‹ Mélanges philosophiques de Sir James MackintoshChapitre 8 sur 25 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

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fort peu de choses , et encore les critiques qu'il adresse aux philosophes Allemands ne paraissent-elles pas appuyées sur des preu«ves sufiisantes. M. Mackintosh qui semble les mieux connaître, ne leur rend peut-être pas non plus toute justice. Cependant, à propos de Touvrage de madame de Staël , il présente ça et là quelques remarques judicieuses et donne de précieuses indications.

A la fin de ce dernier Essai , 1 auteur examine une question grave , qui a long*-temps occupé les philosophes et les divise encore ; ques* tion vaste et difficile, qui ne tend à rien moins qu'à intéresser la morale tout entière; et qui , si elle était résolue dans le sens d'une des parties contendantes, réduirait la vie humaine à un froid et misérable calcul :

nous voulons parler de la théorie du de- .voir et de celle de l'intérêt bien entendu.

La solution qu'en donne M. Mackintosh n'est peut-être pas aussi rigoureuse qu'on pourrait le désirer^ mais^elle est bien dans

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lesprit de l'Ecole à laquelle il appartient ; c'est-à-dire qu'il s'attache à poser le problème de manière à concilier des opinions qu'il ne juge fausses que par leur exagération j en faisant à l'intérêt la part qui lui revient, sans rien enlever a l'importance et à la sainteté du devoir. Ces motifs qoug ont paru suffîsans pour nous justifier d'avoir publié un morceau , qui au premier abord '^ semble plutôt appartenir à la critique litté^ rairis , qu a l'histoire de la philosophie*

Nous pensons donc n'avoir pas fait pgie ceuvre inutile , en suivant - Texen^ple de plusieurs hommes recpçaniandables par leur savoir et leur dévouement k U science ; qui ont consacré leurs taletats et^ lenrs veilles à faire passer dans notre langue les écrits de la plupart des philosophes Ecossais, dont les pmocipes sage» et la méthode sévère nous ont » puissamment aidés à briser les &rs du »enaiali«ne.

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En effet, avant la réforme entreprise par M. Royer-CoUard et poursuivie par JVL Cousin avec tant de zèle , de talent et de succès^ la doctrine de Gondillac régnait en souveraine. Ce fait que personne ne conteste, mérite d'être apprécié , car dans l'espèce comme dans Tindividu , tout a sa raison d'être qu'il faut savoir pénétrer.

L'origine du Condillacisme , sa fortune et sa fin , s'expliquent naturellement par l'esprit du temps où cette doctrine parut ^ grandit et périt. Née au dix-huitième siècle et dans l'ardeur du mouvement critique qui caractérise cette époque, elle devait être l'expression des idées du temps. Jiisques là la France avait vécu sous l'empire du cartésianisme qui n'avait plus sa foi, tandis qu'en Allemagne et en Angleterre , Leibnitz et Locke qui cherchaient à faire oublier Descartes, ne rencontraient qu'une opposition facile à vaincre dans le scepticisme de Hume^ et l'idéalisme de Berkeley. Du mo-

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ment où la philosophiede Descartes était impuissante à gouverner les esprits , ou il fallait en venir à fonder une philosophie nouvelle y OU il fallait adopter Tun des systèmes contemporains, sauf à le développer. Ce fut alors que parut le système de Gondillac.

Noiis ne rappellerons point ses succès , encore moins dirons-nous 3i quelles conséquences fausses il conduisit Cabanis et Volney; une plume plus habile et mieux exercée s'étaut chargée de ce soin (i).

Le remède à des maux si réels consistait à démontrer , que l'erreur de Gondillac et de son Ecole provenait de ce qu'ils avaient renfermé la puissance de Tobservation dans des limites trop étroites^ qu'au-delà des faits sensibles et de l'observation par les sens^ existaient d'autres faits que la sensa-

(i) Essai sar l'histoire de la philosophie en France au ig* siècle , par Ph. Damiron ; a roi. in-8<>y a* édition. Chez Al. Johanneau.

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tioD ne pouvait fournir , encore moins expliquer; vérité mise dans tout son jour par TEcole écossaise^ et que la nouvelle Ecole française a développée de manière à ne lais* ser aucun doute (i). Mais tout en restant fidèle à la méthode des philosophes Ecossais , M. Cousin en élargit les basés ^ en agrandit le point de vue , et découvrit un nouvel horizon à nos jeunes intelligences.

Aujourd'hui que la méthode philosophique est assez forte pour savoir tout accepter, et que moins empressés de conclure que d'examiner les faits avec l'impartialité la plus sévère , nous allons demander à l'histoire les moyens de résoudre les problèmes qui nous préoccupent , d'éclairer nos convictions ,

(t) V. Fragmens philosophiques par M'. V. Cousin, Paris i8a6, et la Préface de M. Jouffroy, en tétc des Esquisses de philosophie morale de DogaldStewart. Paris i8a6.

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