X-:;; ""Z- °" ' "^'^^ généralement aujourd'hui prè^n
pe, ode malheureuse, pendant laquelle la pensée en le Repliant
ur elle-même avait oublié son objet et confondu le savoir avec
rale. L idéal, la réalité, la pratique rentrent donc également dans son domaine Telle est même la division traditionneirde philosophie e, l'auteur a bien soin de la maintenir. On y re- .endra ,ou,ours, après des ,en,atives inutiles, quand elles ne son pas dangereuses. Ajoutons, avec l'auteur, que, malgré cet"e d.sttnction nette de ses principales parties e l'exension p"
BIBr.IOGRAPHIE
ainsi dire infinie de son objet, la philosophie est néanmoins formellement z^^z^. C'est ce que plusieurs contemporains ont paru oublier en substituant les sciences philosophiques à la philosophie elle-même; comme si cette science, de même que les sciences sociales, médicales, philologiques, etc., e'taii un groupe de connaissances plutôt qu'une même connaissance indivisible et parfaitement déterminée.
Au sujet des rapports de la philosophie avec la théologie, l'auteur rejette une autre erreur bien plus grave et trop répandue encore de nos jours, savoirque la théologie est indifférente quant aux systèmes philosophiques mis à son service. Il est clair en effet, que tout système philosophique, dans la mesure où il est faux ou incomplet, compromet les vérités naturellesqui servent de préambule à la foi, interprète mal ou sans profondeur suffisante les vérités révélées une fois admises, et ne peut résoudre convenablement toutes les objections élevées contre elles. Il n'est donc pas indifférent de se servir, en théologie, de n'importe quel système philosophique, pourvu qu'il soit spiritualisie, du cartésianisme par exemple. Nous sommescertainement d'accord avec l'auteur en continuant ainsi sa pensée (page 12, note).
Au cours de la logique (p. 55, note), se présente incidemment la question de l'origine du langage. Elle est ramenée fort justement à celle de l'origine de la société, dont le langage est le lien par excellence. Or l'homme est essentiellement un être raisonnable et sociable. La société est donc primitive et, avec elle, la parole, qui d'ailleurs a pu subir ensuite toutes les transformations dont l'histoire des langues nous donne quelque idée.
Au sujet de l'induction, l'auteur marque bien le fondement sur lequel elle s'appuie, qui est la notion de l'essence ou de Tuniversel, saisi dans le fait particulier, avec les principesgénéraux qui en résultent. Toutefois l'induction est regardée comme une annexe du syllogisme et comme sa préparaiion (viaad syU logismum). De même l'auteur n'aborde pas la question du cn- ^er/i/m de vérité de la même manière que le font plusieurs autres scolastiques. La définition qu'il donne de ce critérium ne lui permet pas de le chercherdans l'évidence de l'objet, comme le font par exemple Zigliara et Liberatore, non plus que dans aucune faculté de connaissance, comme le faitSanseverino.il préfère établir que le critérium des vérités démontrables est dans la résolubilité OM la résolution de ces vérités en leurs prémisses ou principes. Quant à l'évidence, elle est le terme du critérium
plu.ô. quele critérium v^ème. Mais ces divergences entre les scolas.iques sont plu.ô. dans la forme que dans le fond. D'après eux. toute certitude se rattache aux premiers principes, qu'on ne saurait révoquer en doute légitimement; non pas que leur vértté sot. une simple nécessité de notre nature, mais dTchosel " '-P--- intelligible de la nature même
En métaphysique, l'auteur traite d'abord des causes, puis de
1 être et de l'essence. Relativement à l'être, il soutient avec beau-
coup de force, la thèse de la distinction réelle de l'essence et de
existence dans es créatures; de même la distinction réelle de
h nature et de la personne. Sur le principe d'individuation
ZUAr^""7u' "" '■'P'"'"^"'' ^'' "^°'"^ scrupuleusemen celu, de samt Thomas. A plus forte raison sa doctrine est-elle celle de toute école concernant les quatre causes : efficiente, hnale, matérielle, formelle. En particulier, les causes finales bien que nous ne puissions toujours les découvrir en détail dans n nature, sont assez évidentes pour que l'on doive conclure à 1 existence d une intelligence souveraine.
