LA PHILOSOPHIE DE M. DURAND DE GROS
rimentateurs consciencieux à ne plus se contenter d'alléguer pour explication de ces phénomènes les actes re'flexes et autres causes purement physiologiques : de'cidément il faut recourir à des causes supérieures. Bref, il y a des esprits. Seulement ces esprits ne sauraient être des pioi humains, des personnes humaines en voie de transformation, comme le prétendent les adeptes du spiritisme : la nature de l'homme et sa personnalité ne le comportent pas. Il est curieux néanmoins de voir comment une science qui cherche à s'affranchir des croyanceschrétiennes est amenée précisément sur les confins des pratiques les plus extraordinaires et, disons même, les plus superstitieuses. Car l'hypnotisme et l'occultisme auquel il se lie avec tant de facilité induisent à créer une religion fausse, une espèce de necrolâtrie, analogue à celle que M. Durand place à l'origine des sociétés.
Nous terminerons là cette analyse critique. Tout en rendant hommage à la curiosité scientifique de l'auteur et au caractère inventif qui distingue ses travaux, nous sommes obligé de constater combien la philosophie qui répudie la foi chrétienne est réduite aux contradictions et à l'impuissance. Elle se meut dans un cercle fatal où des vérités particulières alternent avec de graves erreurs ; elle ne parvient jamais à désagréger les unes des autres. M. Durand a défendu un certain nombre de vérités contre des adversaires de marque, mais il n'a pu en former un système; car, de son propre aveu, ses conclusions sur les sujets les plus graves ne sont que des hypothèses.