DU RÔLE DE LA GRÈGE, ETC
contrôlèrent, se rallièrent au flambeau de l'esprit grec , et de cette union intellectuelle résulta le premier monde civilisé , le monde grec ou oriental , du sein duquel sortit le christianisme. Le christianisme, comme philosophie, fut le ré>sumé populaire de tout ce que la sagesse de ce premier monde avait trouvé de vrai sur la destinée de l'homme. Les religions précédentes, filles des sens et de l'imagination, n'avaient été que des religions d'enfants et de barbares. Elles étaient toutes d'une date antérieure à la civilisation. Le christianisme fut la première religion réfléchie, la première religion d'hommes, n fut le produit , l'expression et le couronnement du premier âge de la civilisation , et par cela même, le principe et l'âme du second. Ainsi s'accomplit le rôle immortel de la Grèce dans les destinées de l'humanité. Dès lors, la civilisation forma sur la terre un corps puissant et désormais invimble.' La boule de neige était faite, il ne lui restait plus qu'à tourner sous la main du temps pour ramasser l'humanité. Une fille de la Grèce, Rome, réunissait alors sojjs son empire les nations de l'Occident. QuanB cet empire fut grand, il se jeta sur le monde oriental ; et du mélange se forma un monde plus ' vaste, le monde des rives de la Méditerranée, le monde ihéridional ou romain. Alors le Midi et le Nord se mirent en communication, le Midi civili# et le Nord barbare ; et une nouvelle agglomération se prépara. Quand on jette une brassée de bois vert sur un feu bien allumé, d'abord ce nouvel aliment semble l'étoufier ; à l'éclat pur qu'il répandait, succèdent tout à coup des torrents de fumée ; mais, à la fin, l'eau s'évapore, les fibres se dessèchent et s'embrasent, la flamme se fait jour, et le foyer resplendit d'une clarté nouvelle et plus puissante. C'est l'image de ce qui arriva quand les populations sauvages
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du Nord vinreût se foodre dans les populations policées du Midi. L'équilibre s'établit pour ainsi dire entre la barbarie des unes et la civilisation des autres, et il en résulta une civilisation moyenne qui devint celle du mélange. A ce prix seulement, les races nouvelles pouvaient être assimilées aux races anciennes et élevées à leur niveau« Mais la barbarie est un élément inerte, au lieu que la civilisation est un principe actif. £n fermentant ensemble, la civilisation devait donc peu à peu et à la longue absorber la barbarie. Cette opération chimique s'accomplit lentement durant le moyen âge, du sein duquel sortit à la tin le troisième mcHide civilisé, le monde européen, plus vaste que le monde romain, comme celui-ci avait été pli^ vaste que le monde grec. Ce troisième monde, qui est à peine achevé, a déjà commencé à en enfanter un quatrième, le monde américo-européen, qui étend ses bras en Asiejparle nord et le sud, enveloppe!' Afrique^ prend positron danslaNouvelle^HoUande, possède ou surveille toutes les lies de la terre, et deviendra avec le temps le monde total et définitif, le véritable monde, le monde de rhumanité.^oità l'immense horizon que la civilisation a rempli de sa lumière, depuis le jour où elle brilla comme un faible crépuscule fiur les montagnes solitaires de la > Grèce. Ses premiers progrès furent lents #t pénibles : il lui fallut mille ans pour sortir de son beroeau; mais elle gagna des forces en avançant ; et, dans les temps modernes, trois siècles lui ont sufâ pour soumettre un monde. Aujourd'hui, c'est un géant qui n'a plus de rival sur la terre; les barbares fuient devant son souffle; elle n'a désormais que des conquêtes à faire, nulle part des luttes sérieuses à soutenir. Cependant, au milieu de ses prospérités, qu'at-eUe fait de la Grèce, sa glorieuse patrie? Faut-il le