Avec la plupart des scolastiques, il rejette toute espèce d'infini acu, dans l'ordre de la quantité, du nombre et de l'étendue Neanmo.ns il pense que Dieu aurait pu créer de quelque mamere ab a-terno, dans le sens qui paraît être celui de S. Thomas ( ,q.46;. Il re,ette le transformisme, avec l'évolutionnisme etne craint pas de le qualifier d'absurde. On voit dès lors là différence de cette attitude et de celle de plusieurs auteurs catho-
r^TVT '" ''''•'"' '" transformisme comme contraire aux faits établis et aux conclusions incontestables de la science ne le regardent pas eomme impossible en lui-même. La métaphys.que est moins accommodante. Plus exigeante, à certains
eCt: l^'i : ''"' '"' "' "^^nmoins supérieure, elle se
erve la solution des questions fondamentales de l'ordre na.u
el sur lesquelles les sciences physiques ne peuvent lui apporter
que des informations. ^
En psychologie, l'auteur n'établit pas avec moins de rigueur
activité des sensations ou plutôt des qualités sensible! que
nous percevons par les sens. C'estainsi qu'il se refuse à regarder
eson comme un stmple mouvement vibratoire. Plusieurs sco-
las ques de notre tempsparaissen, disposés à faire, sur ce point,
l'iZr " '?'""" ""«^«'«"'- Signalons aussi l'opinion de 1 auteur sur le moment de l'animation du corps humain par
BIBI lOGRAPHlE
rame raisonnable : elle n'auraii lieu que lorsque le fœtus aurait été parfaitement organisé sous l'influence des principes végétatif et sensitif qui l'auraient animé d'abord. C'est l'opinion^de saint Thomas. Il est permis peut-être de la modifier en s'éclairant des découvertes des sciences naturelles. L'auteur reconnaît très bien que le siège de l'appétit sensible ou des passions est principalement dans le cerveau, bien que le cœur soit associé merveilleusement aux mouvements passionnels. On peut même dire de quelque manière que l'appétit ou la passion réside secondairement dans tout l'organisme, c'est-à-dire dans tous les organes par lesquels il s'exerce ou dont il se sert.
Notons enfin la sévérité avec laquelle l'auteur condamne l'hypnotisme en général. Sans doute, comme il le remarque très bien, certains phénomènes hypnotiques paraissent naturels en eux-mêmes {per se vidercntur naturales] et peuvent être utiles à la santé ; mais, parce qu'il s'y ajoute certaines conditions d'ordre moral et que certains efifeis ne sont point explicables par les lois physiques et psychologiques, on ne peut regarder l'hypnotisme lui-même comme naturel.
Bref, dans ces deux volumes compacts, qui comprennent toute la philosophie, moins la morale, on pourra étudier la plupart des gravesquestionsagitées parles savantsetles penseurs de notre temps. Mgr Lorenzelli n'est pas moins préoccupé des erreurs contemporaines, qu'il s'applique à réfuter, que des doctrines traditionnelles qu'il expose avec exactitude et profondeur, en citant fréquemment et en interprétant les meilleurs auteurs, en particulier Aristoie et S. Thomas. Son savant manuel est, a à notre connaissance, l'un des plus substantiels que l'on puisse mettre entre les imins d'étudiants d'élite. Il sera lu aussi et médité avec grand profit par les professeurs.
Le Rêve, p ir le D^ Surbled, in-12, 142 p. 1898, 2* éd. Bibliothèque
des sciences psychiques.
