PAR
M. C. MALLET
ANCIEN ÉLÈVE DE L'ÉCOLE NORMALE, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIK AU COLLÉGE ROYAL DE SAINT-LOUIS
PARIS
Ve MAIRE-NYON, LIBRAIRE AMYOT , LIBRAIRE QUAI CONTI, 13 RUE DE LA PAIX, 6 LADRANGE, LIBRAIRE DELALAIN , LIBRAIRE QUAI DES AUGUSTINS, 19 AUE DES MATHURINS-ST-JACQUES, 5
PRÉFACE
Je poursuis, dans ce livre, la tâche que j'ai entreprise de retracer l’histoire de quelquesunes d'entre les vieilles écoles grecques.
Cette étude sur la philosophie mégarique vient ainsi naturellement se joindre a mes travaux antérieurs sur Protagoras, sur Pyrrhon, sur Épicure, sur les philosophes ioniens. |
Je n’entreprends ici ni la condamnation, ni la réhabilitation de l’école de Mégare.
Ceux qui ont tenté l’une ou l’autre, comme Bayle ou Spalding, n'ont obtenu ni de leurs contemporains, ni de la postérité, la confirmation de leur arrêt. Un historien de
Ja philosophie peut, en un sens défavorable
ij PRÉFACE.
ou propice, porter sur tel homme ou sur telle école un jugement passionné; mais un semblable jugement est condamné à demeurer sans écho. Dans la eritique philosophique, comme ailleurs, les sympathies ne sont acquises qu’à l’impartialité.
La méthode que j'ai suivie déjà dans mon Histoire de la Philosophie Zonienne, m'a paru également applicable à cette nouvelle publication. Îci encore j'ai adopté pour plan une série de monographies, précédées d’une introduction générale, cherchant ainsi à concilier l'aperçu synthétique de l’ensemble avec l'exposé analytique des détails.
Indépendamment des documents qui nous sont fournis par l’antiquité, et qu’onrencontre épars dans Platon, dans Aristote, dans Diogène de Laërte, dans Sextus, dans Plutarque, dans Eusèbe, dans Athénée, dans Cicéron, dans Aulu-Gelle, j'ai ἀὰ m’entourer des
principaux travaux publiés plus récemment,
PRÉFACE. ïi] et surtout en Allemagne, sur la philosophie mégarique. L’'excellent travail de M. Deycks m'a été surtout d’un très-utile et puissant secours. Toutefois, je:me suis imposé la loi dene faire de mon livre ni un commentaire, ni surtout une reproduction de la dissertation de ce savant critique. J'ai voulu exposer les doctrines des Mégariques d’après mes propres recherches, et apprécier ces doctrines d’après mes propres impressions.
. Aussi, ai-je proposé, sur plusieurs points importants de cette philosophie, des solutions tout à fait différentes de celles que les travaux de Schleiermacher et de Deycks ont accréditées en Allemagne, et que l'autorité attachée au nom de ces grands critiques ont fait adopter chez nous.
L'histoire d’une école philasophique dont tous les travaux ont péri, offre toujours de graves difficultés. Mais peut-être ces diff-
cultés augmentent -elles encore quand il
iv PRÉFACE.
s'agit d’une philosophie contentieuse et subtile, comme fut celle de Mégare. Ce serait mon excuse, j'espère, auprès de ceux qui jugeraient qu'il reste, en ce travail, des
points à compléter ou à éclaircir.