les intérêts du Saint-Siège.

Bientôt, en effet, une nouvelle puissance entra en scène dans les Etats de l'Eglise. Au lieu de rester Texécuteur docile des volontés pontificales, le » Commun » de Rome prétendit exercer tous les droits d'une seigneurie collective et s'assurer des ressources par rétablissement d une banlieue étendue^ dont Tivoli et Tusculum devaient faire partie. Ces ambitions, dont les papes

i. Cette bulle publiée par Margarini, Bullarium Casinense^ p. 107, doit être datée du 14 mars 1074. Elle ne porte pas de date d*indtctioii ; mais la date du jour corres[)ond au grand synode tenu en 1074 par Grégoire VII et c'est alors qu'elle a du être promulguée.

2. Gattila. Ilistnria monaslerii Cassinensis. Venise, 1743, p. 236.

3. Pandolphi's, Vita Paschaiis II, dans Duciiesnr, Liber Pontifialis^ t. II, p. 298.

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