On lit avec intérêt cet opuscule consacré à un sujet toujours actuel, bien qu'il ait été mille fois traité aussi bien par les physiologistes que par les philosophes. Déjà étudiée avec profondeur par Aristote, éclairée aujourd'hui par des observations nouvelles et méthodiques, la question du rêve n'en reste pas moins mystérieuse. On a dit que le rêve est un « débris de sensation », un reste des impressions reçues à l'état de veille ; mais
c'es, plus encore e. l'on peut dire, à certains égards, comme le docteur Ttss.e, que Ces. „ la pensée de ThoLe endorm Car le rêve s accompagne plus d'une fois d'intelligence et de conscence : nous ne disons pas de libre arbitre. On ne saurait donc asstgner au rêve un degré bien précis, comme semblera! le promettre ce passage : « Assurément le rêve n'est pas une pensée, du mo.ns une pensée conscente, volontaire, raisonnab le; ma,s ce n'est pas non plus un résidu , (p. 4,. La suite d ailleurs corrige ce passage, s'il en est besoin : « La conscience n est pas entière dans le rêve, mais l'inconscience n'y présid! pas non plus comme plusieurs, l'ont prétendu. C'est un éta, psycho-senstblc que caractérise une demi-conscience, et où .e trouvent étrangement mêlées les idées et les images, .ans que la
Nous ne croyons pas non plus, malgré quelques expressions que 1 auteur assimile i^ assoupissement au rêve ou l'y fasse ren^ trer : 1 assoupi a l'esprit engourdi avec les sens; le rêveur au contraire, peut avoir l'esprit très alerte. Chez le premier' les sens internes sont liés ou commencent a l'être; chez le second Ils sont plus ou moins dégagés. La même différence existe ou à peu près entre la somnolence et le rêve. Au reste, il n'est pas contestable qu'on passe facilement de la somnolence ou de assoupissement au sommeil, et du sommeil au rêve, quelquefois en fort peu de temps. Remarquons encore que l'assoupissenient est graduel, tandis que le réveil est à peu près insfan-
a iTv w'''T "'"'"'^"^"' ^"'- '^^ "^^""es divergences, le rêve a été lobie.d opinions extrêmes et aujourd'hui insoutenables On a du, par exemple (Descartes, etc.), que , ou, sommeil esi un rêve. Mais cette opinion suppose à tort que l'esprit est ffranch, par le sommeil et qu'.l peut penser sans le concour
o,t les sens exteneurs, soit surtout les sens intérieurs (imaginai on.mémoire,etc.),sans lesquels il n'y a pas de pensée possible, ni de rêve par conséquent.
JoZtT '^"' '''"?"'■ '"'""' P" '"'^"^ distinguer le sommeil P o ond du sommeil complet. Le premier n'est pas incompa-
ve ' J« -r •■ °" '' """ P^^ '^ cauchemar, dans lequef le peur est difficilement arraché aux illusions qui l'épouvan.en, Il est évident que ses sens internes sont alors en activité, tandis
que les sens externes sont profondément endormis et fermés obstinément aux objets extérieurs.
Les rêves offrent Ja plus grande variété selon l'âge du sujet son tempérament, son genre de vie, ses préoccupations momentanées ou habituelles. Tel ne rêve jamais, pour ainsi dire; tel autre, au contraire, mène comme deux vies qui s'entre*croisent perpétuellement : celle de Tillusion et celle de la réalité; et il ne sait pas toujours à laquelle des deux il faut attribuer certaines réminiscences.
