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jet* qui seront empruntés à l'antiquité, les dieux brillants de la Grèce et de Rome offriront k jamais de belles formes, d'admirables couleurs et une jeunesse inaltérable. Il n'en est peut-être pas tout-à-fait de même pour les sujets modernes. Mars et Minerve y figureraient moins bien ; et aujourd'hui ce n'est plus guère que dans les madrigaux de province ou dans les devises à envelopper les bonbons, qu'on se permet de comparer une femme à Vénus , et qu'on la montre accompagnée des Bis et des Jeux. Cependant, depuis Ronsard et Desportes jusqu'à Bernis et d'autres plus modernes encore , notre poésie offre des traces fréquentes de ces excursions mythologiques. C'est ce qui a fait dire à un écrivain distingué que notre poésie n'étoit souvent qu'un reflet de celle des Grecs. C'est aussi ce qui a engagé plusieurs de nos poètes* vivants à suivre un autre ordre -d'idées et k s'ouvrir une nouvelle route. À leur tête il faut placer, à plus d'un titre, M. Delille, qui, dans quelques uns de ses poèmes , a montré que les idées modernes sur la société , la religion et la nature', offroient un noble sujet aux plus nobles ver». Sous ce rapport, il a étendu le domaine de la poésie , de mémo que, par les étonnants artifices àe sa versification, il en a multiplié Jes procédés et les moyens.
Toutefois, cette source nouvelle n'est rien moins qtrïfctapisqable; elle ne saurait même longttemps sut fk*,?ux besoins de l'art: les beautés qif'on y pqîse ont Fittconvénient de fatiguer promptement l'esprit par leur dignité constante et leur éclat monotone. En effet, lorsque, dans un poëme, on a contemplé les
prodiges de l'intelligence humaine, et les merveilles des sciences naturelles, ou qu'on s'est élevé jusqu'aux plus sublimes idées de la religion , tout en convenant qu'on ne peut lire de plus beaux vers , on sent , malgré soi, le besoin d'en lire de plus simples : on se dit que le principal but de la poésie est de plaire ; et , pour qu'elle «ne soit pas le plaisir d'un coup-d'œil et la jouissance d'un moment, on y désire des beautés moins admirables peut-être, mais d'une intelligence plue facile et d'un usage plus familier. Alors on vante, on regrette les fictions mythologiques ; mais, comme les sujets modernes se sont, pour ainsi dire, lassés de les admettre , on se sent presque nécessairement amené k invoquer les fictions chevaleresques.
Oui, puisqu'il faut des fictions aux hommes, et sqrtout aux poètes , je pense , comme l'auteur de la Table Ronde, qu'ils ne peuvent en choisir aujourd'hui de plus heureuses que celles de la chevalerie. Cette institution, comme presque toutes les choses de ce monde, peut être considérée sous deux faces. Dans la réalité, qui est presque toujours triste, la chevalerie ftit , je croîs , le résultat et quelquefois le remède d'un très fâcheux état de choses , une espèce d'ordre dans le désordre. Les esprits nobles profitent de tout ;' les esprits vils abusent de tout. Sans doute, chez des nations généreuses, plusieurs chevaliers employèrent leur force , leur puissance , leur courage , k protéger l'innocence et la foiblesse; mais sans doule- aussi beaucoup d'autres chevaliers firent de leur pouvoir et de leur valeur, l'instrument de leurs violences et de leur tyrannie. Les révoltes assez fréquentes des
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Filains dans les beaux siècles delà chevalerie, prouvent trop bien qu'en général ils avoient peu à se louer des chevaliers. Si, au contraire; on veut considérer la chevalerie sous le point de vue idéal , il ne faut pas trop regarder dans l'histoire j il faut lire les vieux romans , les antiques ballades et les mémoires récents de M. de Sainte-Palaye. C'est là qu'on verra la chevalerie, parée de tous ses prestiges, se montrer comme l'institution à la fois la plus utile et la plus brillante. Les chevaliers y sont presque toujours les défenseurs de l'innocence ; mais comme , pour qu'elle fût défendue, il falloit bien qu'elle fût attaquée, on y charge toujours de ce dernier rôle quelque mauvais, géant, ou du moins quelque châtelain félon , qui presque jamais n'est un chevalier. Celte générosité des anciens preux, leur humeur aventureuse, leurs> entreprises téméraires, leprs grands coups eTépée qui plaisoient tant à M me de Sévigné, leurs amours, leurs tournois , enfin leur foi dans le pouvoir magique des fées et des enchanteurs , qu'ils sàvoient concilier avec Une grande vénération pour les dogmes que nous respectons , et le ctilte qui est le nôtre , tout cet ensemble forme un tableau séduisant dont la folie même est quelquefois un charme. La chevalerie, envisagée de ce côté , ne peut que plaire beaucoup à tous les esprits , surtout aujourd'hui que y n'étant pas assez loin de nous pour être étrangère à nos idées , elle l'est assez pour nous paroitre embellie de ce coloris poé^ tique que le temps donne à tant de choses.
