L. HI, C
HÉRACLITE. 168 «tre dans les écrits d'Héraclite, parce qu’on « né sait si tel mot se rapporte à ce qui pré- « cède ou à ce qui suit, comme, par exem- «ple, lorsqu’au début de son livre, il dit :
€ Τοῦ λόγου τοῦ δ᾽ ἑοντὸς ἀει ἀξύνετοι ἄνθρωποι γένονται. p «On ne sait à quoi rapporter ce mot à. »
Héraclide du Pont, auteur présumé d’un livre connu sous le nom d’A{llégories homériques , reproche aussi à Héraclite son obscurité ‘et l’accuse d’envelopper sa pensée de formes symboliques : Ὁ γοῦν σκοτεινὸς Ἥρακλειτος ἀσαφῆ και διὰ συμθδόλων εἰκαξεσθαι δυνάμενα θεολαγεῖτὰα φύσίχα À. Diogène de Laëérte, déjà mentionné à cet égard, rapporte l’épigramme de Timon le sillographe : Ἠρακλεῖτος αἰνικτῆς, Héraclite le faiseur d’énigmes. Cicéron, également mentionné plus haut, s'exprime ainsi dans son De finibus, en s’adressant à l’épicurien .Lucius Manlius Torquatus, en présence de C. Valérius Triarius: « Et tamen vide, ne si ego non intelligam, quid
« Epicurus loquatur, quià græcë, ut videor, lucu-
: Ex libro de allegoriis Homericis qui sub Héraclidis, pontici nominis editus est.
164 HÉRACLITS.
« lenterscian , sit αἰὐφιεα culpaejus quitta σφι» « uwtnon intelligatur. Quodduohuamodis sine ree prehensione fit. Si aut de industrif facias, ut « Heraclitus, cagnomentaquicxvuscperkibetur, « quid de natur4 nimis obscuré memprauit , aut « quümrerum obscuritas, non verborum, faait ut « non, infelligatur oratio, qualis est in T'imæo « Rilatonis 4. » Enfin, Dipgène de Laérte, dont nous irvoquons pour la troisième fois en, ce même point le témoignage, raconte qu'Euripide ayant envoyé à Socrate le livre d'Héraclite, sur la IVature, περι φυσίως, le maître de Platon, avec cette bonhomie un peu caustique qu'il portait en toutes ses relations sociales, répondit que ce qu’il en avait compris lui avait paru très bon, et qu’il aimait à croire quil.en était de même de ce qu'il n'avait pu comprendre: « Α΄ μὲν συνῆχα, γενναῖα" οἶμαι δὲ καὶ ἃ μὴ συνῆκα ἢ» .Héraclite déposa son livre dans le temple -d’Artémis. Sa conviction, ou peutêtre sa présomption, était telle, que, au rap-
‘ De Finibus bonorum et malorum, L. IL, Ὁ, 5.
RÉRACLITE. 4165 port d’Aristote , il ajoutait le même degré de confiance à ce qu’il conjecturait, que d’autres à ce qu'ils savaient. « “Ἔνιοι δὲ πιστεύουσιν οὐδεν € ἧττον οἷς δοξάζουσιν % ἕτεροι οἷς émiaruvrat. An- «λοε δὲ Ἡράκλειτος !. » Plus tard, sa doctrine fut exposée par plusieurs philosophes, entre autres par Antisthène, par Héraclide de Pont, par Sphorus le Stoicien, par Pausenias, qui reçut de là, le nom d'Héracléipiste, par Nicomède, par Denys et par le grammairien Diodote. Sur plusieurs points de sa doctrine, Héraclite fit école en Grèce. Platon, Œnésidème, les Stoiciens, firent des emprunts à son système, et son livre fut une source à laquelle puisèrent plusieurs sectes philosophiques , postérieures à lui et à Socrate *.
t Arist. Éthic. ad Nicom, L. VII, 6. ὅ.
: Ce mémoire sur Héraclite a été lu, en 1889, devant l'Académie des sciences morales et politiques,