MS. AMIENS
(Fol. 57 V*) Rom., Vlll, ('*). Que dirons nous dont a chou? Se Dieux est pour nous, qui sera contre nous? (^*) Liquels n'espargna mie son propre RI, mais le livra pour nous tous, coument dont et ne nous donna il avoec celui touttes coses ? (^^) Qui acusera encontre les eslusde Dieu? Dieux qui justifie. (^*) Qui est chieux qui condampnera ? Jhesucrist qui est mors, il meismes qui resuscita, qui est a la diestre de Dieu, qui ossi prie pour nous.
('^) Qui nous sépara * dont de la caritet de Crist ? Tribulasions, u angousses, u famine, ou nuesté, ou persecusion, ou périls, ou espée '. ....(^'^) Maison touttes ces coses nous sourmonterons pour celui qui nous a amez. (^^) Je suis certains que ne mors, ne vie, ne angeles, ne princhées, ne poestez, ne virtus ', ne coses présentes, ne avenir, ne forche, ('*) ne haultesce, ne parfondesce, ne aultre créature ne est qui nous puist séparer de le caritet de Dieu laquelle est Jhesucrist nostre signeur.
Nous avons ainsi déterminé trois versions bibliques, une anglo-normande et les deux autres picardes, toutes trois d'un littéralisme presque servile et qui, par cela même, se distinguent de toutes les autres versions françaises. Ces trois versions présentent une telle ressemblance entre elles qu'il ne nous est pas possible de ne pas nous demander si elles n'ont pas une même origine. Elles semblent remonter toutes trois, par les textes qui leur ont servi de modèles, à une époque assez relevée; la version du manuscrit de Venise, la plus ancienne des trois par son langage, parait appartenir au xiii" siècle. Il faudrait les avoir étudiées les unes et les autres de plus près pour décider si elles ont réellement, comme il n'est guère permis d'en douter, une souche commune et dans quelle mesure elles en dépendent. Quoi qu'il en soit, plus nous avançons dans l'histoire de la Bible française, plus aussi nous voyons grandir le rôle joué dans cette his-