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LES ÉVÊCHÉ8 DE CALABRE

suffragants, ni même parmi les auioeéphales, mais intercalé entre les métropolitains et les autocéphales ^. Il est clair que, quels que soient ses rapports de fait avec Rome et Constantinople, Tépiscopat de Sicile et de Calabre n'a point encore sa place définitive dans les cadres ofliciels du patriarcat byzantin.

Au VIII* concile œcuménique réuni à Constantinople, en 869-870, contre Photius, assistèrent cinq évéques calabrais, ceux de Crotone, Sancta Cyriaca, Squillace, Reggio, Tauriana. Le premier figure dans les actes dès la première session, comme ayant été du nombre des partisans d* Ignace, persécutés pour leur fidélité. Les autres n*arrivèrent que plus tard, au commencement de Tannée 870. Deux d'entre eux, Léon de Reggio et Demetrius de Squillace figurèrent, neuf ans plus tard, au concile de 879, où Photius fut réhabilité.

De Texamen des signatures de 870 et de 879 il n'y a rien à tirer sur la classification des évêchés de Calabre dans l'ensemble de la hiérarchie byzantine.

Un document plus instructif et plus précis, c'est la Diatyposis de Léon le Sage, notice ofticielle des sièges épiscopaux ^, constituée à Constantinople vers l'année 900. Elle présente, pour la (>alabre, deux provinces métropolitaines, celle de Reggio (n** 31) et celle de Santa-Severina (n** 48).

KK, Tû 'Ptjy^w KaXa6p(aç. Reggio.

dt. h Bi6<dVY;ç. Vibo.

3'. ô Taupiivt;?. Tauriana.

y' b Aoxp(8oç. Locri (Gerace).

8' h 'PojffiavoO. Thurii (Rossano).

t' b SxuXaxtou. Squillace.

ç' b Tpoica{ou. Tropea.

Ç' b 'AjxavxCaç. Amantea,

tj' b KpoTcovTiÇ. Crotone.

1. Dans les conciles grecs les patriarches siégeaient à la place d*honneur ; venaient ensuite les métropolitains, les archevêques et les évéques. Par archevêques ou autocéphales on entendait les titulaires de certains sièges épiscopaux qui relevaient directement du patriarche, sans être soumis au métropolitain de leur province.

2. Je me réfère à l'édition de M. H. Gelzer, Georgii Cyprii descriptio orbii romani, Leipzig, 1890, p. 57 et suiv.

10 L. DUCHE8NE

0' à KoaravTtJtç. Cosenza.

i à NixoTépwv. Nicotera.

ta' b Biorouviavou. Bisignano.

ip' b NsoxàfjTpou. Tempsa (Nicastro).

MH. Tt; «Y''? ^^^""îP^^Tî "f^Ç KaXaôptaç.

OL b Eùp'jaT(i)v. Umbriatico.

3' b 'Axepsvr'aç. Cerenzia.

y' c KaXXiicéXcd);. Gallipoli.

S' 5 Twv 'At;ffuX(i)v. Isola.

La province de Santa-Severina était alors de fondation toute nouvelle. Dans le massif de la Sila, en arrière de Crotone, dont le diocèse comprenait sans doute cette région montagneuse, Tautorité byzantine créa trois sièges épiscopaux, à Santa- Severina, Umbriatico (EipuiTwv) et Cerenzia; un quatrième fut installé sur la côte, à Isola. Ces quatre évêchés furent groupés en province métropolitaine dont S.-Severina devint le chef-lieu. A ces groupes se rattacha Gallipoli, dans la terre d'Otrante *. Plus tard un cinquième évêché, celui de Belcastro (riaXat'.oxacrrpo'j), à rO. de S.-Severina, vint s* ajouter au nouveau ressort. Il figure dans les dernières rédactions de la Notice byzantine -,

Quant à la province de Reggio, elle comprend tous les évêchés du tempfe de saint Grégoire, sauf Carina et Myria, qui disparaissent définitivement. L'antique évêché de Thurii revit en celui deRossano.Tropea, fondé après saint Grégoire, s'est conservé. L'évêché de Tempsa n'est pas nommé. Oa a vu que, dèls avant la fin du viu' siècle, il semble avoir été assez désolé pour qu'on en eût transféré le siège à Paternum, sur la côte ionienne. A sa place, dans la contrée où s'élevait l'antique Tempsa, nous trouvons les deux évêchés d'Amantea et de Nicastro. La première de ces localités, située sur la côte tyrrhénienne, est mentionnée dans le Géographe de Ravenne (vu'* s.), Tau tre n'a pas d'attestation antérieure à la Diatypose (Néa TaxT'.xi). Il n'en est peut-être pas de même de celle de Bisignano, où nous trouvons aussi un évêché

1. Otranie était alors autocéphale; quand elle devint métropole, son ressort, aux temps byzantins, ne comprit jamais Gallipoli. t. Parthey, 3, 10.

LES ÉVÊCHÉS DE CALARRE 1i

nouveau. Uu évêque Anderamus Bisuntianus assista au concile romain de 743. Peut-être était-ce un évêque de Bisignano. Cependant tuie autre hypothèse demeure possible *. Uévêché de Bisignano a peut-être été fondé sur le territoire de l'ancienne cité de Thurii, auquel cas il représenterait, avec Rossano, un partage analogue à celui que je supposais avoir eu lieu pour Tempsa.

(lomme nous ne connaissons pas, avant le milieu du ix® siècle, la délimitation entre le duché de Bénévent et la Calabre byzantine, il est diflicile de dire quelle a été sur ces fondations nouvelles r influence des vicissitudes politiques. Je me bornerai à noter que, sauf celui de Crotone, les évêques qui assistèrent aux conciles byzantins en 787, 869 et 879 avaient tous leurs sièges au sud de Tisthme scylacien. Il semblerait que les anciens diocèses de Tempsa, Cosenza, Thurii, les plus rapprochés des Lombards, fussent tombés en leur pouvoir. L'évêque de Cosenza assista en Ti3 à un concile romain. En 851 Cosenza et Cassano étaient chefs-lieux de gastaldats lombards ; ils figurent comme tels dans lacté de partage '^ de la principauté de Bénévent. Plus tard, les Sarrasins s*étant établis en Calabre sans distinguer entre le territoire lombard et les possessions byzantines, les armées de l'empereur grec vinrent les déloger et, par la même occasion, étendirent de ce côté le domaine de leur souverain. Tropea, Amantea ft S.-Severina tombèrent entre leurs mains en 881 ^, C'est sans doute alors ou peu après que Cosenza redevint byzantine. Il en fut de même de Cassano ; il y fut fondé un évêché, qui figure dans les recensions postérieures de la Diatypose. C'est à la suite de ces événements, corrélatifs eux-mêmes à un vaste dessein de reconquête de l'Italie méridionale, que les diocèses de l'ancien Bruttium furent organisés comme le montre ce document.

D'autres évêchés furent fondés au x* et au xr siècle : celui de Malvito, déjà mentionné en 994, dans le voisinage de Bisignano, celui de Martirano, au N. de Nicastro, qui apparaît en 1058 '\

I. Archivio Romanodi sloria patria, t. XV, p. 489. i. M. G. Leg. IV, p. 122.

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