ET LA LÉGENDE DES ONZE MILLE VIERGES
L*un des BoUandisies actuels a précisé avec beaucoup de justesse la valeur des différentes sources que nous possédons sur les fameuses saintes de Cologne, Ursule et ses compagnes. Selon lui, « pour reconstituer solidement Thistoire véritable des martyres, il faut laisser de côté le Sermo in Natali et la Passion Hegnante Domino, qui ont trop souvent servi de point de départ; c'était une fausse voie qui ne pouvait mener que dans un monde légendaire. » La Passion Régnante Domino^ aussi bien que la Passion Fui/ tempore pervelusto dont elle dépend, n est qu' « un roman pieux sans valeur aucune. Elle dérive, en somme, d*une légende galloise relative à la princesse Ursule, légende dont on a une version tardive dans Geoffroy de Monmouth, et qui est combinée ici avec le Sermo in Xatali, mal interprété par lauteur de la Passion, et avec les opinions reçues de son temps à Cologne au sujet des vierges martyres. » Et lauteur de l'article que je cite ajoute : <( L'inscription de Clematius et quelques données des livres litui^iques anciens, voilà les seules bases sur lesquelles on peut espérer bâtir un édiiice solide. Malheureusement, les données liturgiques sont bien maigres, et l'inscription est^ dans certaines parties, tout à fait obscure K »
Il nest que trop vrai, les données liturgiques sont bien maigres : elles se réduisent, en effet, à plusieurs noms de femmes, généralement onze, conservés dans quelques anciens calendriers, martyrologes et litanies de la région de Cologne. Ces noms ont été soumis à un examen philologique approfondi, et ctmfrontés avec le Corpus inscriptionum latinarum : ils repré-