La durée des rêves fait aussi Tobjet de plus d'un doute. Après d'autres observateurs, M. Surbled constate que certains rêves qui avaient paru très longs, s'étaient déroulés en quelques instants. Mais ces faits, croyons-nous, ont leur contre partie : tels rêves qui ont duré longtemps paraissent courts dans l'impression et le souvenir qu'ils ont laissés. '^
Au sujet de la physiologie du rêve, M. Surbled s'appuie sur les travaux remarquables du docteur Duret, professeur à la Faculté catholique de médecine de Lille. Ce savant a démontré que le cerveau est arrosé par deux systèmes d'artères bien distincts : l'un qui se répand à la surface ou dans les premières couches de l'organe; l'autre qui arrose les parties profondes et centrales. Or il paraît que l'anémie qui accompagne d'ordinaire le sommeil se produit dans les couches superficielles de l'organe, celles qui président à la vie de relation ; mais on ne peut dire qu'elle se produit dans les couches centrales, siège des sens internes, qui agissent dans le rêve. De là, deux opinions contraires, qui ont chacune leur part de vérité, les uns attribuant le sommeil à une anémie cérébrale, les autres affirmant que le sommeil est accompagné de congestion. Mais, sans parkr de la distinction si opportunément fournie par le docteur Duret, il paraît bien que le sommeil peut provenir de deux causes physiologiques opposées entre elles : l'anémie et la congestion. Car l'un et l'autre excès empêchent également le fonctionnement organique nécessaire à l'état de veille. On ne saurait, par exemple, attribuer à une même cause physiologique le sommeil de la syncope et celui de l'apoplexie.
M. Surbled s'applique ensuite à réfuter l'opinion du docteur Tissié qui, pour expliquer le rêve, suppose deux moi : l'un splanchnique et l'autre sensoriel : « En vérité, il n'yaqu'«/z îuoi, qu'une mémoire et qu'un encéphale pour présidera l'organisation des rêves. La conscience est affaiblie pendant la somno-
BIBLIOGRAPHIE ^gj
lence (disons le rêve) mais jamais éteinte : elle suit les différentes phases du drame morphéique, bien mieux elle y prend activement part... » (p. 60). Mais pourquoi conclure, sans autre explication, que « la veille seule comporte la raison et la volonté.^ ), Disons plutôt que la veille seule comporte le discernement ou la critique, avec le libre arbitre. D'ailleurs, M. Surbled reconnaît très bien, au dernier chapitre, la part de l'esprit dans le rêve : « Le rêve, dit-il, ne se résume pas, comme l'affirment les matérialistes et comme tendent à croire les esprits irréfléchis, dans de vaines et inconsistantes sensations : il comprend encore et surtout l'exercice des différentes facultés psychiques, il associe et combine des idées de toute nature et manifeste nettement, à sa manière, l'activité de l'esprit. Sans doute... d'ordinaire la raison manque aux déductions morphéiques; mais il ne faut pas signaler les imperfections incontestables du rêve sans marquer à côté, et comme nécessaire correctif, ses merveilleuses opérations » (pp. i35.6). Et plus loin : « Il est temps de dire les qualités remarquables qui rattachent le rêve à l'ordre psychique. Ce n'est pas un chaos d'images rapides et confuses, c'est une combinaison d'images et d'idées qui s'agencent et se déroulent souvent avec ordre, qu'on suit avec facilité et intérêt : l'esprit humain s'y révèle avec ses incomparables ressources. C'est surtout le matin que l'intelligence est le mieux ouverte et que la suite des rêves est plus grande » (p. i38).
Dans le chapitre v et les suivants, l'auteur établit contre le docteur Tissié la disiinction absolue de la veille et du rêve puis, contre MM. Farges et Fonsegrive, la distinction de l'hallu' cination et du rêve. Sans vouloir confondre ces deux choses nous remarquerons cependant que la transition de l'une à 1 autre est parfois insensible, lorsque,par exemple, à U tin d'un rêve, l'esprit se rend compte qu'il est la dupe de l'illusion des sens sans parvenir encore à la dissiper. Il peut arriver aussi que les illusions provoquées d'abord par l'esprit deviennent insensiblement des rêves et que ceux-ci continuent ainsi, de quelque manière, la pensée de l'état de veille. Nous ne dirons donc pas, sans réserve, que « l'imagination est la seule ordonnatrice, la véritable ouvrière du rêve; elle le conçoit, l'agence et le développe. . » (p. 148).
