‹ Mélanges photographiques: Complément des nouvelles instructions sur l'usage du daguerréotypeChapitre 4 sur 23 · PRINCIPES D'OPTIQUE · texte numérisé non relu

PRINCIPES D'OPTIQUE

INDISPBNSABLES AUX PERSONNES QUI S'OCGUPENT DB PPOTOGRÀFHIB.

V Tous les instnimens formés d'ane ou de plusiears lentilles convexes donnent, en an point que l'on nomme foyer» une image des objets éclairés sur lesquels on les dirige.

2^ Toutes les fois qu'on pourra placer au foyer d'un de ces instnimens une plaque revêtue de sa couche impressionnable, on obtiendra une copie des objets, mais cette copie ou plutôt cette image, sera plus ou moins nette, plus ou moins lumineuse , suivant la perfection des lentilles et leur position relativement aux objets.

^ Toute image produite par une lentille convexe, est renversée.

4*' La grandeur de Timage est à celle de l'objet, comme la distance de l'image à la lentille est à celle de cette dernière à l'objet.

5^ Bien que nous n'ayons à nous occuper ici que des rayons divergens, néanmoins, pour faire bien comprendre ce qu'on doit entendre par foyer, il est indispensable de dire quelques mots des modifications que les lentilles font subir aux rayons parallèles (1).

(1) A la rigueur, il n'existe pas de rayons parallèles ; les rayons solaires sont eux-mêmes des rayons divergens, mais eu ^ard à la distance qui nous sépare de cet astre, ou est convenu de les considérer comme parallèles.

— lu —

6* Lorsque des rayons parallèles tombent sur une lentille convexe, ceux qui la traversent en passant par son axe, ne subissent aucune modification et sortent du verre en suivant leur direction primitive, mais tous les autres §ont déviés et viennent s'entrecroiser derrière la lentille, en un certain point de Taxe, point que Ton nomme foyer.

Exemple : Le rayon R'C (fig. 1) qui passe par le centre de la lentille LL', continue directement son chemin^ mais les rayons RL, R"L' sont réfractés et s'entrecroisent en un point F situé sur le prolongement de Taxe RT. Le point F porte le nom de foyer princ^ ou foyer da$ rof/ons parallèles (1).

7° Voyons maintenant ce qui arrivera lorsque les rayons seront divergens. Les rayons RL, RL' (fig. 2) divergeant du point R, rencontrent la surface de la lentille LU dont le foyer principal est en O ; réfractés par le verre, ils convergent vers le point F où ils s'entrecroisent en formant une image du point R.

8° Si l'on rapproche de la lentille le point rayonnant R, le foyer F s'éloignera et réciproquement, mais ces déplacemens s'effectuent suivant certaines règles,

9" Supposons que le point R soit transporté en P placé deux fois aussi loin de C que 0\ le foyer F se portera en P', à une distance CP' égale à CP. Mais si R se trouvait en O', les rayons réfractés deviendraient parallèles et il ne se formerait pas d'image ; enfin, si R était placé entre 0' et G, les rayons divergeraient après la réfraction. On peut considérer indifléremment comme foyer, le point F ou le point R ; or, si le point rayonnant est en F, son image se formera en R

(1) Ge foyer varie pour une même lentille bi-coavexe dont les deux courbures sont différentes, suivant que les rayons frappent Tune ou l'autre surface ; il en est de même lorsque ia lentille est piano-convexe.

comme eBe se forme en F lorsqu'il est en R ; c'est à cette coïncidence cpe Ton donne le nom de foyers conjugués.

10"* Il est important de se familiariser avec cette théorie fort simple, car elle est la clé des eflFets produits par les instrumens d'optique, et nous verrons plus tard qu'elle nous fournira les moyens de varier leurs applications ; mais on comprend déjà que plus nous rapprocherons l'objet de O ou de (y, suivant le côté de la lentille exposé à la lumière, plus les rayons réfractés tendront à devenir parallèles et par conséquent plus le foyer sera éloigné du verre ; mais poursuivons la théorie de la formation des images.

