‹ Mélanges philosophiques (1897-1900) [microform]Chapitre 50 sur 52 · LE TRANSFORMISME ET LES CONTROVERSES RÉGENTES · texte numérisé non relu

LE TRANSFORMISME ET LES CONTROVERSES RÉGENTES

prouver ainsi la transformation des espèces. M. Gaudrv remarque que les paléontologistes en suivant les êtres à travers les âges ne voient pas, comme on le supposait une série de luttes pour la vie où la victoire, reste aux mieux doués ; au contraire, ce sont les mieux doués, les plus perfectionnés qui disparaissent. Pourquoi? Nous l'ignorons. On arrive aujourd'hui, dit M. Delage, à considérer l'hérédité, l'atavisme, la variation, l'adaptation comme les forces directrices de l'évolution, quand ce ne sont que des catégories, des groupements de faits. Le professeur Perrier, évolutionniste ardent, repousse également ce qu'il trouve de brutal dans la lutte pour la vie. Pour lui, l'associaiion, l'assistance mutuelle, la division du tra'vail, la solidarité ont joué un rôle prépondérant dans le perfection» nement des organismes. C'est une hypoihèse de plus à ajouter à toutes celles que nous subissons» (i). ^ Cela nous suffit et, en attendant que les observateurs sérieux de la nature soient tombés d'accord sur la prétendue transformation des espèces et ses causes, la métaphysique n'est point compromise, et la foi moins encore.

(i) L'homme et le sin^e, dans la collection Sctetice et reli

gion, p. 21.

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Philosophie de saint Thomas. La Nature humaine, par Gardair. professeur libre de philosophie à la Sorbonne, iR-12, 416 p., 1896, Paris, Lethielleux.

M. Gardair est bien connu par les cours libres de philosophie de saint Thomas qu'il a professés à la Sorbonne dans ces dernières années et la série d'ouvrages qui en sont le fruit : Corps et âme; la Connaissance; les Passions et la volonté. Celui que nous éludions maintenant ouvre en réalité la série. Il se recommande comme les précédents par une grande fidélité à la doctrine de l'Ange de Técole, par des citations nombreuses et décisives qui appuient constamment les affirmations de Pauteur, par l'aisance et la clarté du style toujours adapté au sujet, enfin par la belle ordonnance des matières.

L'auteur montre d'abord que ren>eignement de saint Thomas contient vraiment une philosophie rationnelle : « Aucun philosophe, dit-il, n'a revendique avec plus de fermeté les droits de la raison naturelle que ce théologien qui tenait à honneur de se faire le disciple d'Aristote et qui s'inspirait aussi des plus hautes vues de Platon. En ce qui concerne la nature humaine, poursuit-il, la philosophie de saint Thomas est un système profond, où l'homme se présente comme un monde en raccourci, comme une synthèse étonnante, en un seul être, de tous les genres d'êtres de la création ». L'ouvrage tout entier n'est que la démonstration de cette vérité.

Après une introduction sur les rapports de la raison et de la foi et l'importance de la doctrine psychologique de saint Thomas, M. Gardair étudie successivement la matière et la forme — les formes substantielles, parmi lesquelles l'âme des bêtes — Fâme

humaine- a durée et l'origine des forme, substantielles en pa t.cul.er -.mmortalité de Pâme- l'union des formes suls'tan uelles et de la matière dans les diverses substance et ans

homme en part.culier- les modes d'existence de l'an da le corps - 1 homme individuel, sa constitution et sa générât „ — cnhn l'ame séparée du corps. "-ration

Sur tous ces points l'auteur suit simplement la penoée de saint Thomas. II pense donc que les vérités d'ordre nature cessent d'être objet de foi du moment qu'elles devienne" dentés a la raison : ainsi la spiritualité de l'âme. On sai d autres théolog.ens pensent, au contraire, qu'on peut sur le même su.et f.ire successivement acte de science et acte de fo I dehnit la ve par la spontanéité. Et il est incontes.able en effe , que 1 acte vital est spontané; mais il est certain aussi ^u'i es, inmanent. C'est-à-dire qu'il ne suffit pas que le viCah eL lui-même le principe de son mouvement (ce qui appanie u " quelque manière à tous les corps, dans la théorie de rrcole pu.squiLs sont doués d'activité); mais il faut encore qu' 1 s^ meuve ku-meme, c'est-à-dire qu'il ait en lui-même le principe e le terme de son mouvement. ^

Il rappelle que saint Thomas s'est montré favorable à l'hvpothèse des ra.sons séminales, imaginée par saint Augustin iul cette hypothèse es, équivoque; et il paraît impossibîe d'accord a des germes la faculté de produire, comme agents principaux des etres vivants, si ces germes ne sont pas eux-mêmes vivant substantiellement r/. .ctu pH,noJ et de même espèce que ï e.res dont ,1s sont les principes. On a essayé de justiher ce

sabirs d '' '''""■" '' '"''"''P"'' -"-''^-- Nous

saurions donc souscrire à ce principe de lau.eur : « Tou,es les

formes subs,an,ielles dépendan,es de la matière, âmes de la

n tu elfe H , ""'- '°'^'"' '^"■^ °"^""- ' "^ -«'"•-"

na ure le de la matière ». Cette thèse nous paraît trop favorable

a 1 evolutionnisme.

M. Gardai^r tient aussi pour la succession des âmes végé,a,ive et animale dans la génération humaine. Mais il nous semble qu en supposant que l'àme sensitive anime immédiatement l'embryon on fait une hypothèse plus conforme aux données de la physiologie moderne e, plus conforme aussi, sinon à la lettre du moms a 1 esprit de la doctrine de saint Thomas

Quoi qu'il en soit, toutes ces questions et autres semblables, familières aux philosophes de profession, et qui intéressent

vivement tout esprit réfléchi, sont traitées remarquablement par M. Gardair. La Nature humaine sera lue ou consultée u,i emen par tous. Nous faisons des vœux pour que les ouvrages su vams paraissent prochainement : les Vertus naturelles; leTlois-

^ZZ;Z:::T'-' '^^-^'^— -^ ^^ne séne d'e-fuJe; SI heureusement entreprise et poursuivie Jusqu'à ce Jour.

Ar stotehs et S Thomae Aquinatis quas in Pon.ilicio C.,lieg,o

pn> o.ophiœ.S. theologia^utriusquejuris doctor, editio altéra nota b-luer^auctaetemendata. . vol. i„-8 Ron,e.Ratisbonne, aI:";;;:™

.oT.olZl '^"°'""' P'"-'^""" -^"^ ^^' Lorenzelli, le nonce apostolique récemment envoyé en France, n'est pas seulement un administra.eur de grand mérite en qui Léon XIII amis

occuDé bHÏl "' '^^'\^"^°--« "" philosophe éminent. Il a ifical de 1 r""'"' '' '^''■"^ '^' philosophie au collège ponnfical de la Propagande et publié un cours fort remarquable dont une nouvelle édition a paru naguère ^ '

L ouvrage a obtenu un bref très élogieux de Léon XIII qui en louant la doctrine de l'auteur, sait très bien qu'ell ;5ïs: ..ngue par la profondeur et une conformité parfaite ave la oli

par les quelques points que nous allons signaler.

Dès le début, l'auteur montre que la philosophie, par sa

èrT-'crreir •"' ""' "'^"" universelle de quelqu'e ma! c ,ou,?e "" ^°'"' '^^ """ supérieurqui lui es, propre

colas, o' "' """ '' ' '' "'^°" '"""'"^ "-'' ^"^''colas„ques on, ,ou,ours entendu la philosophie de cette façon

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