Mais il serait injuste d'exagérer ces critiques. En somme, et maigre des dissentiments de détail, cet opuscule nous paraît
apporter une contribution très utile à l'étude du rêve et nous en remercions sincèrement l'auteur.
Doctrines et problèmes, par le Père Lucien Rouré, S. J., in-S, 326 pp. Paris, Retaux, 1900.
Les philosophes de profession et, avec eux, tous ceux qui ont le goût des études sérieuses et la curiosité de suivre le mouvement philosophique contemporain, liront avec plaisir l'ouvrage du R. P. Roure : Doctrines et problèmes.
Les divers chapitres qui le composent ont paru d'abord dans les Etudes et c'est une garantie nouvelle de leur valeur et de leur actualité. A propos des ouvrages récents les plus remarqués, publiés par des philosophes de toutes les écoles, l'auteur expose, discute, critique avec une rare compétence toutes les théories nouvelles ou qu'on a tenté de rajeunir. 11 va sans dire qu'il lui était impossible de tout embrasser dans le cadre d'un seul volume. Mais on nous fait espérer une suite. Déjà ce premier volume contient des études approfondies sur maintes questions à Tordre du jour: positivisme et évolutionnisme, crilicisme, monisme, prétendues altérations de la personnalité, races et nationalités, etc.
Loin de se cantonner dans la métaphysique, le R. P. Roure suit les auteurs qu'il critique sur tous les terrains, et son ouvrage montre ainsi les rapports étroits de la philosophie avec toutes les connaissances. C'est par centaines que l'on compterait les philosophes et les ouvrages étudiés ou cités dans ce volume, qui suppose d'immenses lectures. Il exige, en outre; un esprit largement ouvert aux idées nouvelles et une critique toujours en éveil. C'est par des travaux comme celui-ci que la philosophie chrétienne établit sa supériorité sur ses rivales. Aussi en appelons-nous de tous nos vœux la continuation.
Les trois formes du surnaturel : le miracle, la révélation et la grâce par Pierre Vallet, P. S. S., professeur d'Ecriture sainte au gra id-séminaire de Clermont-F^errand, in- 12, 64 p.
Dieu, principe de la loi morale, par le même, in-12. 64 p., Paris 1900, Bloud et Barrai.
La collection Science et religion, publiée parla maison Bloud et Barrai, vient de s'enrichir de deux opuscules dûs à M. Vallet, si avantageusement connu par ses ouvrages philosophiques, qui
ont si efficacement contribué depuis plus de vinat .«c
des études dans les séminaires. ^ "' '" ^'^^'^^
L Le premier opuscule traite du surnaturel : miracle révéla non et grâce; et nous remarquerons surtout la prem '; part L auteur regarde le naturalisme ou rationalisme comme Tw reur moderne par excellence « ; et c'est justice. 11 nTfaut pas oublier cependant que le pélagianisme, si vivement combat u par saint Augustin, r.e cessa de persister à l'état la entmJme dans es pus beaux siècles de foi. N'oublions pas non p^usl rentrée éclatante du naturalisme dans le monde^es let^es ' des arts a l'époque de la Renaissance. Néanmoins le r^ona isme proprement dit n'a trouvé sa complète expression qu dan lesder rs.emps, avec les Kant, les Cousin, les Renr et" On tacha de ramener philosophiquement tout l'ordre s^rna turel à celui de la raison et de la nature- et même îl r!. T dans le monde officiel de la science ..U^^ToV^^^^^^^^^^^^ les phénomènes réputés miraculeux ou préternaturelsS'éare^ que des inventions de l'imagination et de la crédul té Cette a itude fur longtemps cell. des incrédules du xix« siècle • mi. elle s'est modihée beaucoup dans les dernières annÏÏ
