‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 297 sur 312 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ou second chappitre Aristote monstre la forme selon laquelle la bonne femme se doit maintenir au regard de son mary en bonne yconomie de maison.

Nous, ou premier chappitre de ce second livre, avons monstre par règles et conclusions comment la bonne femme doit faire au regard des choses qui sont autres et differens des choses pertinens au mary de la maison, usant de bonne yconomie. Mais ores pour certain est chose décente et pertinent montrers que femme bien assignée et ordonnée en coustumes honestes prengne et ensuive les approuvées et loables coustumes de son mary, et que par toute sa vie, elle garde et impose a soy comme droittes lois patriennes et comme droittes règles. Et si convient que la femme ait certain opinion et créance que les lois du mary lui furent imposées de par Dieu, quant elle et son mary

TRADUCTION FRANÇAISE DBS ÉCONOMIQUES d'aRUTOTE 475

boire et mengier sobrement, et en teles choses. Quar quant aus temps et aus lieux et a la quantité et qualité des choses et aus autres circonstances, elle se doit conformer a la voulenté de son mari. Et en ce elle fait le plaisir de Dieu, si comme il appert par le texte, quar adonques les mariages estoient faiz es temples par la ^ent sacerdotal, qui commandoient de par Dieu a la femme ces te obédience.

Et de ce que il dit Et par fortune, Yen doit savoir que nature encline a mariage, et il est accompli par consentement de voulenté, maiz que cestuy ait ceste (sic), ce est en partie et communément a fortune.

Texte. Et se elle seuffre et porte paciemment et humblement ces choses, elle gouvernera legierement la maison ; et se non, elle aura plus fort à faire.

Glose. Quar se le mari veult une chose et elle vueille Tautre, ilz seront a descort. Après il met un aultre enseignement.

Texte. Et pour se est ce chose avenante et appartenante que elle soit d*un courage avecques son mari et se acorde a lui et le serve jouxte son vouloir, non pas seulement quant il eschiet et que il vient a prospérité des choses et a autre gloire.

Glose. Par prospérité il entent

furent conjoinctz par mariage et par fortune, qui de par Dieu prinst et tient grande seigneurie sur les choses mondeines. Car, selon toutes lois, mariages ont esté et sont solemsnisez et conformés par les prestres, qui à la femme, estant dedens les temples des Dieux, commandoient ceste obédience en toutes choses honestes et utiles.

Et se la femme soufTre et porte en pacience et en humilité ces choses icy dictes, elle gouvernera Icgierement et bien la maison. Et se elle est mal conseillée et résiste aux justes lois de son mary, elle aura plus dure chose à faire et a souffrir ; car par diverses voulentés femme et mary venroient a descort et a haynes, par quoy toute leur yconomie périra.

Or afiiert doncques pour autre enseignement que en yconomie pertinent et belle chose soit que la femme soit d'un courage avecques son mary et concordant a lui, et qu'elle le serve selon sa voulenté honneste, et non pas tant seulement quant il eschiet que le mary vient a pros-

Page 1