PASSAGE DE PAUL OROSE
L^examen des textes du moyen âge formés par la transcription ou la compilation de sources plus anciennes fournit aux critiques des preuves innombrables de la défiance que doivent inspirer tous les textes de seconde et de troisième main, surtout lorsque, non contents de transcrire un document, ils en combinent plusieurs. L'histoire d'un passage de Paul Orose nous offre un exemple remarquable de ce genre de déformation.
A la fin de Tannée 406, après Féchec de l'invasion de Hadagaise en Italie, des hordes nombreuses de Vandales, d'Alains et de Suèves, qui entraînèrent avec elles d'autres peuplades et un certain nombre de Burgundions, se frayèrent un chemin vers le Rhin à la hauteur de Mayence en écrasant les Francs établis sur sa rive droite, alors alliés des Romains. Elles passèrent le Rhin et traversèrent la Gaule en la ravageant jusqu'aux Pyrénées. Pendant deux ans elles errèrent çà et là en Gaule; mais, en 409, Didymus et Vérinianus, deux nobles Romains qui avaient organisé la résistance sur la frontière pyrénéenne, ayant été tués par des troupes barbares à la solde des tyrans Constantin et Constans, TEspagne fut envahie et les hordes germaines s'y installèrent.
Saint Jérôme, dans une lettre à Agerochia, décrit les ravages exercés par cette invasion dans le nord-est de la Gaule et énumère une série de peuplades qui y auraient pris part : Quades, Vandales, Sarmates, Alains, Gépides, Hérules, Saxons, Burgundions, Alamans et Pannoniens. Il fait remonter la responsabilité de rinvasion au crime d'un semibarbarus proditor^ sans le nomnier. Cette allusion nous est expliquée par les deux passages
VéUngtÈ Paul Fabre, 2