Abhandlungen v.. Gcsltingenf XIV, pp. 71 et sq
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- Il nous est sans aucun doute permis de reconnaître dans ces paroles inquiètes Técho des combinaisons dont il avait été question du. temps de Nicolas II L
Ce qui déplaît avant tout à FAllemand, c'est le rétablissement d'un royaume lombard indépendant. C'est à bon droit {juste) que Charlemagne jadis dépouilla les Lombards de la dignité royale et confisqua leur pays pour Tattribuer à l'Empire romain. La tentative des Lombaï*ds, à la fin du ix^ siècle et au commencement du x^, d'aller jusqu'à attribuer à des souverains propres, qui ne peuvent passer pour rois en droit, niais seulement en fait, le titre d'empereur, apparaît à Jourdain comme im crime L
De plus, il est contré les règles de l'Empire et c'est une per^ versitas' de vouloir faire reconnaître l'bérédité dans l'Empire. Saint Charlemagne, avec l'assentiment du pape et eu son nom, â, d'après une disposition divine, introduit cette règle qu'il serait à jamaia (m perpetuum) pourvu à l'Empire romain par le choix canonique des princes électeurs allemands, désignés par Charlemagne lui-même. Mais Charlemagne n'a d'abord désigné comme princes électeurs que quatre princes allemands, les trois archevêques rhénans et le comte palatin du Rhin. Nom enih CONVENIT, ainsi continue Jourdain, Sanctuarium Dei^ id est regnum ecclesie, iure hereditario possideri ^.
L'hérédité, en ce qui concerne l'Empire^ ne peut pas être plus énergiquement condamnée. Si Jourdain se monte à ce ton, c'est qu'il avait connu, dès le temps de Nicolas III, des tendances contraires qui lui paraissaient dangereuses.
Jourdain a aussi connaissance d'opinions et de courants d'idées qui avaient surgi de son temps chez des prêtres et des laïques, chez de simples fidèles et des prélats, et qui contestaient aux Allemands la prérogative impériale. Dans ce monde, qui était défavorable aux Allemands, on posait, nous dit-il, la question de savoir pourquoi le pape avait jadis, dans la personne de Charlemagne, transmis l'Empire aux Allemands, à ce peuple si grossier et si peu civilisé? L'Empire aurait plutôt du
i\ Abhandlunfferiy pp. 73 et sq.
2. Abhandlunffertj pp.r 69 et 73. Comp. ci-dessus p^, 332 sq..
JOURDAIN d'obnabruck 347
demeurer chez les Romains; ou, si on Toulait le transmettre, où aurait dû plutôt le transmettre aux Français, d'autant plus que Charlemagne avait été roi des Francs, n'est-ce pas? et que les Français étaient des gens qu à tous les points de vue on devait à bon droit préférer à tous les autres hommes.
Cest aux insinuations et aux tendances de ceux qui dans la curie ont représenté et représentent publiquement de semblables idées que Jourdain veut répondre. Il poursuit donc en fait un but de politique pratique avec son ouvrage de polémique ecclésiastique. L ordre établi du sacrum imperium remonte à la disposition du Saint-Esprit et au jugement prévoyant de saints princes. Le changer est témérité et crime. Pour le soutenir, Jourdain, remontant dans l'antiquité germano-franque, touche à rhistoire légendaire des saints Eucher, Valerius et Matemus ^
En conséquence le mieux est d*élire pour pape un Romain, pour empereur un Allemand. Quant aux Français et aux Lombards^ Henri V^ de Saxe (ou Othon V^) leur a pour toujours imposé silence, en ce qui touche leurs prétentions à TEmpire, d'une façon magnanime et vraiment impériale ^. Les Français trouvent ime compensation et une distinction dans la situation indépendante de leur royaume déjà mentionnée, et dans la possession de la souveraineté de la science sur le monde. Par suite aussi chaque pape — sanctissimus pater Romanus pontifex, qui pro tempore fuerit *— doit agir pour que l'Université de Paris continue à prospérer et il importe peu que parmi les clercs étudiants de Paris, qui affluent de tous les pays, parmi lesquels il s'en trouve de jeunes delicatiores^ il se produise çà et là quelques désordres, une indiscreta dissolu tio.
Ici nous trouvons une allusion aux désordres qui se produisirent parmi les étudiants, à Paris, dans les années 1276 et suivantes ^.
Tout prouve donc que notre traité a été écrit après la mort de
i. Abhandlungen^ pp. 53 et sq. et 86 et sq.