Gœitinger Abhandlungen, XIV, p
3, Que Ton compare par exemple le rescrit du cardinal Simon, du titre de Sainte-Cécile, plus tard pape sous le nom de Martin IV, dans Denifle et Châtelain Chartularium Unhersitalis Paris. I n^ 470, pp. 540 et sq«, du 6 décembre 1270.
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Nicolas III (22 août 1280), mais avant le choix de son successeur, le pape Martin IV (11 février 1281) et quil a été écrit en Italie, près du siège du conclave, tenant ses séances à Viterbe.
Georges Waitz, malgré tout le mérite de son édition et des observations qui la précèdent, a rendu singulièrement difficile la juste appréciation de notre traité en donnant à 1 epître dédicatoire qui le précède la suscription : Memoriale reverendi pairis domini Jakobi de Columpna Sancte Marie in Via lata diaconi cardinalis de prerogativa imperii Romani.
En conséquence, Waitz déclare que la seconde partie de Tépître, la plus longue, est l'œuvre du cardinal Jacques Colonna ; quant à la première partie, la plus courte, il voudrait Fattribuer à Jourdain lui-même. Mais ce serait le cardinal Jacques Colonna, d'après Waitz, qui aurait remis au pape Martin IV, le successeur immédiat de Nicolas III, le traité de Jourdain en même temps que son épitre dédicatoire.
Toutes ces hypothèses ne sont pas conformes à la réalité. La distinction en deux parties de Tépître dédicatoire, qui s annonce elle-même comme prohemium, est inadmissible. Elle est d'un seul jet. Comme Waitz Ta déjà remarqué, les mêmes formes de modestie et d'humilité profondes, avec lesquelles Tauteur se représente comme penitus incxpertuSy se rencontrent dans les deux parties. Dans les deux parties aussi la personne à laquelle on s'adresse est évidemment la même. On Tappelle dans les deux vestra dominatio et sancte pater ; dans la première révérende pater se rencontre aussi. Ce ne peut pas être le pape ; cela résulte de ce que dans la première partie il en est parlé comme de sinceritas vestra. Vis-à-vis du pape cette qualification serait absolument irrespectueuse. Au contraire, appliquée à un cardinal, elle est usuelle et correcte.
Le cardinal Jacques Colonna ne peut pas avoir écrit la seconde partie de Tépître dédicatoire; c'est ce dont on se rend compte en y réfléchissant un peu. Celui qui dédie l'ouvrage raconte un événement qui lui est arrivé à lui-même pendant la vacance du siège après la mort de Nicolas III (par conséquent après le 22 août 1280), à Viterbe, au siège du conclave. Pendant •qu'il - — dum ego indignus peccator — célébrait la sainte messe à Viterbe, il fut surpris de cer que dans le missel à lui prêté par
la chapelle papale il manquât Toraison d*usage dans le canon pour Tempereur.
Cela, le cardinal Jacques Colonna ne peut pas Tavoir écrit, parce que, sans aucun doute^ il n'a pas dit une seule messe dans toute sa vie.
Le cardinal Colonna n'a jamais été, aussi longtemps qu*il a été cardinal, à peu près quarante ans, autre chose que cardinaldiacre de S. Maria in Via lata, la diaconie connue, proche des palais Colonna modernes, sur le Corso d^aujourd'hui, à Rome K Il en résulte déjà, d'après moi, que jamais de sa vie il n*a reçu la prêtrise. De nos jours encore il y a eu des cardinauxdiacres, siégeant dans le Sacré-Collège, qui n'ont jamais été prêtres et par conséquent n'ont pu célébrer la sainte messe^ par exemple le cardinal Mertel et celui qui fut cardinal secrétaire de Pie IX, le cardinal Antonelli.
Au moyen âge cela se présentait beaucoup plus fréquemment. Augustinus Triumphus dit encore au xiv* siècle, dans sa grande Summa de potestale ecclesiastica, que les cardinaux-diacres, en ce qui touche VOrdo sacramentel, prennent rang après les prêtres ordinaires.
De toute une série de cardinaux-diacres du xui* siècle finissant, issus des grandes familles romaines ou italiennes, on peut formellement établir que comme tels ils n'ont pas reçu la prêtrise. Il doit en aller de même pour Jacques Colonna. S'il eût été prêtre, déjà nommé cardinal par Nicolas III en Tannée 1278, il eût certainement été, pendant son long cardinalat, promu par un des papes qui ont précédé ou suivi Boniface VIII à VOrdo supérieur des cardinaux-prêtres. On peut citer, comme une habitude régulière, ces promotions en faveur des cardinaux réellement devenus prêtres. Colonna, grand personnage, resta quarante ans cardinal-diacre, parce qu'il ne reçut jamais la prêtrise 2.
1. En laissant de côté le petit nombre d^années pendant lesquelles Boniface VIII Tarait déclaré déchu de toutes ses dignités.
2. Voyez P. M. Baumgarten, Die Translationen der Cardinxle von Inno^ cenz III bis Martin Vdans Hislorisches lahrbuck XXII, 1901 p. 93. Parmi les célèbres cardinaux-diacres du xv« siècle, le savant canoniste François Zabarella, cardinal-diacre des ss. Cosmas et Damien, n'était pas encore prêtre, lorsqu'il fut promu le 18 juillet 1410 à révèché de Florence par le
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Ainsi il n'a pas pu célébrer à Viterbe le saint sacrifice de la messe, ni conséquemment avoir écrit notre épitre dédioatoire.
r Mais qui Ta donc écrite ? Dans la première partie de Tépitre dédicatoire Tauteur dit qu'il s'est nommé, sans recherche de gloire, dans la rubrica^ par conséquent dans la suscription.
