L-XVII
Tous les sectaires du monde ne sont que des déistes hérétiques.
Si l'homme est malheureux sans être né coupable, ne serait-ce pas qu'il est destiné à Jouir d'un bonheur éternel sans pouvoir, par sa nature, s'en rendre jamais digne?
Voilà ce que je pense du dogme chrétien ; je ne dirai qu'un mot de sa morale : C'est que pour un catholique père de famille convaincu qu'il faut pratiquer a la lettre les maximes de l'Évangile sous peine de ce qu'on appelle l'enfer, attendu l'extrême difficulté d'atteindre à
ce degré de perfection que la faiblesse humaine ne comporte point, je ne vois d'autre parti que de prendre son enfant pM un pied et que de l'écacher contre la terre im que de l'étouffer en naissant. Par cette action, il le sauve du péril de la damnation et lui assure une félicité éternelle; et je soutiens que cette action, loin d'être criminelle, doit passer pour infiniment louable, puisqu'elle est fondée sur le motif de l'amour paternel, qui exige que tout bon pèi'e fasse pour ses enfants tout le bien pos^iOle.
Le précepte de la religion et la loi de la société, qui àéfmûent le meurtre des innocents, ne sont-ils pas en effet bien absurdes et bien cruels, lorsque, en les tuant, on leur assure un bonheur infini, et que, en les laissant, vivre, on ie3 dévoue presque sûrement à un malheur éternel?
Comment ! monsieur de La Condamine, il sera permis d'inoculer son fils pour le garantir de la petite vérole, et il ne sera pas permis de le tuer pour le garantir de l'enfer t Vous vous moquez.
Satïs triumphat veritas si apud paucos. eosqyi^ bonos accepta sit; née ejus indoles p lacère rmliis.,