La plupart d'entre eux admettent aujourd'hui la ré^lîr^ A nombre de f.its que l'on ne peut attribuer à la ture "mL à leur cause principale; mais leur rationalisme ne rend poLt pour cela les armes, et ils s'évertuent à trouver des causes Ze mentp ysiques à ces phénomènes. Songez donc les fo"! naturelles sont encore si peu connues et fi mystérieuse^^ a science ne fatr que d'entrer dans sa carrière, trop long^^^^^^^^ mée par des préjugés métaphysiques, et nul ne peuf saX o^i elle nous conduira. Les découvertes récentes deT é /.r ^phie sans hl, d^'s rayons Rœntgen, de la photographie et ouvr^^^^ des perspectives sans lin et nous permettent des spïra^ces^^^^^^^
z: ; ^ap7eMr"fl:;d ^^ '-'''- -pe^imentat^urrrurr;
sensibilité, rtCetc """"^ ^^ ^^"^' d'extérioriser la
Nous aui-ions aimé à voir l'auteur ainsi élargir son suiet et
le champ de son étude ; mais les étroites limites Zuel le
était condamne ne le lui permettaient pas. Il montre 'té b en
possibilité du miracle proprement dit, qui se distingu plr.
aitement du merveilleux scientifique Jjà connu ou epé//
comme aussi des prestiges diaboliques. Dieu, dit-il estlelt;
des lois de la nature. Ces lois, que nos incréd;ii7eg:rrie"
SgO BIBLIOGRAPHIE
autrefois comme absolues, fatales, disons même irrésistibles sont regardées maintenant par plusieurs comme contingentes* et il est évident que, dans cette dernière hypothèse, le miracle s'explique de la manière la plus facile, comme une dérogation ou une exception. Mais on peut dire aussi qu'alors même que les lois découleraient toutes et nécessairement de l'essence des choses, Dieu pourrait toujours empêcher leurs effets ou en disposer tout autrement en dirigeant d'une manière supérieure les forces naturelles. C'est ainsi que les lois et les forces de la vie, en se superposant au règne inorganique, empêchent certains effets et en produisent de nouveaux et d'inattendus ; l'oiseau s'élève dans les airs alors que la pesanteur l'attirerait plutôt en bas ; et cependant la force de la pesanteur n'est pas suspendue et la loi de la pesanteur ne souffre pas d'exception. De même toute la nature considérée par rapport à Dieu est en puissance passive, pour ainsi dire, à toutes sortes d'effets miraculeux, qui ne sont pas précisément en contradiction avec les lois naturelles qu'ils dépassent. Mais il est évident que cette explication n'annule pas les autres.
Dans la deuxième partie, l'auteur explique brièvement la nature et la possibilité de la révélation ; il montre que le mystère, malgré ses obscurités, n'est pas inintelligible. La troisième partie est consacrée à la grâce et, dans la quatrième, l'existence du surnaturel est démontrée. L'auteur insiste particulièrement 'sur la divinité des livres saints et le caractère miraculeux de l'existence de l'Eglise.
1 1. Le second opuscule est divisé en deux parties, dont la première traite de la nature de la loi morale. Celte loi est universelle, absolue ; elle ne repose pas sur le sentiment ni sur l'utilité bien qu'elle n'exclue pas de sa nature, certes, le sentiment ni l'utilité. L'auteur réfute donc la morale utilitaire, la morale du plaisir et des passions, pour établir la morale de la vertu et du devoir, entendus au sens chrétien : « le bien c'est ce qui est conforme à la raison et achemine l'homme vers sa fin dernière. »
La seconde partie est consacrée à la réfutation de la morale indépendante, considérée dans ses divers systèmes. Toute morale indépendante est condamnée par l'histoire, par l'insuffisance de ses principes et surtout par ses fruits : « il n'y a pas de morale sans l'idée de Dieu ». On ne le voit quetrop de nos jours, où des savants et des pédagogues sectaires ou égarés ont tenté d'élever une morale sur des bases purement scientifiques, à l'ex-
BIBLIOGRAPHIE Bgi
clusion de toute idée religieuse : cette science a fait faillite, parce qu'elle sortait de son domaine et empiétait sur celui delà conscience et de la métaphysique. Celle-ci, avec la théodicée, est la partie culminante de la morale : elle en est aussi l'une des bases indispensables.
