SUA LHISTOIBG DE LA PHILOSOPHIE
» qui passe à la postérité la plus reculée. Mais » tout système physique ou métaphysique » doit ordinairement ses succès à sa nou- » veau té , et n'est pas plus tôt devenu le sujet » d'un examen impartial , qu^on en découvre » la faiblesse. » Bien qu'en y réfléchissaif)t davantage, nous ne devions pa& abandonner complètement cette belle et judicieuse obser* vation y nous ne croyons pas devoir adopter l'opinion que tout système philosophique est de nulle valeur. En effet, il semblerait, d'après l'opinion de Hume , que ces systèmes passent sans laisser aucune trace de leur influence passagère. Mais on sait au contraire que la succession des opinions et des écoles est précisément ce qui fait l'éducation du genre humain. Et même , pour peu qu'on y réfléchisse y on verra que chaque système est conforme à l'état de développement de l'esprit humain à l'époque de son apparition , et tous, il faut en couvenir, ont jeté une vive lumière sur quelques parties de l'édifice des connaissances. Chacun d'eux a su mettre en évidence quelques vérités jusque-là dédaignées, ou incomplètement examinées par les autres; et le plus défectueux des systèmes, en même temps qu'il guérit certains désordres intellectuels, en produit d'autres on les aggrave. L'empire d'une secte philosophique prouve que , pour le temps.
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celle-là est plus propre qu'aucune autre , à à réveiller, fortifier et stimuler les facultés de Tesprit. Dans ce grand procès , des erreurs opposées se corrigent insensiblement l'une l'autre^ et chaque point d'une question est comr plètement et scrupuleusement examiné. Peuà-peu le torrent s-apaise et disparait ; mais chaque système, dans sa course, dépose quelqueç particules d'un or pur^ et apporte un certain nombre de faits et d'observations propres à construire cet édifice de vérité , qui s'élève lentement y mais d'une manière continue » et accepte même les erreurs qui semblent le plus s'opposer à ses progrès.
Dans ces derniers temps , les méditations des Allemands se sont portées sur d'autres objets, qui nous permettent d'acquiescer aux courtes observations que M. Stev^art a présentées sur la philosophie du langage (i ), sur l'apcienne ci-
(i) Cette partie des coonaissancQs ne peut en aucune manière être confondue avec la philosophie du langage. Cette dernièi^ science ne s^occupe que des choçes communes à toutes les langues. La première au contraire s^occupe des différentes catégories auxquelles on peut r^mençr les langues , çelon leur origine et leur coqtexture ^ et nous fait connaître l 'histoire des modifications qu^elles ont subies , et leur dépendance réciproque. Cette science est encore si nouvelle qu'elle n'a point encore de nom.
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viIisa,^on de Forient , et sur les progrès de TAinérique ; questions qu'il considère comme n'étant pas liées les unes aux autres^ et qu'il pense à bon droit n'être pas étrangères à l'histoire de la philosQphie.
Sur le premier de ces points, les penseurs d'Allemagne reçurent la première impulsion .de Leibnitz, dont les opinions les plus hardies se rapportent aux combinaisons et aux analogies du langage y vues dans leurs rapports avec les premiers temps de la civilisation de notre espèce. Le célèbre M. Schlegel (i), qui a £iit connaître à ses compatriotes Caldéron et Shakespeare , avec une fidélité qui a étonné les penseurs d'Espagne et d'Angleterre ^ et qui tout récemment a aidé M. Baynouard à retrouver la grammaire et l'histoire de ce célèbre dialecte Roman , que l'on appelle communément Provençal, a enfin porté ses recherches philologique^ sur le Sans-, crity et avec Paide de son frèr^ aîné et du savant M. Rapp , a déjà jeté une vive lumière sur les analogies des mots et de la structure grammaticale de la langue Sanscrite , avec l'ancien
(0 V. le Journal de M. Schlegel infuulë Indisch BibUokJt, Bcnn, l8ao.