Il ne faut donc pas s'étonner de cette faveur générale qui, dans tous les arts, paroît s'attacher aux su-
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jets de chevalerie. On en abusera sans doute, puisque déjà en peut remarquer quelque profusion dans la quantité de ménestrels et de damoisels qui s'offrent à nous de toufcp part. Mais, enfin, voilà une mine à exploiter pour la poésie françoise , mine riche et presque yierge, qui, sans lui interdire l'emploi de ses anciennes richesses, lui donne les moyens de se composer un nouveau trésor.
Quoique les premiers temps chevaleresques , comme les premiers temps nommés héroïques , soient couverts de nuages épais , il y a lieu de croire que les conquêtes et la gloire de Charlemagne ont, en quelque sorte, fondé la chevalerie , et que le plus ancien livre qui traite de cette institution est la chronique de ce moine Turpin qu'on- a pris long-temps pour Farchevêque du même nom. Une foule d'auteurs marchèrent dans cette route , et enfantèrent ces milliers de romans que plus tard Boyardo, et surtout Arioste, ont laissés si loin derrière eux. Peu après la publication de ces romans de Charlemagne, les Anglois, nos éternels rivaux , opposèrent aux exploits embellis de ce grand monarque , les exploits fabuleux de leur petit roi Artus , et produisirent les innombrables romans de la Table Ronde. Aucun de ces romans n'est bien remarquable, hors celui de Tristan, fiction charmante que M. Creusé revendique pour la Bretagne, et, par conséquent, pour la France. Mais presque tous, dans un déluge d'aventures follement insipides, cachent quelques faits remplis de noblesse , d'intérêt ou de naïveté piquante. C'est ce que sentirent, dans le siècle même où ils avoient paru (le douzième), Chrétien de
Troyes et quelques autres écrivains français qui les mirent en vers. Quels vers, k la vérité! Néanmoins ceux qui entendent le vieux langage de Chrétien de Troyes , et prennent la peine de déchiffrer ses ouvrages manuscrits, prétendent y trouver de la pensée et de l'imagination. Mais tous ces écrits , tant en prose qu'en vers, qui chaque jour devenoient moins agréables aux lecteurs, à cause des changements assez rapides qu'éprouvoit alors notre langue, furent éclipsés totalement par le prodigieux succès d'Amadis , qui fut , pendant plusieurs siècles , le livre de la France et de l'Espagne. Enfin, les romans de la Tajble Ronde étaient tombés dans un profond oubli ; et il n'en restait plus de traces que chez les amateurs de vieux manuscrits et dans les recherches de quelques savants , lorsque la Bibliothèque des Romans parut. Ce recueil, dont les premiers volumes sont un bon ouvrage, offrit successivement l'extrait des meilleurs romans de la Table Ronde. De tous ces extraits, celui de Tristan de Léonois , écrit avec beaucoup d'esprit et de grâce par M. de Tressan , obtint et devoit obtenir le plus de succès. On goûta beaucoup , dans le temps, ce morceau et plusieurs autres du n^ême genre; et l'on fut agréablement surpris des trésors qui, jusque-là, éloient demeurés enfouis dans la vieille littérature de nos pères.
