‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 269 sur 312 · Même remarque · texte numérisé non relu

Même remarque

2. Contenue comme il a été dit plus haut dans le n® 383 dé la série des Collectorùp, fol, 283.

sio singulis filiis, heredibus et descenden [tibus] [Bon]

segnoribus de Senis nuncupata et presertim inrra[scriptorum] vide-

licet et Hugonis olim domini Orlandi, de Bonsegnoribus, Bonse-

gnori domini Or [landij..... domini Orlandi, Gerini Montanini, Manfredi Bonaventure Bernardini, Bandi Ildebrandi, Facii Berignonis, Mini olim Ranerii, Jacobi Hanucchini, Angeli quondam Benvenuti, Bartholomei et Vanni olim Henrigi Jacobi, Mei supradicti domini Orlandi, Jacobi Thomassii, Ture Bartholomei, Thofani quondam Benedicti, Mini Bartholomei, Ghini quondam Ancelini, Bindi Clariti, Jacobi quondam Orlandi, Arboris olim Bernardini, Pagni Gilioti, Manfredi Ranuccii, Naddi quondam domini Orlandi Bartholomei, Couradi olim Berignonis, Tholomei quondam Manentis, olim sociorum de societate predicta, ac omnium aliorum et singulorum sociorum de societate eadem, necnon sociis ipsis quibuscunque olim et ad presens de dicta societate et eorum singulis ceterisque possessoribus, detentoribus, vel occupatoribus hereditario vel alio quovis jure vel titulo bonorum, possessionum et jurium ipsorum sociorum in toto vel in parte, salutem in Domino et mandatis nostris ymo verius apostolicis firmiter obedire. »

La liste ci-dessus est mutilée par suite de mauvais état du manuscrit. On peut en restituer ou en suppléer les noms grâce aux procès-verbaux des notifications faites de cette assignation et aux procurations données par les assignés, dont la teneur a été insérée à la suite. Ces documents font encore connaître les noms de Johannes et Minus Tofani de Ranuccinis ; Domina Becchuccia, uxor olim Andrée domini Mini de Tholomeis et olim (ilia domini Mini de Ranuccinis ; Angélus Manentis ; Bonaventure et Conte et Bartholomeus (ilii domini Manfredi de Senis ; Spinellus et Conradus filii quondam Guillelmi Conradi de Senis ; Petrus Landi de Ranucciis ; Petrus Neri de Ranucciis ; Ambrosius Mei de Ranucciis ; Lippa, Guadagnola et Prosperina filie quondam Arboris Bernardini.

Les assignés chargèrent de leurs intérêts Ser Nicolao di Ser Viviano, notaire, et quelques autres. Ils adoptèrent le même système de défense, prétendant n'avoir pas hérité de leurs auteurs. Toutes les procurations donnent de pleins pouvoirs aux procurateurs

MéUngê» PmuI Fabre, 2S

« salvo semper, dicio et expresso quod predicti procuratores vel aller eorum per aliquem actum, vel confessionem vel responsionem quem facerent vel aller ipsorum faceret non possinl predictum [talem] consliluenlem fore heredem dicti domini [talU] nec ipsum consliluenlem immiscuissc heredilati predicle ; nec etiam possint ipsi vel aller eorum aliquid agere sub quocunque lenore verborum cujus causa vel occasione predictus consliluens possil obligari honeribus heredilariis seu heredilali dicli [lalis] vel convinci seu dampuari ut hères vel successor dicli [lalis]. »

De plus, Ser Nicolao, constilué en présence des juges délégués, le 25 juin, souleva Texception d'incompétence. Il réclama d'eux :

« Sibi fieri el dari in publicam formam copiam jurisdictionis ipsorum el etiam cujuscunque delegationis et commissionis in eos vel aliquem eorum facle per Sedem Apostolicam et eliam copiam omaiuin rescriplorum ex quibus pretenderenl aliquam jurisdiclionem habere contra prediclos quorum est procurator el pro quibus comparet vel aliquem ipsorum ; et etiam congruum el deceus lempus el terminum sibi assignare peliit ut possil sapienles suos et prediclorum quorum est procurator el curator, qui sunl in ci vitale Seneusi, in qua prediclit quorum est procurator et curator, el pro quibus comparet, originem et moram trahunt et traxerunt, consulere. »

Mais, sans s'arrêter à ces chicanes, et après quelques délais laissés aux intéressés pour comparaître en personne, les juges, le 4 juillet, rendirent leur sentence dont voici le dispositif.

« Pronunciamus, decernimus et declaramus, auctoritate apos-

tolica supradicla qua fungimur in hac parte, omnes et singulos socios ipsos el ipsorum sociorum premorluorum heredes et bonorum ipsorum possessores et cetentores merito contumaces, el eorum conlumacia exigenle el in contumaciam eorum hujusmodi decernimus ienulam el corporalem possessionem bonorum ipsorum hujusmodi et de bonis el in bonis olim sociorum predicle sotielalis el sotietatis ipsius el premorluorum heredum apprehendendam esse et deberi apprehendi nomine Romane Ecclesie et ejus camere pro mensura debiti declarati, et apprehensam dicto nomine teneri, el eam per nos velalios, loco noslri el nomine dicte Romane Ecclesie elejus camere, quo8 ad hoc duxerimus depulandos vel quibus hoc commiserimus,

apprehendere intendimus usque in valorem et extimationem sufficien- ^em pro debito supradicto et pro modo debiti in citatione nostra hujusmodi et in litteris nostris citationis ipsius declarati »

La suite de TaDaire est connue par Tommasi. La sentence ne put être exécutée, Sienne ayant pris fait et cause pour les condamnés, qui par eux-mêmes ou leurs familles y jouaient un rôle considérable et y avaient une grande influence. A cette occasion, la ville fut frappée d'interdit. Elle n'en fut relevée qu'en avril 1347, à la suite d un concordat que les Buonsignori avaient conclu avec la Chambre et par lequel ils s'étaient engagés à lui payer 16.000 florins en seize annuités K

Ainsi prit (In ce grand procès, qui m'a paru mériter d'être remis en lumière. 11 est fâcheusement caractéristique des procédés de la finance du moyen-âge; car il est difficile de ne pas qualifier de frauduleuse la banqueroute des Buonsignori, et de choquants les procédés de leurs héritiers, répudiant purement et simplement leur succession, tout en restant riches et considérables, et enfouissant dans les caves d'un couvent, pour les y laisser moisir à leur aise, les titres qui auraient pu leur rappeler le souvenir gênant de leurs dettes. Cette affaire témoigne aussi bien curieusement de l'espèce de ténacité intermittente que le Saint-Siège portait dans les affaires financières comme dans les questions politiques ; oubliant parfois, en apparence, ses prétentions, les réveillant toujours, à un moment donné, et n'admettant jamais qu'on lui opposât aucune prescription. Elle atteste aussi l'extrême importance que les contemporains attachaient à ces puissantes banques, qui touchaient à tant d'intérêts publics et privés ; qui étaient, pour les villes italiennes, comme des institutions nationales, que Ton soutenait, avec lesquelles on se solidarisait ; leur ruine était une calamité publique, que papes ou cités s'efforçaient de conjurer, exactement comme de nos jours les gouvernements peuvent s'employer à prévenir quelque grande catastrophe de Bourse.

E. Jordan.

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