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Persan Je Grec et la langue Teutonique. Il se livre à ces nouvelles études ^ d'après les mêmes principes et avec les mêmes habitudes qui formèrent trois cents critiques sur les anciens écrivains d^Ëurope, et il se propose dans une suite d'éditions d'ouvrages Sanscrits^ de se faire connaître comme le premier critique et le pre* mier commentateur des classiques de l'Inde ancienne.
Nous aurions encore à admirer le rjûéme talent à saisir les analogies des langues dans les ouvrages de M. Al. de Humboldt; si, chez cet auteur ^ les recherches de cette nature n'étaient , pour ainsi dire , perdues au milieu d'une grande quantité d'autres (lécouvertes ad-mirables. En même temps que ce savant a emporté d'Europe une grande masse de savoir, il a plus ajouté à nos connaissances qu'aucun autre voyageur^ et ses ouvrages nous apparaissent comme la preuve la plus frappante du lién^ecret qui existe entre toutes les sciences^ de la lumière que les sciences physiques et morales les plus diverses, se prêtent réciproquement, et de la facilité que trouve un grand maître à donner de la dignité à ses acquisitions scientifiques en les ramenant à une philosophie générale et compréhensive.
P'après quelques indices contenus dans son
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grand ouvrage, nous voyons qu'il projette en* core de visiter les montagnes centrales de l'Asie, dessein qui originairement lui fut inspire par l'examen qu'il fit de l'Amérique. En effet ^ dans un esprit philosophique ^ ces contrées se lient entr* elles tant par la différence de leurs institutions , que par la ressemblance de quel* queS'Uns de leurs sites. Ce fut ce rapport singulier et bizarre, qui, plus qu'aucun autre, dirigea M. Stewart dans l'opinion qu'il se fit de ces pays; et ce fut encore à cela probablement que nous devons de les voir réunis dans l'esprit de M. de Humboldt comme objets dignes d'intérêt II semble, en effet, que ces peuples occupent les deux extrémités de la chaîne de la civilisation humaine. L'ensemble de la civilisation, autant que nous en pouvons juger, et que nous pouvons raisonnablement le conjecturer, semble être renfermé entre le Gange et le Mississipi. Les temps antérieurs au système social de Tlnde, et l'origine de ce système lui-même, sont couverts d'un voile impénétrable. Nous apercevons obscurément cet ancien état; mais, avant lui, nous ne voyons plus rien. Et, de nos jours, il nous offre le mélange des débris des lois primitives et des oeuvres de l'homme civilisé.
D'un autre côté, l'Amérique du Nord nous
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offre le spectacle extraordinaire d'une société politique marchant rapidement à la grandeur impériale^ à l'aide d'institutions qu'osent à peine essayer quelques Etats puissans. Par ua singulier hasard, il est arrivé que le même peuple européen qui conquit , dans Torient , le premier siège de la civilisation, fut celui qui fonda dans l'occident un nouvel ordre politique. Nous apprenons à l'instant qu'on vient de retrouver la position de Méroê , et que les ruines de Babylone ont été aperçues dans un coin du globe, tandis que, sur un autre points nous voyons un désert se peupler de républiques populeuses et florissantesi et l'industrie s*y développer avec une rapidité supérieure à celle des conquérans les plus fameux. Sous la domination , et parmi les descendans de la nation anglaise, nous apercevons l'antiquité la plus véiiérable dont on puisse conserver le souvenir; et nous entrevoyons dans l'avenir les progrès les plus remarquables que puisse désirer l'enthousiasme le plus hardi. C'est une position digne d'un grand peuple où aucun autre ne fut jamais placé avant nous. Mais il en est beaucoup parmi nous , qui semblent disposés à repousser la plus belle partie de cette haute destinée. Tous ceux qui par un motif ou de jalousie politique , ou d'étroite cabale , regardent l'Amérique d'un œil ennemi, sont