Mais voici aujourd'hui un auteur qui a tâché d'assembler, de lier, d'ordonner tant de matériaux précieux, mais incohérents, et de fondre dans un seul puvrage tout ce que les nombreux et énormes romans £è la Table Ronde offrent de plus intéressant. 11
annonce même avoir entrepris un pareil travail sur Amadïs et sur les Romans de CAarlemagne. C'est une tâche immense qui mérite sans doute d'être encouragée, et qui Fa déjà été par le prompt succès de la première édition du poème de la Table Ronde. La seconde est celle que je dois examiner ici.
Ce poème, qui commence par une séance de la Table Ronde , et qui finit par la destruction de cet ordre, renferme les principales aventures de ses principaux chevaliers. Il y a un art assez heureux dans la manière dont ces aventures se croisent et s'enchaînent les unes les autres. Mais pn feconnoît ici, comme ailleurs , que ce n'est pas par un vain caprice qu'on a établi l'unité comme règle fondamentale pour tous les ouvrages d'imagination. Soit que, comme je le pense, l'auteur n'ait pas conçu assez fortement son sujet, soit que, comme il le prétend, un si grand nombre d'aventures diverses ne pussent pas être assujéties aux lois d'une unité rigoureuse, toujours est-il certain que la violation volontaire ou forcée de ce principe, laquelle ne reste jamais tout-à-fait impunie, nuit quelquefois à l'effet d'ailleurs agréable de sa composition. On marche toujours, et même assez bien; mais on ne sait pas toujours où l'on va. L'auteur, à qui sa conscience littéraire et peut-être de sincères, amis ont feproché ce défaut, s'en défepdavec cette chaleur qu'on porte dans les mauvaises causes qu'on croit de son intérêt ou de son devoir de défendre. Ses raisons , quelquefois spécieuses , prouvent peut-être qu'il n'a pas pu faire autrement; mais elles sont loin de prouver que son poëme n'eut pas été meilleur en-
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core, si sou sujet, moins vaste et moins compliqué, lui eût permis d'y faire entrer moins d'aventures , e* de les rattacher toutes à un même fil qui tendit vers un même but. Au reste, s'il n'a pu remédier à ce défaut, il a du moins souvent réussi à le pallier, et même il l'a fait disparaître tout-à-fait dans ses derniers chants , où tous les intérêts divers se réunissent et se confondent dans un seul intérêt, fort touchant , trop touchant peut-être, puisqu'on peut, avec plusieurs personnes, regretter qu'un ouvrage qui renfermé beaucoup de scènes fort gaies , finisse par un trait &ussi sérieux que celui de deux, tendres amants qui vont abjurer leur amour devant le tombeau de deux autres amants.
C'est un mérite , sans doute, que d avoir resserré dans un seul poëme lé fond de tant de romans volumineux; mais cette obligation que l'auteur s'est imposée, Ta de tenjps en temps contraint à omettre certains développements qui eussent répandu plus d'intérêt et même de clarté dans ses récits. Cette espèce de faute est rare dans l'ouvrage, heureusement ; car les conséquences en sont graves.
Les caractères, presque tous tirés des romans originaux , sont piquants et variés. Genièvre est noble et tendre; Yseult est plus tendre encore et plus aimable. Le grand Artus et le roi Marc, tous deux frappés, du même malheur, le supportentM'une manière toute différente. Lancelot, Tristan et Gauvain , également nobles et généreux , ont pourtant chacun leur couleur particulière , et contrastent tous trois avec: Perceval-le^Gallois , héros d'un caractère très singulier et d'une originalité fort comique. Enfin , le
sénéchal Quèux, personnage toujours entreprenant et toujours battu, contribue à jeter de la variété , de l'agrément et ,de la gaieté dans l'ouvrage. On peut supposer, sans trop de complaisance, que, si Pauteur n'a pas imaginé ces caractères , il les a quelquefois perfectionnés : du moins est-on certain qu'aux faits choisis dans les vieux romans, il y en a mêlé plusieurs de son -invention; et les fictions qui lui appartiennent ne sont certainement pas les moins heureuses.
