‹ Mélanges philosophiques et littéraires, Volume 2Chapitre 37 sur 40 · GOÛT · texte numérisé non relu

GOÛT

Il ne s'agit plus de faire entendre à M m « de Genlis que c'est un genre faux et pernicieux en littérature que le roman historique, surtout quand les personnages ont une grande importance, et qu'ils sont très rapprochés de nous. On lui a fait là-dessus , à l'occasion de la Duchesse de la Fallièrc, des représentations dont la justesse a été universellement sentie. Elle ne s'y est pas rendue. Cela vient-il de ce que les raisons qui ont frappé tous les esprits n'ont eu aucun pouvoir sur le sien? ou bien est-elle de ces écrivains opiniâtres qui se plaisent à lutter contre les idées reçues, et que la réprobation publique encourage toujours à la mériter davantage ? Je ne crois ni l'un ni l'autre : il faudrait supposer en elle défaut ou travers d'esprit, ce qu'assurément je suis bien loin de faire. J'aime mieux penser qu'elle partage l'opinion commune sur le vice

du genre qu'elle a adopte , mais qu'une noble confiance dans ses moyeqp Fa portée à essayer une seconde fois si, à force de talent, elle ne pourrait pas se faire absoudre de ce tort. Le succès de la Duchesse delà Val- Hère a pu autoriser cette témérité; mais celui de M me de Mainlenon ne la justifie pas* Le livre se vend bien , dit-on : cela ne prouve rien. M mt de Mainterum a eu beaucoup de lecteurs ; mais elle a fort peu de partisans. L'impression générale a été l'ennui, ou quelque chose d'approchant : il est aisé d en trouver la cause. Louis XIV et M m « de la Vallière, tous deux dans la fleur de l'âge , et ressentant l'un pour Tautre l'amour le plus vif et le plus tendre, étoient d'abord par eux-mêmes des personnages agréables et intéressants : ensuite les obstacles qu'éprouva leur passion naissante*, la froideur qui succéda dans le cœur du roi à l'ardeur de ses premiers transports, son infidélité, le désespoir, les remords de sa maîtresse, ce qu'elle eut à souffrit en restant quelque temps témoin du triomphe de sa rivale, le projet qu'elle exécuta de s'arracher à cet odieux spectacle en se précipitant au fond d'un cloître, tout cela formoit naturellement un de ces tableaux qui agitent l'ame et la remplissent d'émotions à la fois douces et pénibles. En disposant les faits de la manière la plus dramatique , en puisant dans son imagination et dans la connoissance du cœur humain des incidents, des détails de passion que ne fournissoit pas l'histoire, on pouvoit faire de cette aventure un ouvrage attachant, quoique répréhensible ; c'est ce qu'a fait M mc de Genlis. Mais ce même Louis XIV et M me dç Main tenon, parvenus tous deux à l'âge de la triste

raison, l'un désabusé des aimables illusions de Pamour pour en avoir trop joui , l'autre ne les ayant peut-être jamais connues et ne devant jamais les eonnoître; l\in prêt à abjurer les plaisirs pour la dévotion , l'autre ayant depuis long-temps mis dans la dévotion tous ses plaisii*s ; attirés l'un vers l'autre , celui-ci par ce besoin du repos qui succède à la fatigue des passions , celle-là par l'envie de conquérir l'ame d'un grand roi au profit de Dieu et au sien , de'tels personnages, il faut en convenir, ne sont guère propres à exciter cet intérêt de sensibilité qui nous attache aux héros de roman. La veuve d'un poète burlesque, parvenant, vers sa cinquantième année, à se faire épouser par Louis XIV, offre sans doute un point d'histoire très curieux , très digne d'être développé avec soin ; mais cette tâche appartient à l'historien, au moraliste, et nullement au romancier. Présentée dans toute sa vérité, dans sa vérilé nue, l'aventure est faite pour surprendre, pour intéresser même. Falsifiée, affublée, pour ainsi dire, d'épisodes, de scènes et de discours d'invention, elle perd tout son charme : le faux décrédite le vrai, et l'embellit moins qu'il ne l'éclipsé. Le fait étoit singulier, merveilleux dans l'histoire, et plaisoit par là même; il ne l'est point assez pour le roman , il y est commun , insipide, il y ennuie. Mais cependant ces coups de théâtre , ces conversations , tous ces ornements que la fiction y a ajoutés? Us révoltent l'homme instruit, amusent médiocrement l'ignorant, et choquent tous les esprits bien faits, lorsqu'ils ne sont point d'accord avec la situation et le caractère établi des personnes. On veut intéresser le lecteur à ce goût

