‹ Mélanges philosophiquesChapitre 5 sur 29 · DE L'INTERPRÉTATION · texte numérisé non relu

DE L'INTERPRÉTATION

De tn6m« que, en mathématî^iîies, en exftminaut toutes les propriétés d'iui^ courbe on trouve que ce n'est que la ritéme propriété présentée sous des faces différentes, dans la nature on reconnaîtra, lorsque la [)iiysique expérimentale sera plus avancée, que tous les phénomènes, ou de la pesanteur, ou de l'élasticité, ou de l'attraction, ou du magnétisme, ou de l'électricité, ne sont que -des fax3es différentes de la même affection. Mais entre les phénomènes connus que I on rapporte k l'une de ces causes, comDÎen y a-t-il de phénomènes intermédiaires h trouver pour former les liaisons, remplir les vides et dé* mop.trer l'identité? C'«st ce qu\ ne peut se déterminer. 11 y a peut-être un phénomène central qui jetterait des ra^/ous non-seulement à ceux qu'on a, mais encore à tuus ceux que le temps 'ferait découvrir, qui les unirait et qui en formerait un s^'stème. Mais au défaut de ce centre de correspondance commune, ils demeureront isolés; toutes les dé- CO'uvertes de la physique expérimentale ne feront que les rapprocher, eu s' interposant. Bans jamais les réunir, et quand elles parviendraient h les sréunir, elle- en formeraient un ce^'cle continu de phénomènes où l'on ne pourrait^ discerner quel serait le premier et quel serait le dernier. Ce cas sing-ulier où la physique expérimentale, à force de travail, aurait formé un labyrinthe dans lequel la physique rationnelle, égarée et pei-due, tournerait sans cesse, n'est pas impossil)i« dans la nature, comme il l'est en rriathérr.atiques. On trouve toujours en mathématiques, ou par la synthèse ou par l'analvse, les propositions intermédiaires qui séparent la propriété fon-

DK LA NATURE

dameîitaîe (î*une courbe de sa propriété la. plus éloignée.

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îl y a des phénomènes trompeurs qui sem- Ment, au premier coup d'œil, renverser uji système, et qui, mieux connus, acuèv* raient de le cuntirrner. Ces phénomènes deviennent le supplice du philosophe, i-urtout quand il a le pressentiment que la nature lui en impose, et qu'elle se dérobe à ses conjectures par ttuelq e mécanisme extraordinaire et secret. Ce cas embarras ant aura lieu toutes les fois qu*un phénomène sera le résultat de plusieurs causes conspirantes ou opposées. Si elles coûspirent, on trou vert î la quantité du phéu®mène trop gr nde pour 1' ypothèse qu'en aura faite: si elles sont opposées, cette quantité se' a trop pe ite. Qu Iquefois même elle iev endra nulle, et le phénomène disparaîtm sans qu'on sache à quoi attr^bu^•r ce silence capric eux de la nature. Vient-on à en soupç nner la raison? on n'en st guèr plus ava cé. Il faut travailler à la séparation des eaus' S, décomposer le résultat de leurs actions, et réduire un phénomène très -compliqué à un p.! éiiomène simple, ou du moins Eianifester la complication des causes, leur concours ou leur oppusit on, par quelque expérience n<)uvelle, opération souvent délicate, q^iieiquefois impossible. Alors le système ehancelie; les philosophes se partagen*"; les uns lui lemeureut attachés; les a très sont entraîné par l'expérience ui paraît le contredire; et l'on d spute jusqu'à ce que la sagacité ou le hasard qui ne se repose jamais, plus fécond que la sagacité, lève la contraéiction et remette en bnn eur des idées qM*Oîi presque abandonnées.

DE l/lNTEBI'lilTAÏÎOW

Il faut laisser l'exp^^ri nce à sa li^erté; <5*est la tenir captive que de n'en montrer que le côté qui prouve et que d'en oiler le côté qui contredit. Ce.«^t l'inc îivénient qu'il y a, non pas à avoir des idées, ma s à s'en laisser aveugler lorsqu'on t te une expérience. On n'est sévère ans son examen que quand îe résultat est contra re au système. Alors on n'oublie rien de ce qui eut faire changer de face au phénomène ou de langage à la nature. Da s ie cas ojjposé, l'observateur est indulgent; il glisse su les circonstances; il ne songe guère à proposer des o jections à la nature; 1 l'en croit sur son remier mot; il n'y soupç nne oi d d'équivoque, et il mériterait qu'on lui dît :

— Ton métier est d'interroger la nature, et tu la fais meniir, ou tu crains de la faire expliquer.

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