Globe j 17 mai 18Î7 ; tome V, page
s'il l'avait faite ; convaincu des desseins qu'il prête à la Providence, les événements ne sont à ses yeux que les moyens dont elle s'est servie pour les accomplir : il ne lui reste qu'à le faire voir, ce qui n'est jamais bien difficile quand on a le dénoûment pour soi et le mystère de la pensée de Dieu pour complice. De là une exposition rapide où tout s'eçnchaîne , s'ordonne, se concentre comme dans une épopée. Vico, qui ne cherchait la loi des événements que dans les événements eux-mêmes , n'avait pas si beau jeu. Sans avoir la lucidité d'esprit de Montesquieu , il avait à surmonter toutes les difficultés de son point de vue, et sa tâche était infiniment plus vaste. Montesquieu ne cherchait que l'esprit des institutions; Vico en cherchait la loi, et non-seulement la loi des institutions , mais la loi de toutes les autres choses qui expriment la pensée humaine, et celle de la pensée humaine elle-même , dans laquelle toutes les autres viennent se résumer. Si Vico était parvenu à déduire rigoureusement de l'histoire la solution d'une pareille question , son livre serait le plus grand monument philosophique qui fût sorti de la main d'un homme. Mais, en supposant que les éléments de cette solution existent, et qu'on puisse les trouver dans les pages déchirées de l'histoire et dansla connaissance approfondie de l'homme et de la terre qu'il habite, recueillir ces éléments et en ' exprimer la conséquence cherchée ne pouvait être la gloire du premier qui en conçut la pensée. Le monde physique ne change pas, il marche aujourd'hui comme il marchait hier; et cependant, après tant de travaux, nous ne connaissons encore que quelques-unes de ses lois. L'humanité au contraire est essentiellement mobile ; sa loi est la loi d'une chose qui marche, et non pas d'une chose qui tourne. Pour trouver cette loi, il faut donc sa-