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tranquille ei froid qu'un homme et une femme de cinquante ans ont l'un pour l'autre; et on lui prête malgré soi les couleurs (Fun amour à peine pubère ,les coups d'oeil furtîfs, les serrements de main, les palpitations, toutes choses qui jettent du ridicule sur l'auteur , quand elles ne sont pas faites pour en jeter sur ses personnages. On veut faire briller l'esprit de ses héros parce qu'il en revient toujours quelque chose à l'honneur du sien ; et l'on met toutes les finesses , toutes les gentillesses de la belle conversation dans la bouche d'un roi, dont l'esprit consistoit particulièrement dans une réserve noble, grave et laconique. Le roman de M mc de Genlis offre vingt exemples de ce défaut de convenance. J'aurai peut-être occasion d'en faire remarquer plusieurs dans la suite de cet extrait.

M m « de Genlis, tout en fabriquant un roman, a voulu faire croire qu'elle s attachoit à l'histoire. Elle ne manque pas, à chaque mot du texte qui est plus ou moins conforme à la vérité , de vous renvoyer au bas de la page , où l'on trouve cette courte note : historique. Elle a poussé le soin de cette sorte d'avertissement à un point presque risible : peu s'en est fallu qu'elle ne nous apprît en note que les noms de Louis XIV et de Maintenon sont historiques. Cependant, en dépit de cette belle apparence d'exactitude, j'ose assurer qu'elle donne souvent comme historique ce qui ne l'est pas. Ou elle ne connut que fort superficiellement le siècle de Louis XIV, ou elle ne le connoit que d'après des mémoires très infidèles. D'abord elle s'appuie fréquemment sur le témoignage de la Beaumelle : or laBeaumelle est

fort mensonger; Voltaire n'a rien dit de trop contre lui. C'est déjà un roman que ses Mémoires pour servir à F histoire de madame de Maintenon; et, ce roman étant devenu ^histoire sur laquelle M me de Genlis a bâti le sien, on peut juger de ce qu'est celui-ci. Je rais faire le relevé de quelques unes des erreurs historié ques que la nouvelle romancière a commises gratuitement et avec la prétention d'être exacte. — Elle met au nombre des personnages aimables qui se rassembloient chez Scarron avant son mariage, Antoine Hamil ton, l'historien du comte de Grammont. Scarron s'est marié en 1651 ; Hamilton est né en 1646; il avoit donc environ quatre ans quand il montroit dans la conversation tout le sérieux de sa nation , et dans ses écrits toute la légèreté /rançoise; c'est avoir commencé bien jeune. — « M me de Grammont (sœur d'Ha- € milton) joignok aux mœurs les plus pures l'esprit f « la douceur de son frère. » Hamilton éloit d'une causticité redoutable. Voltaire , qui le connoissoit un peu mieux queM mc de Genlis , a dit de lui : Toujours armé d'un trait qui blesse. M me de Genlis ne s'est pas moins trompée sur le compte de la sœur que sur celui du frère. M mc . de Gaylus dit de cette sœur : * Elle étoit « souvent Angloise insupportable , quelquefois flat- « teuse, dénigrante y hautaine et rampante. » -- * Le « temps avoit respecté son ouïe (de M m * de Mainte» « non). » M 111 * de Maintenon étoit devenue sourde; elle s'en plaint dans plusieurs de ses taures, et elle avoit, à cause de cela, obtenu de son directeur qu'il la confessât dans- sa chambre. — « Cette action (le refus de la place de dame d'honneur de la Dauphtne )

