CHEVALERIE. — JUGEMENT SUR LE POEME DE LA TABLE RONDE
Les observateurs attentifs à ce mouvement secret, mais très réel qui agite , en ce moment, les diverses littératures, n'ignorent pas que la poésie françoise tencl , depuis plusieurs années, à un changement dans ses habitudes, et, si j'ose dire ainsi, dans son costume 1 . Il n'y a pas très long-temps encore que fort peu de poètes croyoient pouvoir marcher sans le cortège des Grâces, des Amours, des Naïades, et de toutes les divinités de la Grèce. Ce langage, qui n'a aucune réalité pour nous, étoit même souvent mêlé à des sentiments passionnés dont il altérait la vérité, et, par conséquent, affoiblissoit le charme. Sans doute la mythologie est et sera toujours la plus ingénieuse comme la plus riche des machines épiques; et, quelques efforts, quelque talent qu'on emploie à l'attaquer, on peut dire que les dieux étrangers nç prévaudront point contre elle. Dans tous les siv>
«Ecrit en 1815.