11** Nous avons dit que les lentilles produisent des images des objets sur lesquels on les dirige ; comment s'opère ce curieux phénomène. On sait qu'en perçant un petit trou dans le volet d'une fenêtre et en laissant pénétrer des rayons lumineux par cette ouverture, dans une chambre bien obscure, on aperçoit sur le mur opposé à la croisée ou sur un écran, l'image renversée des objets extérieurs. On n'ignore pas non plus que la netteté de cette image est relative au diamètre de l'ouverture , c'est à dire, que plus l'ouverture est large, moins l'image est distincte, tandis qu'elle devient de plus en plus nette à mesure que le trou devient plus étroit. Cette expérience facile à répéter, appartient à Porta et fut l'origine première de la chambre obscure; mais en exposant ce phénomène. Porta n'en donnait pas l'explication, et comme c'est le point de départ de tous les instrumens dioptriques , je m'y arrêterai un moment.

12° La lumière se meut en ligne droite, à moins qu'elle ne soit déviée de sa route par des circonstances particulières. Tout rayon lumineux parti d'un corps, marchera donc directement, à moins qu'il ne rencontre un obstacle ipii l'intercepte. Or, de tous les points des objets lumineux par euxmêmes, ou éclairés, partent des rayons qui se portent en di-

vergeant dans toutes les directions. Si les laisceaux formés par la réunion de ces rayons, rencontrent un corps opaque et poli, ils sont réfléchis dans une direction opposée à celle qu'ils suivaient d'abord ; mais si, en un point quelconque de l'obstacle, il existe une petite ouverture, les rayons qui tombent en ce point, poursuivent leur route jusqu'à ce qu'un nouvel obstacle s'oppose à leur passage.

idf" Supposons qu'un homme soit placé à une certaine distance de l'ouverture, et que du côté opposé , l'on présente un écran; l'image de l'homme viendra s'y peindre, mais dans une situation renversée , et cela se conçoit sans peine , car, en admettant pour simpliGer, que l'ouverture du ^ volet soit située sur une ligne qui vienne aboutir au milieu du corps de l'homme, il est clair que les rayons lumineux partis des pieds, se dirigeront de bas en haut pour se glisser par l'ouverture, et suivant toujours la même direction, iront faire leur impression à la partie supérieure de l'écran, tandis que les rayons de la tête s'élanceront de haut en bas, et après s'être entrecroisés avec ceux de l'extrémité opposée, peindront l'image des différentes parties de la tête, à la partie inférieure de l'écran, et ainsi de suite pour toutes les parties intermédiaires du corps. Les rayons partant de droite et de gauche suivront une marche analogue.

14° Lorsqu'on agrandit l'ouverture, elle donne passage à un plus grand nombre de rayons et par suite» les images de plusieurs points de l'objet ne se formant pas toutes au même foyer, ne se dessinent plus nettement. Si l'homme fait quelques pas vers l'ouverture, il sous-tendra un plus grand angle et conséquemment les rayons seront plus obliques, se rapprocheront davantage de la verticale, donc l'image sera plus grande ; au contraire, lorsqu'il s'éloigne , Tangle est plus petit ainsi que l'image.

15"* Suivons l'expérience de Porta et plaçons une lentille convexe à l'ouverture du volet, nous aurons la chambre obscure

que tout le monde connaît aujourd'hui. Soit LL (fig. 3.) une lentille bi-conveie et MN un objet éclairé dont tous les points envoient des rayons divergens qui s'entrecroisent en tous sens; prenons pour simpliGer trois rayons partant du centre, trois du sommet et trois en6n, de la partie inférieure; ces rayons viendront frapper la lentille qui les réfractera vers les points n, a, m où se montrera l'image w, m, de l'objet NM. Cette figure explique parfaitement l'inversion de Hmage, on y reconnaît aussi fort bien, la relation qui existe entre la distance de l'objet et la grandeur de l'image. En eSet, m, n est à MN, comme la distance c a est à la distance c A.

IG" Cette dernière règle nous indique le procédé à suivre pour obtenir à volonté des images d'une grandeur déterminée ; ainsi, supposons que e A soit égal k ca^ l'image m, n sera égale à l'objet MN ; si c A égale deux fois ca^mn sera de moitié moins grand que M N ; si au contraire c a égale deux fois c A, mn sera le double de MN. Il est facile de vérifier ces proportions au moyen d'une règle graduée que l'on place devant la lentille, à différentes distances.