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fit un véritable honneur à M me de Maintenon. » C'est tout le contraire. Voici ce qu'en dit M me de Caylus, sa nièce : « Ce refus fit beaucoup de bruit à la cour : a on y trouva plus dé gloire que de modestie. » ~ M mc de Genlis raconte, toujours comme historique , que le roi reprocha fort durement à M» 6 de Richelieu, devant M me de Main tenon, les propos qu'elle avoit tenus sur le compte de celle-ci à M me la Dauphine. Il n'est pas un mot de tout cela. M 1 » 6 de Caylus dit ex* presseraient : « M m <> de Maintenon ne découvrit quV « près la mort de M me de Richelieu , dans un éclaircis- « sèment qu'elle eut avec M me la Dauphine , toutes les « choses qu'elle lui avoit dites. » — « On lui doit (à « M me de Maintenon ) les plus belles fables de La Fon- « taine. h Voilà bien la première fois qu'on entend parler de cette obligation-là. — M me de Montespan, quittant M m « de la Vallière qu'elle étoit allée voir aux Carmélites , lui demanda ce qu'elle diroit de sa part au frère de Monsieur. Tout ce que vous voudrez^ répondit M me de la Vallière. Cette réponse n'a pas serablé assez spirituelle ou assez pieuse à M me de Genlis; elle y a substitué celle-ci : Je ne parle de lui qu'à Dieu, et elle a toujours mis en note : historique. Je ne finirais pas si je voulois faire remarquer tous les endroits où ce maudit mot historique n'est qu'une fausseté qui en affirme une autre. Au reste, il importe assez peu que dans un roman on donne quelques soufflets de plus ou de moins à l'histoire* M 1 * 6 de Genlis a été mal informée-; c'est là presque toujours ce qu'on doit en conclure. On peut encore lui pardonner d'avoir dit que M 1 ** de Maintenon s'est opposée à ce que le roi dé-

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claràt leur mariage , quoiqu'elle ne puisse pas ignorer que M"" de Main tenon a essayé par deux fois d'obtenir cette déclaration : elle a peut-être dû dissimuler cette foiblesse, pour ne point dégrader le caractère de son héroïne, qu'elle présente comme un modèle achevé de modération et de désintéressement. Mais quel motif, qu'on ne devine pas, a pu lui faire taire que M mc de Maintenon a été élevée dans la religion protestante, et qu'elle ne l'a abjurée que peu de temps avant son mariage avec Scarron? Graignoit-elle que ce ne fût un triomphe pour le calvinisme d'avoir compté M mc de Maintenon parmi ses sectateurs , bu une tache pour celle-ci d'avoir renoncé à la religion de ses ancêtres? Craignoit-elle, en rappelant cette circonstance si connue de la vie de M me de Maintenon , d'être obligée de rendre quelque justice à M mc de Ville Ae , sa tante, calviniste zélée , mais aussi généreuse que M me de Neuillant, bonne catholique, étoit dure et avare? Quand on dit tant de choses qui sont fausses et n'en sont pas plus intéressantes, tant d'autres qui sont vraies et n'en sont pas plus utiles , pourquoi passer sous silence une chose à la fois véritable et importante, qui ne nuisoit en rien à la gloire de son héroïne ni au but de son roman? Les gens qui font leur cours d'histoire de France dans M me de Genlis, sont en risque de le faire très incomplet. Heureusement , les erreurs qu'elle leur fait entrer dans la tête, iront pour les vérités qu'elle leur cache , et ils ne s'en croiront pas moins savants.

