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M. Rbymond, La sculpture florentine, I, p

LE MAUSOLÉE DE l'eMPEREUR HENHI VII A PISE 373

La cathédrale de Pistoia renferme un tombeau, à l'image duquel on compléterait volontiers le tombeau de l'évèque de Florence. C'est le monument élevé en 1337 par le sculpteur

siennois Cellino di Nese en mémoire du juriste Cino da Pistoia, qui fut le maître de Pétrarque. Ici les statues posées sur le sarcophage sont au nombre de sept. Au milieu du groupe, le professeur enseigne, la main gauche posée .sur une colonne, la droite arrêtée dans un geste de dialecticien. Les six auditeurs,

de taille plus petite, qui lui font cortège, sont quatre laïcs, un moine et une jeune femme.

Ce groupe des disciples debout, qui tournent vers le maître assis leur attention respectueuse, ressemble de la manière la plus frappante au groupe du Camposanto, où les quatre gibelins debout dirigent leurs regards vers l'empereur assis, qui les dépasse de sa taille surhumaine, comme les figures divines, au pied desquelles s'inclinent de minuscules donateurs. Le modèle qu'a suivi le Siennois Cellino est une œuvre identique au groupe des cinq statues sculptées par son compatriote, Tino di Camaino.

Une seule difficulté subsiste : Tévêque Orso et le juriste Cino sont représentés une seule fois sur leur tombeau. Près de la statue assise, à qui le sarcophage lui-même sert de piédestal, il n y a pas de statue couchée, comme la statue de Henri VII, sur le sarcophage décoré de figures d'apôtres. Pour trouver deux statues du même personnage rapprochées sur un monument funéraire, il faut sortir de la Toscane, et suivre l'art toscan dans le royaume de Sicile en deçà du Phare, où il fut porté, au temps de Robert d'Anjou, par Tino di Camaino, par Giotto, par tout un groupe de peintres et de sculpteurs siennois ou florentins.

L'église de Mercato San Severino, — un bourg, non loin d'Avellino, — conserve le tombeau d'un des plus puissants seigneurs de la cour de Jeanne I^®, le connétable Tommaso di San Severino, mort en 1358 ^ C'est l'œuvre d'un médiocre artiste florentin ou d'un napolitain, son élève. Le mort est couché sur un sarcophage, porté, comme ceux qui font partie des tombeaux angevins de Naples, par quatre allégories de Vertus. Puis, derrière la statue gisante, s'élève un socle, orné des écussons de la famille de San Severino, et sur lequel reparaît, figuré par une statue en ronde bosse, le connétable Tommaso. Il est assis, dans une attitude grave ; à sa droite et à sa gauche, ses enfants sont rangés : quatre fils et deux filles, beaucoup plus petits que le père. C'est, dans une église perdue, entre Naples et Bénévent, le groupe qui surmonte à Pistoia le sarcophage du maître de

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