Ce petit volume de M, Creuzé est , il faut l'avouer, d'une épaisseur formidable. Ce n'est qu'mvin-18; mais il en feroit aisément deux du même format, et il ne doit pas contenir moins de dix mille vers. L'ennui nous a si souvent gagnés, nous autres lecteurs, dans de petits poèmes dont la seule brièveté sembloit devoir écarter ce fléau , qu'aujourd'hui le plus intrépide de nous ne sauroit affronter, sans q^flque effroi, un petit billot de quatre cents pages imprimées très fin, et remplies de vers jusqu'à l'extrême marge.' Vainement avois-je , pour me rassurer un peu, le souvenir d'un autre ouvrage du même auteur, le Seau enlevé \ imitation libre et amusante de l'ennuyeux poème du Tassoni, à laquelle d'habiles littérateurs ont accordé leurs suffrages , et dont trois éditions ont constaté le succès. A l'aspect de cette Table Ronde , plus volumineuse de moitié pour le moins , je tremblois toujours que l'enjouentent et l'esprit du poëte ne parvinssent pas à prévenir, jusqu'au terme d'une si longue route , l'impatience, et, ce qui est pis encore, le découragement du lecteur. Heureusement mes inquiétudes ne se sont pas réalisées, et, en lisant tant de vers , j'ai
souvent oublié que j'en lisoîs. Que Pauteur , s'il lut plaît, ne prenne pas ceci en mauvaise pari, et que les malins ne s'empressent pas d'abuser de rqon aveu naïf. On ne peut nier que le plaisir des vers, long-temps prolongé, ne soit inséparable d'une certaine fatigue; et cet effet tarde d'autant moins a se faire sentir, que la poésie est d'un ton plus élevé , et la versification d'un mécanisme plus travaillé. On participe, comme malgré soi, aux efforts de l'auteur et à l'espèce de lassitude qui en a dû résulter pour lui. La tragédie échappe à cet inconvénient par «on étendue peu considérable, son unité d'intérêt fort concentrée, et en même temps le conflit rapide et multiplié des passions qui animent tout son ensemble. Mais l'épopée est une carrière terrible à fournir, tant pour le poète que pour ses lecteurs : l'épopée est, parmi les poèmes, ce que l'hexan^lre est. parmi les vers; et l'on sait ce que Voltaire a dit de l'hexamètre, ou, si l'on veut, de l'alexandrin. Le poëme héroï-comique n'est pas , à beaucoup près , aussi exposé au malheur dont je parle : ordinairement sa dimension est moins grande, son mètre plus court, son ton plus diversifié; et surtout son intérêt, d'une nature moins grave, moins solennelle , est , par là même, plus conforme au goût du plus grand nombre. La Table Ronde devoit jouir en partie dçs bénéfices de ce genre auquel elle appartient; mais, encore une fois, elle a dix mille vers ; et je regarderai toujours comme un succès digne d'envie d'avoir fait lire, sans ennui, sans dégoût, même avec plaisir, ce poëme, le plus long peut-être que notre littérature ait encore enfanté. L'auteur est
fort loin du style richement poétique de M. Delille et de ses meilleurs élèves : dans un genre plus tempéré, je dirois presque moins somptueux, il n'ap* proche pas davantage de l'élégance et de la pureté continue du poète excellent à qui nous devons la Maison des Champs 'et X Enfant prodigue; mais il s'est fait une manière'à lui, qui n'est pas sans mérite , puisqu'elle n'est pas sans agrément et sans charme ; et la nature de son style s'associe heureusement à celle des sujets qu'il est en possession de traiter* Il abandonne souvent l'allure égale et régulière du poème, pour prendre la démarche vive et capricieuse du conte, genre tout François , dont La Fontaine, par son exemple, a consacré l'aimable liberté et les amusantes digressions* Effrayé sans doute lui-même de rénorme quantité de vers qu'il avoit à offrir au public, il semble s'être attaché avant tout à les rendre faciles à lire; et, pour cela, un de ses secrets a été de les faire facilement. Cette facilité, qu'on a ingénieusement nommée la grâce du gefnie, peut être aussi celle du talent, quand il n'en abuse pas. M. Creuzé , qui me paroît posséder au plus haut degré cette périlleuse qualité de l'esprit., a souvent à se louer des avantages qu'il , en tire ; mais, certainement il n'en a pas assez redouté les inconvénients. On a dit de l'Arioste, en lui faisant l'application d'un de ses plus jolis vers :
Le négligente sue sono artefici.