Nous avons donc établi une proposition très importante, en ce qu'elle permet de déterminer à l'avance les grandeurs relatives de l'image et de l'objet; tout le monde pourra désormais utiliser ces connaissances pour faire des applications plus étendues des instrumens au moyen desquels on peut obtenir des images photographiques.

17*» Il est encore un point très important, sur lequel j'appellerai l'attention ; je veux parler des moyens auxquels on a recours pour rendre les images plus lumineuses.

Quand on opère avec deux lentilles de même foyer, on peut rendre les images de l'une beaucoup plus brillantes que celles de l'autre, en augmentant l'étendue de la première. Si , par exemple, une des lentilles a O*" 10 carrés de surface, tandis que l'autre n'en a que 0°* 05, la première interceptera deux fois plus de rayons lumineux que la seconde, et il est évident

que l'image sera deux fois plus lumineuse. Exemple : Le cône lumineux L A L (Gg. 4) sera entièrement intercepté par la lentille LL, tandis que la lentOle II n'en interceptera qu'une partie. 11 faut se garder de confondre la clarté avec la netteté, ce sont deux choses totalement différentes, et l'on n'obtient ordinairement l'une qu'aux dépens de l'autre. Nous en trouvons un exemple frappant dans l'effet produit par les diaphragmes. On sait, et d'ailleurs j'expliquerai plus loin, qu'il est nécessaire, dans certains cas, de rétrécir le faisceau de lumière qui tombe sur une lentille ; l'objectif employé d'abord par M. Daguerre, avait 0" 081 de diamètre etuo diaphragme de 0» 027 d'ouverture. Je reviendrai sur ce sujet.

18"* Jusqu'ici nous avons opéré avec des lentilles simples, mais céds verres ne pourraient sufilre aux besoins de la science ; les aberrations sphérique et chromatique les rendent tout-à-fait impropres à produire les effets qu'on exige des instrumens d'optique. J'expliquerai d'abord ce qu'on entend par aberration de sphéricité.

lO"* J'ai constamment supposé que les rayons réfractés par des lentilles simples, avaient leurs foyers situés dans un même plan ; mais en admettant que la réfraction s'effectue également dans tous les points de la lentille, il est évident que les rayons les plus obliques, après avoir été réfractés, ne pourront s'entrecroiser et former leur foyer dans le même plan que les rayons voisins de l'axe ; il est encore certain, que ces derniers subiront une réfraction moins forte et que, par conséquent, ils convergeront plus tard et formeront leur image plus loin ; donc, tous les foyers ne se trouvant pas dans le même plan, l'image ne sera distincte qu'en certains points. " 20° Soit la lentille piano-convexe L L (fig. 5.) et les rayons RR, R'R' émanés du soleil et tombant parallèlement à AF, sur la surface plane du verre ; R'L', R'L' voisins de Taxe AF, subiront une réfraction moins forte que RL, RL, et vien-

— If) —

dront s'eiHrecpoiser ert un foyer F, Caiidw que RL, RL aiiroût leur fojer en f. Comment avoir une image {jarfaite avec cette difiérenee de foyers? Prolorigeoi*» Lf, Ljf, juft(|ii'efi G et en H, poiot» eà les rayons reocootreraie&l le plan GH du foy^ F, et l'iBiage du seleit nous paraîtra entourée d'itfiA zdtte à lafueHe en dmui^ le nem de HoUo, et qui est d'autant moins brillante qu'elle s'éloigne davantage du eenbre F. Le même raisonnettienl est appKeabte à tous les rayons iater-médiaires à RL et à HiV et leurs différens foyers se tro^iverent entremet F.

81» Veiit*-o» vériâep l'exaetitude de ces règles? rign n'es* pkis facile. Couvrons ta surface plane de la lentille, d'un diaphragme dont youverture centrale ne donne passage qu'aux rayons les plos voisins de l'axe, et nous verrons l'image nette du soleil en F. Si nous substituons à ce diaphragme un petit disque qui intercepte les rayons du cen* tre, nous aurons également une image du soleil formée par les rayons RL, RL, mais située en f. Ces deux expériences viennent encore à l'appui de ce que j'ai dit plus haut , car dans les deux cas, Tirnage est rendue plus nette, mais moins lumineuse. On a donné le nom d'aberration longitudinale à la distance^ F, et celui d'aberration latérale à l'écartementGH.