Toutefois, il faut bien le remarquer, pour éviter plus d'un malentendu, si la morale comme science ne peut passe constituer logiquement et d'une façon un peu complète sans l'idée de Dieu et sans religion, il n'en est pas de même des principes propres et tout à tait premiers de la morale : ils sont évidents par eux-mêmes ; ils éclairent la raison et la conscience avant même que l'existence de Dieu ait été formellement démontrée; on peut ainsi en tirer une excellente démonstration de cette existence. Tels sont ces principes : il faut faire le bien et fuir le mal ; il laut honorer ses parents, n'être point ingrat, etc. Mais il est évident, d'autre pan, que ces principes ne portent leurs fruits et ne sont eux-mêmes à l'abri d'un scepticisme subtil ou d'un empirisme grossier que si on les fortifie par la vérité religieuse ; ils ne s'expliquent même convenablement que si l'on met en évidence l'existence de Dieu qu'ils impliquent. La morale neutre cette prétendue morale qui devait réunir tous les honnêtes gens indépendamment de tout dogme et de toute croyance en Dieu, est donc une chimère. C'est aussi une monstruosité; et il faut reconnaître que l'athéisme est profondément immoral, bien que des athées se rencorarent qui ne sont point dépourvus de l'honnêteté telle que le monde la définit. Savent-ils bien d'ailleursque la meilleure partie d'eux-mêmes leur vient encore de l'idée religieuse et chrétienne, qui a créé cette moralité publique, qu'ils se fiattentpeut-êtred'incarnerenleurpersonneàun degrésupérieur? Quoi qu'il en soit de ces exceptions, qui semblent se faire d'autant plus rares que l'athéisme se répand davantage, l'athéisme populaire est fatalement immoral : il pervertit les masses. Chercher à l'imposer par la législation, desprogrammesd'enseignement et des systèmes d'éducation, c'est donc un crime de lèsepatrie en même temps que d'impiété. Laissez donc à la morale ce principe indispensable, le mieux compris, le plus efficace et le plus doux : a Qui donnera à l'homme la force dont il a besoin po^ur ne pas défaillir dans le rude sentier du devoir? Celui-là même qui édicté la loi et crée l'obligation. Laissez au juste et au faible l'image bénie du Père qui est au ciel. Cette pensée les aidera à vaincre le mal et à demeurer fidèles au parti de la vertu. »
Institutiones philosophiœ moralis etsocialis, quas in Colle.o T''T. Lovanensi Societatis Jesu tradebat A. Castklein, S J gd in.8 de 662 p. - Bruxelles. Société belge de librairie, ig^o *
Le même, eduto minor. gd in-8 de 372 p.
Dans ces deux ouvrages, dont le second n'est que l'abrégé du premier, Je R. P. Castelein expose la doctrine catholique sur la morale en général et la morale sociale en particulier, celle-ci trop peu connue encore et qui mérite autant que Tautre d'être vulgarisée. Mais il va sans dire qu'il ne se borne pas aux conclusions incontestables et défend, à l'occasion, les opinions controversées qui lui semblent les plus justes. Quelques-unes soulèveront parfois des oppositions qui peuvent paraître bien fondées.
Le R. P. Castelein établira difficilement, par exemple, que la plupart des meilleurs scolasiiques se sont trompés, à la suite d Aristote, en affirmant que le principe formel de l'honnête est a conformité des actes avec la droite raison, ayant ici en vue la raison en tant qu'elle s'applique à la conduite pour la gouverner et qu'elle prend le nom de conscience. Car il est bien évident que Dieu, en créant l'homme, a dû imprimer dans son ame la loi morale ou de la conscience.