Les gens de qualité d'autrefois trouvent, m'a-t-on dit, que M mc de Genlis est le seul écrivain qui sache

encore les mettre ea scène et leur faire parler leur langage. Û se peut qu'en effet elle imite avec beaucoup de vérité le jargon futile et maniéré qui étoit en vogue à la cour de Louis XV et de son successeur. Mais je doute qu'elle soit en état de retracer ces conversations remplies d'esprit, de grâce et de dignité, telles que nous nous figurons qu'en avoient entre elles les personnes de la cour de Louis XIV. Il faudroit bien rabattre de l'idée avantageuse que nous en avons, si elles ressemblent à celle que M me de Genlis établit entre mesdames de Maintenon et de Montespan, et que je vais transcrire ici tout entière. M me de Maintenon a assisté à la prise d'habit de M me de la Vallière. De re(our à Versailles , elle se rend chez M me de Montespan , où le roi vient la trouver pour savoir d'elle quelques détails de la cérémonie. Le roi commence par plaindre M me de la Vallière. « Ah! Sire, s'écrie M me de Maintenon , ne « la plaignez pas ; c'est ici qu'elle fut à plaindre ! Maince tenant elle est heureuse. — En vérité, Madame, dit « M me de Montespan, vous m'inquiétez, vous parlez « avec tant de goût des cloîtres , que je crains toujours « que vous ne finissiez par vous enfermer dans un coua vent. — Rassurez-vous, madame, je n'ai point de a scandale public à expier. — Je le vois, vous pensez « que le roi devroit se faire chartreux; car il a donné % tout autant de scandale que M me de là Vallière — r « Du moins, aux yeux du monde , un roi expie tout, « quand il ajoute à la gloire déjà nation et qu'il rend « ses sujets heureux. — Et par conséquent ses sujet- « tes; cette morale-ci me plaît beaucoup. — Mon Dieu! « Madame, quelle entreprise , de vouloir faire rire le

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« roi aujourd'hui! — Et vous, Madame, tous vou- « driez bien, pour me piquer, l'attendrir et le faire

• pleurer. — Et pourquoi voudrais -je vous piquer ? « — Par l'antipathie naturelle qui se trouve toujours « entre la pruderie et la franchise. — Vous vous ac- « cusez de pruderie? — Cela est vraisemblable. —

• Mais pourtant ce moxfranchise ne peut, entre nous, « désigner que moi. » Est-ce donc là cet esprit des Mortemart qui brilloit dans les saillies de M 1116 de Montespan, ce langage doux et en bons termes, qui, suivant Saint-Simon, distinguoit M me de Maintenon? Je m'abstiens de toute reflexion de détail sur cette étrange conversation ; mais j'en appelle au goût de tous ceux qui Font lue. Qu'ils disent si deux bourgeoises de la rue Saint-Denis , se disputant un amant du quartier, ne mettraient pas dans leurs picoteries plus de (inesse, de réservé et de décence. Au ton grivois succède quelquefois le ton emphatique. M me de Maintenon, racontant que, dans son enfance, elle étoit tombée malade sur le vaisseau qui la transport oit en Amérique, et qu'on l'a voit crue morte, dit: « Déjà l'on « préparoit la planche fatale sur laquelle on devoit « m'attacher pour me plonger dans les flots; déjà le ca- « non étoit prêt à tirer, etc. » M""* de Maintenon n'a

jamais écrit ni parlé de ce style. Elle n'auroit pas dit de M me do la Sablière : « Tous ses liens étoient poétiques: « un madrigal de la Sablière décida son mariage, des « stances de La Fare lui tournèrent la tête, une fable « de La Fontaine gagna son amitié. » M me de Maintenon n'auroit pas dit non plus au roi : € Vous avez placé « mon nom dans l'histoire. » Quoi qu'en ait pensé long-

