‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 224 sur 312 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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ments et la situation de la communauté chrétienne, c'est*à~dire de TEglise catholique, dans l'espoir qu'on voudra bien ^ire indulgent pour un travail simple, cotirt et nullement achevé. L'auteur laisse de côté, nous Tavons déjàvu plus haut, rexplication philologique de la signification particulière qui appartient dans la langue allemande aux noms des rois francs, Childërich^ Theodorich etc., pour ne pas s'exposer aux railleries des Français ^. Le contenu de la Noiicia entière peut être considéré comme un court aperçu sur la situation générale du monde. L*auteur donne des conseils sur la manière dont le nouveau pape devra diriger les trois différentes nations de la chrétienté, chacune suivant son tempérament, d'après des principes différents et d'une manière utile. Le choix comme pape d'un religieux ne lui paraît pas désipble. Les membres du clergé séculier conviennent mieux pour cette haute dignité.

D'après tout ce qui précède, la vraie signiflcation de la Noticia sœculi saute aux yeuxw Elle a été écrite par un prêtre allemand, au commencement de l'année 1288, pour un Romain de haute naissance. Les expressions employées pour s'adresser à lui, telles que Vestra dominatio et spectâbilis Romani nominis nobilitas^ font d'abord penser à un laïque Romain haut placé.

Pour le monde de la noblesse romaine le conclave, dans les trois premiers mois de l'année 1288, excitait aussi le plus vif intérêt. Est-ce peut-être à Pandolphe Savelli, le frère du défunt pape Honorius IV, ou à Pierre Colonna, ou à un autre membre de la noblesse romaine que Ton s'adresse ? c'^st oe que l'on ne saurait décider avec certitude.

1. Fr.vnz Wilhblm, dans sa nouvelle édition et son examen critique de la Noticia sœculi^ s'est rendu singulièrement difficile d'en reconnaître la vraie destination en admettant dans son texte, au début du tfaité, la leçon : Son dedifjnelw igitur spectâbilis Romani impbrii nobilitas au lieu de Ronuini KOMIS ]snobilHas. Il pense par suite que le traité est adressé aux princes de l'Empire, Mittheilungcn XIX, pp. 638, 644-646. La leçon iîoma/ii imperii se trouve à la vérité dans le manuscrit de Paris et dans celui de Darmsladt. Mais les deux manuscrits de Vienne Ont à la place nominis et le manuscrit de Munich porte simplement spec/a6i7« Romani nobilitas et permet par conséquent aussi de reconnaître que l'ouvrage est adressé à un Romain haut placé. Quant aux princes allemands^ ils doivent être absolument écartés, attendu que l'auteur a en vue comme lecteurs les leciores delicati et par Conséquent pas en tout cas des princes séculiers de mœurs guerrières, et aussi, au conclave, les Français. Cf. ci-dessous.

Mais Tauteur, dans ses développements, pensait aussi aux membres du collège des cardinaux et au conclave qui^avait précisément lieu ^ et il nomme en particulier les Français ^ Cest pendant le conclave qu*il compose ses développements, qu'il confie au parchemin ses appréciations de politique ecclésiastique sur la situation générale pour exercer par là une certaine iniluence sur la grande décision à intervenir, sur l'élection imminente du pape. En d'autres termes la Noticia sœculi peut en un certain sens être considérée comme V appel au conclave (Tan prêtre alle^ mand.

Je crois devoir déclarer par avance qu à mon avis le livre de Jourdain d'Osnabruck présente un caractère semblable ; il faut aussi, dans im certain sens et en partie, le comprendre comme un appel au conclave. Seulement ce n'est pas Jourdain lui-même, mais Tauteur de la Noticia sœculi, que nous devons en conséquence supposer séjournant à la curie depuis déjà quelques années avant 1288, qui a transmis le traité de Jourdain à un cardinal.

A la vérité, ainsi que je crois pouvoir l'admettre, Jourdain a voulu, en même temps, agir aussi par son traité sur la haute société allemande, sur le roi Rodolphe et les princes électeurs. Il met en garde contre les projets qui tendaient à établir rhérédité de la couronne impériale. Il parle à la conscience même des princes allemands, ecclésiastiques et séculiers, et les avertit de cesser les usurpations par lesquelles ils s*arrogent les droits et possessions de l'Empire ^.

Mais il ne faut pas anticiper. Cherchons d'abord à fixer exactement la date de la composition du traité de Joiirdain d'Osnabruck.

Dans Tépître dédicatoire, laquelle à la vérité ne précède l'ouvrage que dans quelques manuscrits, qui sont toutefois bons, et dont Waitz fait avec raison précéder le texte, la mort du pape Nicolas III (22 août 1280) est mentionnée comme un événement s'étant produit récemment : Nuper itaque vacante sede per

1. Au eommencement de 1288, deux Français siégeaient dans le Sacré Collège : Bernard de Languîsel, cardinal-évêque de Porto, et Jean Cholet, cardinal-prêtre du titre de Ste-Cécile.

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