XIV PRÉFACE
l'aboutissement logique des vicissitudes politiques de Tltalie et des transformations sociales du Duché Romain.
C'étaient là des résultats nouveaux, importants, et qui pouvaient suffire aux légitimes ambitions d'un chercheur. Paul Fabre cependant ne s'y arrêta pas. Ce qui Tavait conduit à ces belles conquêtes, ce n'était pas seulement la préoccupation des idées générales, naturelle à un esprit pénétré de la culture classique, c'était le sens très vif qu'il avait du réel en histoire, la puissance de l'analyse, le don de voir juste et loin. Ces précieuses qualités lui avaient fait trouver une solution originale à un des plus intéressants problèmes de l'histoire du haut moyen âge, elles l'amenèrent à de nouvelles découvertes. Après avoir mis en lumière le rôle important qu'il faut attribuer aux patrimoines de l'Église Romaine dans l'établissement du pouvoir temporel du Saint-Siège, il allait étudier l'extension inattendue que devait prendre au mo^^en âge le domaine de la papauté, sous la forme du cens apostolique, et montrer la part qui revient aux divers usages que l'on fil de ce cens dans le développement du pouvoir pontifical.
Par une rencontre significative, ce nouveau champ d'études fut ouvert à Paul Fabre par les recherches que lui
imposa son travail sur les patrimoines de l'Eglise Romaine. Pour se rendre compte de la façon dont étaient administrées avant Charlemagne les propriétés du Saint-Siège, il ne lui suffit pas d'étudier les registres de saint Grégoire, les inscriptions et les papijri trop rares qui avaient échappé à la destruction des documents du haut moyen âge ; il dut recourir à des compilations du xi® et du xii® siècle où avaient été recueillis, au milieu de titres d'un caractère tout