29^ Pour comprendre ce qu'on entend par aberration chromatique, il faut se rappeler que la lumière est décomposabte, en ^autres termes, qu'elle résulte de l'assemblage, du mélange d'un certain nombre de couleurs que l'on considère cDttiaie les élémens de la lumière blanche , parce qu'on n'a pas encore pu les décomposer. Ces couleurs primitives sont au nombre de sept classées dans Tordre suivant . rouge, orangé, jaune , vert, bleu, indigo, violet (1). On ob-

. (1) Plusieurs physiciens, et parliculièrement M. Brewster, n'admettent que trois couleurs élémentaires : le rouge, le jaune et le bleu.

lient cos couleurs en décomposant la lumière au moyen (l'un prisme, et l'image colorée que Ton produit, porte le nom de spectre solaire. Puisque les prismes décomposent la lumière blanche, une lentille qui n'est autre chose qu'une réunion de prismes, doit également décomposer les rayons lumineux qui la traversent et par suite, produire des images colorées des objets d'où partent ces rayons; aussi, lorsqu'on regarde à travers une lunette non achromatique (1), voit-on les objets bordés par des couleurs irisées.

23*" Toutes les couleurs qui forment un rayon de lumière blanche ne sont pas réfractées également par les lentilles, et conséquemment ne peuvent concourir au même foyer pour recomposer le rayon blanc, et non seulement nous trouvons dans ce phénomène l'explication de la coloration de l'image, mais encore celle du défaut de netteté qu'elle présente. Un exemple fera parfaitement comprendre ce qui précède.

24« Soit LL (flg. 6) • une lentille bi-convexe et RL, RL, des rayons de lumière blanche, parallèles, composés de sept ' rayons colorés ayant chacun un indice de réfraction difiFérentet ne pouvant donc être réfractés vers un seul et même point ; les rayons rouges seront réfractés en r , les rayons violets en V ; la distance v r, constitue l'aberration chromatique, et le cercle dont le diamètre est a b placé au point de la réfraction moyenne, porte le nom de cercle de moindre (iberration. Si l'on réfracte les rayons solaires au moyen de la lentille et qu'on reçoive l'image sur un écran placé entrée et 0, de. manière à couper le cône LafrL, le cercle lumineux formé sur le papier, sera limité par un bord rouge, parce qu'il sera produit par une section du cône La 6 L dont les rayons extérieurs L a L 6, sont rouges ; si l'on porte l'écran au delà de o, le cercle lumineux sera bordé de violet, parce qu'il sera une section du cône r abf dont les

(1) De « privatif et xfià^- ou xwa« couleur (sans couleur).

rayons extérieurs sont violets. Pour éviter Tinflaence de Taberration de sphéricité et rendre le phénomène de la coloration plus évident , on applique un disque opaque sur la partie centrale de la lentille, de manière à ne laisser passer les rayons que par le bord du verre. On voit donc qu'avec la lentille convexe simple, nous aurons une image violette du soleil en v, rouge en r, et enfin des imagesde toutes les couleurs du spectre, dans l'espace intermédiaire ; par conséquent, l'image générale sera non seulement confuse, mais revêtue de couleurs irisées.

Je ne m'occuperai pas ici des moyens qu'on a mis en usage pour combattre les aberrations sphérique et chromatique, on en trouvera la description dans les ouvrages spéciaux et dans mon Traité du Microscope.

Nous pouvons actuellement comprendre les effets produits par les instrumens dioptriques dont nous ferons usage.

DE LA GHiUIBRE 08SGUBE

ET DES AUTRES INSTRUMENS DONT ON PEUT FIXER LES IMÀCIBS AU MOYEN DES fPlOGÉDtS PHOTOGRAPHIQUES.

