‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 219 sur 312 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Balme, Cartulaire de saint Dominique, t. I®', p. 480 et suiv. Dans cet ourrage, le P. Balme a réuni tous les documeots diplomatiques inédits ou

même temps, Foulques, évêque de Toulouse, fit don à Tordre naissant de plusieurs églises avec leurs revenus et assigna à saint Dominique lui-même la paroisse de Fanjeaux. La faveur des croisés allait donc <t enrichir » Tordre et lui enlever son idéal de pauvreté.

Le saint vit le danger, et par un acte d'énergie le conjura. Ce fut alors que,' selon la déposition ^e Tabbé de Saint-Paul, « il refusa les donations qui lui avaient été faites et renonça à tous les biens qui avaient enrichi Tordre ^ » « De peur d'être distraits de leur mission par des soins matériels, dit Jourdain de Saxe ', les Prêcheurs décidèrent de ne garder aucune propriété et de n'accepter désormais que des revenus. »

Ce récit de Jourdain semble placer cette grave décision après le concile du Latran et le premier voyage de saint Dominique à Rome. Il la mentionne en effet après avoir parlé de l'adoption de la règle de saint Augustin ; or cette règle ne fut imposée à Tordre naissant que lorsque Innocent III, pour mettre à exécution une décision du concile du Latran, eut ordonné à saint Dominique, pendant son premier séjour à Rome, de placer ses frères sous une règle déjà approuvée. Mais un document diplomatique de la plus haute importance nous prouve qu'avant son départ pour Rome, vers le mois de juillet 1215, saint Dominique pratiquait, dans toute sa rigueur, la stricte pauvreté.

A cette date, avant de partir, lui aussi, pour le concile. Foulques institua les Prêcheurs missionnaires dans son diocèse de Toulouse, et pour subvenir à leurs nécessités, leur assigna non des propriétés déterminées, mais des rentes, « le sixième des dîmes que prélevaient les paroisses pour les ornements et les édifices sacrés ^ ». Les raisons par lesquelles il justifia cette attribution nous prouvent qu'à ce moment les Prêcheurs étaient fidèles, ou du moins étaient revenus à Tidéal de pau-

déjà édités qui concernent saint Dominique. Ce savant religieux se proposait de faire des publications semblables pour saint Raymond de Pennafort et d'autres illustres dominicains, lorsque la mort l'a enlevé à TÉglise et à la science, après une vie des mieux remplies.

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