Il n'est pas moins évident ensuite que cette loi naturelle a elle-même sa source en Dieu, dans la loi éternelle, et qu'elle serait illusoire sans ce principe objectif et absolu. L'homme, en effet, ne peut pas s'obliger lui-même en ce sens qu'il trouve en lui-même la raison dernière de ses devoirs. Mais il peut entendre la voix, les ordres, et \es directions essentielles de sa conscience, sans connaître encore distinctement le vrai Dieu, d'où elles émanent ; on peut même avoir sur la divinité et ses intentions à notre égard les idées les plus fausses et entendre néanmoins distinctement les principaux préceptes de la loi naturelle. N allons donc pas chercher la règle formelle de la moralité d abord en Dieu, mais plutôt dans la droite raison et la conscience, qui sont le moyen par lequel la vérité et la volonté divine nous sont d'abord manifestées. Sans doute l'idée de Dieu et de sa loi ne peut être étrangère aux principes mêmes de la morale ; mais il suffit qu'elle y soit implicitement. Les principes propres de la morale ne sont point ceux de la théodicée, bien que la morale ne puisse se constituer sansla théodicée.Disons même
que les premiersprincipesdelamorale, évidents par eux-mêmes, prouvent l'existence de Dieu et de ses attributs, plutôt queceux-
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ci ne prouvent les principes de la morale ; et il est très heureux que les principes de la morale subsistent dans la conscience alors même que les conclusions de la théodicée sont ignorées ou niées, peut-être effrontément. Il y aurait un vrai danger à paraître le contester ou à exagérer de quelque autre manière la dépendance de la morale par rapport à la théodicée.
Dans les questions de morale sociale, telles que celles de la propriété, du travail, l'auteur s'est appliqué à réfuter également les excès opposés, le despotisme et le libéralisme économique. Peut-être n'accorde-t-il pas assez d'initiative et d'influence au pouvoir social. Celui-ci, en effet, ne doit pas seulement apporter son concours, il doit maintenir et souvent même imprimer une certaine direction, qui doit s'harmoniser, il est vrai, avec les initiatives légitimes des individus et des sociétés particulières.
On ne peut qu'approuver l'auteur quand il établit que le luxe est non seulement contraire aux principes del'ordre moral, mais encore à ceux de l'ordre économique. 11 aurait même pu montrer mieux encore les rapports étroits de la morale et de l'économie politique, qui lui est essentiellement subordonnée; caril n'y a pas de science sociale qui ne soit fondée surla morale. Gardons-nous bien de dire que l'économie politique est indépendante ou à côté de la morale; car elle en dépend par ses principes les plus nécessaires et doit y rentrer par toutes ses conclusions. Le nier ou le méconnaître en pratique, c'est se condamner à des difficultés insolubles et se mettre dans l'impossibilité de prévenir ou de corriger les abus les plus criminels. Les économistes libéraux ont attribué au jeu des lois naturelles bien des maux qui sont surtout l'effet de l'ignorance de la morale sociale et de la manière inconsciente dont elle est outragée.
Peut-être aussi que l'auteur ne se montre pas assez sévère envers le capitalisme. C'est à celui-ci que nous devons cette domination universelle de l'argent, incompatible avec le règne de la justice et l'observation des préceptes évangéliques. Il est vrai que l'auteur écrit en Belgique et non pas en France.
On pourrait aussi exprimer quelques réserves ou ajouter quelques observations au sujet du juste salaire, de l'origine du pouvoir, etc., etc. Mais il est impossible de soulever ici tant de graves et délicates questions. Nous avons essayé du moins, par ce bref compte-rendu, de montrer combien cet ouvrage mérite d'être lu et étudié.