‹ Mélanges philosophiquesChapitre 64 sur 88 · ΓΤ, VI · texte numérisé non relu

ΓΤ, VI

ἡ Πεμφθεὶς δὲ φρουρὸς à Μενέδημος ὑπὸ τῶν ἐρετριέων εἰς Μέγαρα, ἀνῆλθεν εἰς ἀχαδημίαν πρὸς Πλάτωνα, xai θηραθεὶς χατέ-- " λιπε τὴν στρατείαν. (Diog. L., 1. VI.)

478 ÉCOLE D'ÉRÉTRIE.

proximité des deux villes. Ménédème commença donc par être l’un des disciples de la première Académie. Mais bientôt, s’il faut en croire le récit de Diogène de Laërte, il se vit détourné de cette école par Asclépiade de Phlionte', qui le retint à Mégare, où tous deux s’attachèrent à Stilpon*, Ménédème devint ainsi l’un des sectateurs du méparisme. La première époque de son éducation philosophique avait appartenu à l'Académie; la seconde à l'école de Mégare; la troisième devait appartenir à l’école d'Élis. En effet, Diogène de Laërte ajoute que, de Mépare, Asclépiade et Ménédème passèrent à Élis, où ils se réunirent à Æchipylle et à Moschus, deux disciples de Phædon, dont les sectateurs s’appelaient alors encore éléens, mais devaient, dans la suite, être appelés érétriens, du nom d’Érétrie, patrie de Ménédème”?. Ce fut à cette époque que Ménédème, de disciple qu’il avait été jus-

1 Ville de la Phliasie. La Phliasie était un canton de la Sycionie, et formait un petit état indépendant.

2 ἀσχληπιάδου δὲ τοῦ Φλιασίον περισπάσαντος αὐτόν, ἐγένετο ἐν Μεγάροις παρὰ Στίλπωνα, οὔπερ ἀμφότεροι διήχουσαν. (Diog. L., 1. 11, ἢ Menedem.)

8 Κάντευθεν πλεύσαντες εἰς ἥλιν, Αἰχιπύλῳ καὶ Μόσχῳ, τοῖς ἀπὸ Φαίδωνος παρέθαλον " οἱ μέχρι μὲν τούτων (ὡς προείρηται ἐν τῷ περὶ ΦαίδωνοςῚ Ἡλειαχοὶ προσηγορεύοντο" ἐρετριχοὶ δὲ ἐχλήθησαν ἀπὸ τῆς πατρίδος τοῦ περὶ οὗ λόγος. (Diog. L., 1. ET, ἐν Menedem.)

MÉNÉDÈME. 479

que-là, devint lui-même chef d'école, et que la secte d’Éliss’absorba dans celled’Érétrie. Mais où cette nouvelle école, dite d’Érétrie, eut-elle son siége? Fut-ce à Érétrie, ainsi que son nom semble l’indiquer ? Fut-ce à Élis, où Asclépiade et Ménédème étaient allés se joindre à Æchipylle et à Moschus, ces deux disciples de Phædon ? Le passage de Diogène de Laërte que nous venons de citer n'est pas suffisamment explicite à cet égard ; et la même remarque serait applicable à un autre passage de la biographie de Phædon, où lemême historien, après avoir dit que Phædon eut pour successeur Plistane d’Élis, et celui-ci, Ménédème d’Érétrie et Asclépiade de Phlionte qui sortaient de l'école de Stilpon, ajoute que, antérieurement à ces deux philosophes, Fécole fondée par Phædon s'appelait école d’Élis, et qu'à partir de Ménédème, elle prit le nom d'école d’Érétrie’. Ces deux endroits n’offrent done rien de bien décisif sur la question, et l'on n'en saurait conclure avec certitude que ce fut à Érétrie même qu’eut son siège l’école de Ménédème.

Pour établir donc péremptoirement que le nom d’école d’Érétrie ne vint pas seulement de ce

180 ÉCOLE D'ÉRÉTRIE.

que Ménédème était né dans cette ville, mais

encore et surtout de ce qu'il y transféra l’école fondée à Élis par Phædon, il devient nécessaire d’avoir recours à d’autres textes plus décisifs ; et c’est dans la biographie même de Ménédème, par Diogène de Laërte, que nous les rencontrerons. Dans un premier passage, Diogène de Laërte dit que Ménédème remplissait tous les devoirs de l’amitié envers ceux pour qui 1] professait de l'attachement, et que, comme Érétrie* était une ville insalubre, il y donnait quelquefois des repas, dans lesquels il s'égayait avec des poëtes et des musiciens’. Dans un second passage, Diogène de Laërte dit encore que Ménédème et Asclépiade se mariérent tous deux dans la même famille, qu’ils vécurent en commun, μιᾶς οὔσης οἰκίας, et qu’Asclépiade mourut le premier, à Érétrie, dans un âge fort avancé, ὁ μέντοι Ασκλεπιάδης προχατέστρεψεν ἐν Ἐρετρίᾳ γηραιὸς ἤδη ἢ. Ces deux derniers textes établissent suffisamment que ce fut dans sa patrie même, à Érétrie, que :-Ménédème établit le siége de son école, dans laquelle il eut pour assesseur, plutôt encore que

1 Érétrie, ville de l’ile d'Eubée.

3 ἣν δὲ xai φιλυπόδοχος, καὶ (διὰ τὸ νοσῶδες τῆς Ἐρετρίας) πλείω συνάγων συμπόσία, ἐν οἷς χαὶ ποιητῶν χαὶ μουσιχῶν. (Diog. L.,1. II, ἀν Menedem.)

Page 1