En réalité, dans le manuscrit de Vienne, Lat. n^595 (autrefois Hist. profan., n° 900), lequel compte parmi les plus anciens, remonte certainement au xiv* siècle et doit même avoir été écrit avant Tannée 1334,. la suscription est plus complète que dans le texte de Waitz :
• Memoriûle reverendi patris domini lacobi de Columpna Sancte Marie in Via lata diaconi CardinaliSy quod sibi^ ad honore m nominissui^ Alexander de RoeSy canonicus Sancte Marie in capiiulo Coloniensi, omnium clericorum suorum minimus et humillimus, de prerogativa imperii Romani *. Il y a sans aucun doute à compléter ici, à la fin ou après humillimus^ par scripsit ou tr^didit. Dans cette suscription donc un chanoine de Cologne, du nom d'Alexandre de Roes, se nomme comme le plus petit des prêtres du cardinal Colonna, et transmet au cardinal Técrit de Jourdain d'Osnabriick.
,'Gest à mon avis lui qui est l'auteur de toute 1 epître dédicatoire. Les similitudes de style existant entre cette épitre et la Noticia sœculi ne permettent pas de douter qu-il est aussi Fauteur de cette Noticia, Il est aussi le poète du Pavo. D'après tout ee qui précède il doit aussi, dans un certain sens être considéré comme le collaborateur de Jourdain pour le traité de celui-ci, De Romano imperio ou De praerogativa Romani imperii.
. Quant à celui auquel il transmet le Traité de Jourdain, le pater reverendus^ la dominatio et sinceritas vestra^ ce n'est rien moins que lé cardinal Jacques Colonna, depuis célèbre par la violence de ses luttes avec Boniface VIII. On peut dans un certain sens le considérer comme le représentant, dans le collège
pape Jean XXIII. En même temps Zabarella était déjà archiprêtre de l*église de Padoue. H. Finke, Acta Concilii Consianciensis I, Munster 1896, p. 252.
1. Waitz dans : Gœttinger Abhandlungen XIV p. 39; Karajan, tirage h part, p. 33. F. Wiliiblm dans : Mittheilungen des Instituts /*. œsterreich. Geschichisforschung XIX, pp. 661 et 665. Note IV.
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des cardinaux, des idées favorables à TEmpire. Le a Mémo* riale » du cardinal Colonna n^est donc pas autre chose qu^un mémoire pour le cardinal Colonna.
Ou bien, le manuscrit du traité qu'Alexandre de Roes transr met au cardinal devait lui servir comme n Merkbuch »)^ comme Memorialey comme aide-mémoire lorsqu'il aurait à ëxaaminer des questions touchant à TEmpire.
C'est donc dans les années 1280-81, pendant le conclave d'où sortit Martin IV, qu'Alexandre de Roes a transmis au cardinal le traité fameux.
Dans l'épitre dédicatoire, vers la (in, Alexandre de Rœs dit que le très savant et vénérable Magister Jordanus^ chanoine d'Osnabriick, a écrit son célèbre traité à la prière de quelques? uns de ses amis; C'est d'abord à Alexandre de Roes lui-même que nous devons penser ; c'est lui qui engagea Jourdain à composer son écrit et qui l'aida en lui indiquant les matériaux. L'incident du missel de Viterbe arrivera Alexandre est, plus tard, mis également à profit par Jourdain.
Jourdain d'Osnabriick, appartenant, à mon avis, à la noblesse saxonne, écrivit son traité en Italie, à l'instigation du chanoine de Cologne, sorti, lui, d^une sphère moins élevée et qui appartenait, nous devons le supposer, à la familia du cardinal Jacques Colonna.
Mais Jourdain écrivit pour exercer aussi, de son côté, par l'intermédiaire d'Alexandre de Roes et du cardinal Colonna, une influence déterminée sur les décisions du collège des cardinaux réunis en conclave. Il souhaitait l'élection d'un pape Romain^ c'est-à-dire d'un Italien ou d'un Romain, et plaide chaleureusement en faveur du maintien du système de l'Empire et de • l'Empereur.
Nous pouvons donc, en un certain sens, considérer le célèbre traité du chanoine d'Osnabriick comme un appel au conclave, de même que la Noticia sœculi, plus jeune de sept ans.
Tous deux représentent les plus anciens spécimens que je connaisse de cette littérature qui devient abondante dans les siècles suivants. Ils se distinguent de beaucoup des produits ultérieurs de cette littérature de conclave par l'ambition de la pensée. De grandes idées y sont développées. Si dans la Noticia
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sœculi la couleur gibeline et la couleur anti-française sont on peu plus vives, les pensées du chanoine d'Osnabrûck se distinguent par la noblesse de Tessor et la chaleur du cœur, et aussi par un esprit de douceur, de réconciliation et de concorde qui cherche à donner satisfaction aux deux grandes puissances trop souvent séparées par des querelles {Imperium et Sacerdotium) et aux trois nations que leur culture met réellement en relief, les Italiens, les Français et les Allemands. Il faut seulement ajouter que Jourdain mérite Tétemel éloge d'avoir proclamé souveraine du monde la science, dont l'éminente culture a permis aux Français de mériter aussi bien de T Eglise que les Italiens par la papauté qui leur appartient et les Allemands par la possession de l'Empire.
H. Grauert.