EN PARTICULIER DE I.'ORIGINE DU POUVOIR
Grâce à Dieu, la France a toujours échappé au schisme oui la guettait; mais il ne faut pas oublier les dangers courus, qui peuvent se présenter de nouveau. Et n est-ce .,s un danger sérieux que l'opposition obstinée de quelques catholiques aux enseignements les plus formels du
NaîuJeflement, VAvenir combattit la théorie du droit divin des rois et défendit l'opinion de Suarez et de Bellarmin, qui regardent le peuple comme le su)et du pouvoir et le transmettant par l'élection au souverain ou a d autres
ciiefs d'Etat. . .
Le P Maumus traite ensuite des deux puissances reliaieuseetcivile; il prouve rapidement que la première n a jamais empiété sur la seconde, au lieu que celle-ci a fréquemment empiété sur la première. Le pouvoir religieux a empêché les désordres des grands et toutes les entreprises tvranniques d'atteindre à ces excès effroyables, dont le naganisme nous offre de si fréquents exemples.
Dans le chapitre V, l'auteur montre que la situation des catholiques après i83o, elles conditions particulières dans lesquelles ils durent défendre l'Eglise, sont sensiblement les mêmes qu'aujourd'hui. Comme eux, il faut nous placer maintenant sur le terrain constitutionnel etinvoquer toutes les libertés de droit commun. L'auteur se réclame également ici de l'autorité des Parisis, des Dupanloup, des Louis Veuillot. Continuant l'histoire des luttes soutenues par les catholiques de France pour leur affranchissement, il rappelle qu'ils parvinrent à conquérir la liberté de 1 enseignement secondaire par la loi de i85o. Le coup d Etat les divisa ensuite malheureusement. Après la chute^ de l'Empire, le règne de Henri V parut probable et fut même imminent à un certain moment, comme l'a si bien raconte M Chesnelong. Mais l'auteur ne croit pas que 1 échec de de cette restauration ait été un malheur. On aurait revu, sans doute, la première alliance du trône et de Pantel qm aurait été fatale de nouveau à l'un et à l'autre : « L Eglise, dit-il, aurait perdu en influence sur les âmes ce qu elle aurait gagné en importance officielle, et quand bien même
Henri V n'aurait pas renouvelé Charles X, on aurait soupçonne' en lui des tendances analogues. Aux yeux de la nation, le clergé eut été le séide d'un pouvoir fort discuté et TEglise serait devenue aussi impopulaire que le drapeau blanc (p. 144). »
Quoi qu'il en soit, la forme républicaine ne cessa de prévaloir de plus en plus ; et la position des catholiques devint fort délicate en face d'adversaires qui s'attachaient toujours à présenter le régime républicain comme incompatible avec l'Eglise et n'y réussissaient que trop bien : « Dans quelques années, on aura peine à le croire, dit à ce sujet le P. Maumus, mais personne ne me contredira quand j'affirme qu'à une époque encore très rapprochée de nous, les termes catholique et républicain semblaient être irréconciliables. Ce préjugé nous a fait un mal incalculable >> (p. 145-6).
Cefut pour conjurer ce mal, qui allait toujours s'aggra- ' vaut, que Léon XIll publia sa fameuse encyclique à l'épiscopatet aux fidèles de France, du 16 février 1892 : « Il a parlé comme l'eût fait tout autre pape en de semblables circonstances, comme le fit Pie VI dans son bref du 5 juillet 1796 adressé aux catholiques de France. » Et le P. Maumus reproduit ce bref, remarquable, en elfet, et qui n'a rien perdu de son actualité.
Principes de Sg, Soureraiueié nationale, — Dans les chapitres suivants l'auteur aborde des questions plus délicates encore, et tout d'abord celle-ci : Un catholique peut-il se déclarer partisan des principes de 89 ? — Il montre que ces principes, à condition d'être entendus convenablement, ne sont au fond que les principes émis déjà, mais vainement, aux états généraux de 1356-7, de 1484 et de 1614. Pour ce qui est de la souveraineté nationale, on peut la soutenir en un sens, et alors cette doctrine s'oppose radicalement à l'erreur de Jacques P»", celle que réfuta Suarez. Ces idées doivent être rapprochées de celles que nous avons remarquées dans la Philosophie morale et sociale du P. de Pascal. Moins différentes au fond qu'elles ne le paraissent d'abord, elles sont inspirées cependant par des