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temps Louis XIV , elle n'étoit ni pédante ni précieuse* Louis XIV Jui-même avoit trop de sens, un sentiment trop juste des convenances, pour dire la dignité de mes enfants 9 en parlant de ses bâtards, avant qu'il eût songé à les légitimer et à leur assurer des droits a la couronne. Veut-on voir comme un roi s'y prend pour faire une déclaration d'amour? Dans je ne sais quelle conversation que Louis XIV et M me de Maintenon ont ensemble, M 1 ? 6 de Maintenon dit : « Sire, « sans partager le sentiment qu'on inspire, on peut « aimer mieux. ... » Le roi ne la laisse pas achever sa phrase, et dit : Non, on ne peut aimer mieux. Cela n'est-il pas tout a fait joli? Mais ce n'est pas seulement en propos que le roi étale cette fleur de gentillesse galante ; il ménage encore à sa vieille maîtresse les plus aimables surprises du monde. Il va la chercher du cèle de Maintenon , la rencontre dans son bois , lui fait remarquer qu'il y manque des routes , s'assied avec elle au pied d'un arbre, etc. Peu de jours après M mo de Maintenon, retournant à Versailles, voit son bois percé de routes superbes , sablées comme les avenues d'un jardin y et l'arbre entouré d'un banc circulaire. Le roi avoit donc bien remarqué la place de cet arbre sous lequel il n'étoit resté que quelques instants; il avoit donc pu le désigner assez exactement pour qu'on ne le confondît pas avec plusieurs milliers d'autres arbres qui se trouvoient là : en vérité tout ceci est merveilleux.

Le sortie M me de Maintenon étoit fixé, le roi avoit promis de l'épouser : elle se recueille et fait un examen de conscience pour s'assurer si elle a bien rempli jus-

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1 que là tous ses devoirs. Tout à coup elle se rappelle

i que, peu de temps avant la mort de Scarron , un jour.

> qu'elle rassemblent chez elle nombreuse compagnie,

| une blanchisseuse lui avoit prêté des chaises , et n'a-

| voit jamais voulu en recevoir le loyer. Elle charge le

[ marquis de Montchevreuil d'aller s'informer si cette

femme vit encore; et, sur sa réponse, elle part pour Paris, la surveille même de son mariage, et va faire un présent a la pauvre blanchisseuse. « Je serois inexcu- ' « sable, se dit-elle, si dans deux Jours je n'a vois ac-

« quitté toutes les dettes de la reconnoissance. » Vraiment il ne falloit pas qu'elle fût assurée de devenir la , femme de Louis XIV , pour être obligée de s'acquitter

de ce qu'elle devoit, et pour pouvoir satisfaire une malheureuse ouvrière. Enfin elle pouvoit tout aussi bien lui envoyer une bonne somme d'argent, et ne pas quitter Versailles dans un moment où elle y avoit tant à faire. On appelle pourtant cela amener des incidents touchants. Il faudroit avant tout qu'ils ne fussent ni puérils ni faux. La justesse d'esprit n'est pas toujours ce qui distingue M me de Genlis. M me de Maintenon n'avança pas ses parents autant qu'elle auroit pu le faire ; et cette modération a toujours été louée en elle. M me de Genlis prend la chose tout au rebours. Elle s'imagine qu'on a reproché à M me de Maintenon de n'avoir pas enrichi et élevé assez sa famille; et, pour la justifier , voilà qu'elle fait un grand étalage de tout ce qu'elle a obtenu pour les siens. « Elle obtint, dit- « elle, pour son frère, que le roi n'aimoit pas, un gou- « vernement, des pensions et l'ordre du Saint-Esprit. « Elle maria M Ue d'Aubigné au duc de Noailles» et les

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« bienfaits du roi facilitèrent ce mariage, etc. , etc. » , N'est-ce pas là une plaisante espèce d'apologie? Il y a long-temps que La Fontaine l'a dit : Mieux vaudroit un sage ennemi.

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