Ses négligences sonl des artifices.
Je ne crois pas que M. Creuzé ait mis la moindre intention dans les siennes; elles me paraissent lui
venir aussi naturellement que les traits ingénieux , et c'est tout dire. On ne sauroit se défendre d'un peu d'humeur, en trouvant h la suite ou même au milieu de morceaux très agréables, des césures défectueuses, des rimes fausses, et des expressions impropres. On s'étonne que le même auteur ait pu produire des choses si différentes ; et , en le lisant , on est tenté de croire , comme les Manichéens , aux deux génies du bien et du mal* Je pourrais citer un assez bon nombre de vers du mauvais génie ; mais je ne vois personne à qui cela puisse plaire : il me suffit d'avoir acquitté ma conscience et averti celle de l'auteur que je crois peu timorée sur cet article pourtant fort grave. Je dois déclarer toutefois^jue les fautes de ce^genre sont beaucoup moins nombreuses dans la seconde édition que dans la première; mais elles n'y sont pas encore assez rares. Il est une autre espèce de négligence qu'on pourrait appeler négative : ce ne sont pas des fautes qu'elle laisse échapper; ce sont des beautés qu'elle ne se donne pas la peine de chercher et de saisir. Des tournures trop communes et trop lâches, absence de comparaisons , d'images , d'expressions métaphoriques , d'ellipses et d'inversions , peu d'épifchètês ou des épilhètes placées habituellement après les mots , en manière d'adjectifs , voilà ce qui, en poésie, caractérise ce défaut qu'on appelle prosaïsme. L'auteur, qui se l'est entendu beaucoup reprocher, a fait, pour y remédier, en plusieurs endroits, des efforts dont on doit lui tenir compte, et dont son ouvrage s'est bien trouvé.
L'Arioste a donné un exemple que Voltaire a suivi ,
Digiti
zedby G00gle
et qui est devenu une règle pour tous les poètes héroïcomiques; c'est de commencer leurs chants par une sorte de préambule ou de prologue. Ce sont des morceaux où l'esprit de Fauteur déploie toute sa 'coquetterie et tous ses charmes. Les prologues de M. Creuzé sont, eti géûéral; fort ingénieux. Je vquIoîs en citer un ou deux; mais l'espace me manque. Ce que j'ai dit du poëme suffit, jç pense, pour en faire concevoir et en justifier le succès. Les gens du monde et les femmes l'ont très bien accueilli : lés gens de lettres, un peu plus sévères, comme de raison , ont mis quelques restrictions k leur approbation; mais enfin ils l'ont accordée. Je connois même des vers charmants et très flatteurs qu'un de nos poètçs le& plus distingués « a faits en l'honneur du chantre dh la Table Ronde. L'exagération de l'amitié s'y fait un peu sentir ; mais les quatre derniers expriment avec beaucoup de grâce une pensée qui me paroît très juste :
On vous dira que parfois voire muse
A trop d'écarts a pu s'abandonner :
Mais est-ce un tort qu'un tort. qui nous amuse? - '
Et rire j ami, n'est-ce pas pardonner?
En effet, malgré des défauts , dont je crois n'avoir ni dissimulé ni affoibli l'expression 3 la Table Ronde est, sans contredit , un des ouvrages les plus amusants qui aient été publiés depuis long-temps.
1 M. Arnauk.
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