EN PARTICULIER DE L'ORIGINE DU POUVOIR IÇ
le droit international. A ce point de vue, nous aurions aimé le voir démontrer l'injustice de l'annexion de l'Alsace- Lorraine. Enfin, il remarque, avec trop de raison, que les catholiques ne devraient pas abandonner aux protestants rétude du droit des gens.
Nous omettons d'analyser le dernier livre, consacré surtout aux principcsmorauxdel'économiepolitique ; le fonds en a déjà été publié dans le Pouvoir social et Vordre économique.
Terminons en disant que cet ouvrage nous semble l'un
des plus subtantiels qui aient paru sur ces matières de morale et de droit naturel. Quoique dégagé de toute longueur et de tout appareil d'érudition encombrante, il ne le cède pas aux œuvres les plus documentées. L'auteur connaît sur chaque question les écrivains les plus compétents ; et, s'il reproduit parfois exactement leur doctrine, ce n'est jamais sans l'avoir éprouvée par lui-même avec une parfaite indépendance. Nous désirons qu'une prochaine édition soit complétée par une table détaillée et bien faite, qui permettra de consulter facilement ces deux volumes sur les questions si variées et si importantes qui y sont si bien étudiées.
Nous nous sommes borné ou à peu près, dans les pages précédentes, à faire connaître l'ouvrage du P. de Pascal, et {électeur aura pu en apprécier le mérite, l'esprit et les tendances. Nous voici maintenant en présence de l'ouvrage du P. xMaumus, qui, à beaucoup d'égards, peut être regardé tantôt comme une critique et tantôt comme le complément du précédent. Nous nous attacherons aie faire connaître avec la même impartialité, avant de proposer nos conclusions.
L'Eglise et la France moderne est dû au même esprit qui a inspiré naguère à l'auteur : V Eglise et la démocratie.
Il fait dater de i83o « la tentative de réconciliation entre la France moderne et l'Eglise » (xi). Les trois premiers chapitres sont consacrés ainsi à l'histoire du journal l'Arenivy dont l'existence, aussi retentissante qu'elle fut éphémère, semble ne dater que d'hier, tant les passions qui nous passionnent et nous divisent aujourd'hui étaient déjà brûlantes à cette époque. Le plus grand service peut-être qu'ait rendu V Avenir à la France et à l'Eglise, c'est le coup mortel qu'il porta au gallicanisme, né dès i3o2 sous Philippe le Bel, fortifié encore en 1439 sous Charles VII, aux Etats de Bourges, conservé plus ou moins à la suite du concordat obtenu par François L^% en i5i6. Plusieurs peutêtre oublient trop aujourd'hui la dépendance étroite où l'Eglise de France était tenue par la royauté, qui disposait à son gré de tous les bénéfices : « la commende était une confiscation à peine déguisée (p. Sy)... Il est facile de s'imaginer, poursuit l'auteur, quelle était la dépendance de l'Eglise de France à l'égard du pouvoir civil sous un roi tel que Louis XI\% et on ne s'étonne plus de la situation servile que nous révèlent les discussions qui devaient aboutir à la déclaration de 1682.
Fénelon avait un sentiment très vif des dangers de l'Eglise gallicane quand il disait : « On ne peut pas espérer que tous les rois, suivant l'exemple de Louis le Grand, en usent avec cette piété et cette sagesse qui font que, dans le choix des évêques, on tienne compte avant tout des égards dus à l'Eglise. Les autres souverains seront toujours prêts à préférer les hommes de cour, les intrigants et les ignorants aux personnes doctes et pieuses. Aujourd'hui, la situation des évêques est telle, qu'ils n'ont rien ni a espérer ni à craindre du Siège apostolique, et qu'ils attendent tout de la faveur des rois. Il n'y a presque plus rien aujourd'hui qui rattache les pasteurs au prince des pasteurs... Cette condition déplorable des choses spirituelles, que présage-t-ellc pour les temps à venir, si des princes moins pieux sont un jour au pouvoir, sinon la rupture ouverte de la nation française avec le Saint-Siège. Je crains fort qu'il ne nous arrive ce qui est arrivé à l'Angleterre... ».