‹ Mélanges philosophiquesChapitre 28 sur 88 · Euclides Megareus. (Acad., IT · texte numérisé non relu

Euclides Megareus. (Acad., IT

ὁ Euclides Megarensis. (in ν, Euclid.)

si, dans la pensée de ces écrivains, de telles expressions ne signifient pas plutôt un lieu de résidence qu’un lieu de naissance; et, fussent-élles tout à fait affirmatives en ce dernier sens, elles ne sauraient renfermer une raison décisive pour la solution péremptoire de la question, attendu que ce témoignage est hien tardif, et que, antérieurement à Cicéron, c’est-à-dire à une époque où il était moins difficile de connaître la patrie d’Euclide, aucune solution formelle n’avait été apporlée sur ce point. Faut-il, avec Brucker, conjecturer qu'Euclide naquit à Mégare d’une famille de Géla? Cette conjecture peut avoir sa part de probabilité; mais, encore une fois, rien de décisif né saurait être établi sur ce point ; et, Géla ou Mégare, la patrie d'Euclide nous paraît ne pouvoir être déterminée avec certitude.

Il en est de même de l’époque précise de la paissance de ce philosophe. Disciple de Socrate, ainsi qu'il sera établi dans ce qui va suivre, il devait être moins âgé que son maître. Toutefois, il est très-probable qu'il était moins jeune que Platon et la plupart des disciples de Socrate; de telle sorte que, pour époque de sa naissance, on pourrait, sans de graves chances d'erreur, prendre une moyenne entre celle de Socrate et celle

1 Hist. crit. philos., τ. NT.

de Platon, et la rapporter approximalivement aux dernières années de la Lxxxri* olympiade, environ l’an 450 avant notre ére ; et de même pour l’époque de sa mort qui, d'après ces bases, aurait eu lieu vers l’année 374, c'est-à-dire vers la troisième année de l’olympiade cr. On peut donc estimer avec Tenpemann‘ que ce philosophe florissait vers le commencement de la Lxxxv° olympiade, vers l’an 400 environ avant notre ère, c’est-à-dire à l’époque de la mort de Socrate et à la retraite de ses disciples à Mégare.

Pour bien comprendre la philosophie d’'Euclide, il faut savoir reconnaître en lui le disciple tout à la fois de l’école éléatique et de Socrate. Lorsqu'en parlant de l'école de Mégare, Cicéτου la fait descendre de l’école d’Élée, en leur donnant pour père commun Xénophane, c’est, H est vrai, aux Mépariques en général qu'il attribue cette origine et cette dépendance, mais Eaclide s’y trouve compris et spécialement désigné. Nous avons d’ailleurs, et en ce qui concerne particulièrement Euclide, le témoignage formel

1 Hist. de la philos., tables chronologiques.

3. Acad., 11, 42: « Megaricorum fuit nobilis discipliva, cujus, ui scriptum video, princeps Xenophanes. Deiude eum secuti Parmenides et Zeno ; itaque ab his Eleatici nominabantur. Post, Euclides, Socratis discipulus, Megareus, a quo iiden illi Megarici dicti. »

EUCLIDE. 5 de Diogène de Laërte, qui dit que ce philosophe avait étudié la doctrine dé Parménide, τὰ Παρμενί-ϑεια μετεχειρίζετο *. D'autre part, il est établi pär des témoignages non moins positifs, que le fondateur de l’école de Mégare fut l’un des disciples de Socrate. Il existe dans Aulu-Gelle une traduction, dont nous n’oserions pas garantir la vérité quant aux détails, mais qui, adoptée en ce qu’elle contient de fondamental et d’essentiel, peut être invoquée pour établir la parenté philosophique qui existait entre Socrate et Euclide. Les Athéniens avaient défendu, sous peine capitale, à tout citoyen de Mégare, de mettre le pied dans Athènes. Nonobstant ce décret, Euclide venait chaque soir, sous un costume de femme, pour entendre Socrate, et repartait avant le jour pour Mégare, sous les mêmes habits, parcourant ainsi un espace de’‘plus de vingt mille pas’. Ce |

1 L. II, ἐπ Euclid.

? Voici le passage entier d’Aulu-Gelle : « Philosophus Taurus, vir memoria nostra in disciplina platonica celebratus, cum aliis bonis multis salubribusque exemplis hortabatur ad philosophiam capessendam, tum vel maxime ista re animos juvenum expergebat Euclidem quam dicebat Socraticum factitavisse : Decreto, inquit, suo Athenienses caverant ut qui Megareus civis esset, si intulisset Athenas pedem, prehensus esset, ut ea res ei homini capitalis esset ; tanto Athenienses , inquit , odio flagrabant finitimorum hominum megarensium. Tum Euclides, qui in diem Megaris csset quique etiam ante id decrelum et esse Athenis et au-

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