Capitularia, l. c
l'archevêque de BfETZ DR060N 121
Les évéques de la France occidentale la mirent sur le tapis dans un synode qui fut réuni au mois de décembre suivant à Ver ^, sous la présidence de Tévéque de Poitiers Ébroin, archichapelain de Charles le Chauve. Ils n'osèrent se prononcer ni pour ni contre le vicariat de Drogon. S'ils se déclaraient favorables à l'évêque de Metz, ils contrecarraient la politique de leur souverain Charles ; eux-mêmes du reste n'étaient pas disposés à tolérer Tingérence dans leurs affaires d'un prélat appartenant à un royaume étranger. Mais s'ils se montraient hostiles, ils violaient formellement un ordre que le pape leur avait donné. Ils déclarèrent donc qu*il fallait attendre, avant de «se prononcer sur une affaire aussi grave, que s'assemblât un grand concile de prélats de la Gaule et de la Germanie ; à celui-ci il appartiendrait de décider ^. Ils ajoutèrent que, si cette dignité devait être établie, il n'y avait personne à qui elle conviendrait davantage qu'à Drogon, prêtre éminent, attaché à la famille des rois par des liens d*une proche parenté. Et même à cette déclaration, ils mettaient une réserve : Si non alia^ quant quae prmienditur^ latet causa ^ ; s'il n'y a point à cette nomination d'autre motif que celui qu'on allègue.
Les évéques de l'Allemagne ne paraissent point s'être occupés du vicariat de Drogon ; en tout cas, le synode général de prélats gaulois et germains ne se réunit jamais. Drogon dut renoncer à être un intermédiaire entre le pape et le clergé cisalpin. Il n'eut pas en réalité ce qu'il ambitionnait. « Quod affeciu ambiil, effectu non habuit », suivant le mot d'Hincmar ^. Il ne voulut pas créer un schisme dans l'église, et il ne chercha pas à imposer son autorité spirituelle dans les royaumes de Louis le Germanique et de Charles le Chauve ^.
1. Sans doute Ver, canton de Nanteuil, arrondissement de Senlis, Oise.
2. Canon 11. De pra^latione revercndissimi Drogonis definire aliud non audemus, nisi expeclandum, quam maximus co^çi potest, Galliœ Germaniaeque conventum, et in eo metropolitanorum rcliquorumque antistitum inquirendum esse consensum, cui resistere nec volumus nec valcmus. Les canons sont publiés dans Boretius, II, 381.