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CHAPITRE PREMIER

La premièré période de la philosophie grecque, c’est-à-dire cette époque qui s'étend de la naissance de cette philosophié à la révolution opérée par Socrate, fut marquée par l’apparition de plusieurs grandes écoles, parmi lesquelles le premier rang dans l’ordre chronologique, et le second dans l’ordre d'importance des

travaux, est acquis à la philosophie ionienne.

Lorsqu'on entreprend-aujourd’hui de retra-

cer l’histoire de cette philosophie, on est frappé de la destruction qu'ont exercée les siècles sur les monuments qu’elle avait produits. La plupart des Îoniens, tous même, si l’on en excepte Thalès, avaient laissé des travaux écrits. À peine en reste-t-il aujourd’hui quelques lambeaux. Que sont devenus les ouvrages de Diogène d'Apollonie et d’Anaxagore, que Simplicius lisait encore au VI.*° siècle? Ou sont les écrits d'Héraclite, que Platon avait si avidement étudiés, et que le philosophe d’Éphèse avait déposés dans le temple d’Artémis, comme s’il eût voulu les placer sous l’éternelle protection de la puissante déesse ? À l’exception d’un fragment d'Héraclite sur le criterium du vrai, conservé dans Sextus-Empiricus ‘, et de quelques apophthegmes du même philosophe, reproduits dans les travaux de Diogène de Laërte, de Plutarque, de Stobée ; à l'exception encore de quelques passages d’Anaxagore ?,

* Voir, plus loin, notre dissertation sur Héraclite.

? Plusieurs de ces passages se réduisent à une ligne ou deux; d'autres à trois ou quatre mots seulement. —Voir notre dissertation sur Anaxagore, et les notes à la fin du volume.

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