Il existe certainement ui^ grande différence entre les objectifs achromatiques simples oa composés que Ton emploie an|ourd'hui, et la lentille convexe que Porta appliquait au volet d'une fenêtre , néanmoins^ le principe est toujours le même. Toutes les modiGcations que Ton a fait subir aux lentilles, avaient pour but de détruire soit Taberration de sphéricité, soit l'aberration chromatique. Mais avant de toucher à l'objectif, on essaya de recevoir l'image sur une surface concave ayant une courbure en rapport avec celle de la lentille ; on ne tarda pas à s'apercevoir que ce moyen n'était pas applicable dans la pratique (1) , et l'on fut obligé de condamner à l'inaction une grande partie de la lentille au moyen d'un diaphragme à petite ouverture. C'était remédier à un défaut en lui en substituant un autre , puisqu'on diminuait considérablement la clarté de l'image , tout en employant des verres plus grands et par conséquent, plus chers. Il était réservé à Wollaston de résoudre le problème, en modifiant les courbures des verres. Le 11 juin 1812 , cet illustre physicien lut à la Société royale de Londres ,

(1) Cependant, on construit aujourd'hui des daguerréotypes â^ planchettes courbes ou plutôt cylindriques, (Voir plus loin.)

un Mémoire dans lequel il exposait la théorie de sa noaveQe lentille. Ce travail est consigné dans les Transactions phi-losophiqties de la même année. Je ne fatiguerai pas mes lecteurs en le transcrivant en entier, et me bornerai à en extraire les principaux passages.

«....'... J'ai eu recours, dit Fauteur, à la voie des expériences pour déterminer la construction au moyen de laquelle on peut étendre le plus possible le champ de la représentation des objets qui viennent se peindre dans l'appareil Dans les chambres

obscures ordinaires, où les images des objets éloignés sont formées sur une surface plane à laquelle le verre lenticulaire est parallèle, si les deux surfaces de ce verre sont convexes et ont des courbures égales, comme dans la fig. 7. Si la distance de ce verre est telle que les images formées dans la direction de son axe GF, soient le plus distinctes possible^ les images des objets latéraux seront plus ou moins distinctes, selon qu'elles seront plus ou moins éloignées de Taxe, y)

« Deux causes principales produisent la confusion de ces images : en effet, et en premier lieu, toutes les parties du plan^ à l'exception du point central, sont à une plus grande distance du centre du verre lenticulaire que son foyer principal; c'est à cause de cela qu'il est en général meilleur de placer le verre lenticulaire à une distance un peu moindre que ceUe qui aurait donné le plus de netteté aux images centrales, parce que dans ce cas, on donne une étendue modérée au champ de la représentation des images, au moyen d'une mise au point plus convenablement adaptée aux objets latéraux, sans diminuer d'une manière sensible l'éclat et la netteté des images centrales. Néanmoins on n'a fait alors que diminuer le manque de netteté, mais on ne l'a pas fait disparaître. »

<( La construction au moyen de laquelle je propose de re-

médicr à ce défaut , est représentée dans la fig. 8 où l'on voit les parties essentielles d'une chambre obscure périsco* pique dans les proportions convenables. »

ce La lentille est un verre ménisque dont les surfaces ont leurs courbures dans le rapport d'environ deux à un ; elle est placée de manière que sa concavité regarde les objets, et que sa convexité soit tournée vers le plan sur lequel se forment les images. L'ouverture de la lentille est de quatre pouces anglais (O" 102), et son foyer d'environ 22 (0" 557). 11 y a également une ouverture circulaire de deux pouces (0"'051) de diamètre, placée à environ un huitième de la longueur focale de la lentille et du côté de la surface concave. Elle a pour objet de déterminer la quantité et la direction des rayons qui doivent être transmis. »

« Nous avons déjà fait observer que , dans

les lentilles ordinaires, les pinceaux de rayons obliques ont un foyer dont la distance à la lentille est moindre que celle du foyer principal ; mais, dans la construction que nous venons de décrire, la distance focale des pinceaux obliques est non seulement aussi grande, mais plus grande que celle du pinceau direct. ))

« En effet, puisque la première surface est disposée de manière à produire la divergence des rayons parallèles, et par conséquent, à allonger le foyer formé ensuite par la surface convexe , enfin puisque cette divergence est encore augmentée par robliquité de l'incidence des rayons, la distancé focale résultant des actions combinées des deux surfaces sera plus grande que dans le centre, si l'incidence des rayons sur la seconde surface n'est pas tellement oblique qu'elle augmente la convergence. C'est pour cela que l'ouverture E (flg. 8) est placée beaucoup plus près de la lentille que le centre de courbure de la seconde surface; de sorte que les rayons obliques E/*, après avoir été réfractés par la première surface, sont transmis à travers la lentille à peu près dans

la direction de son rayon le plus court, et vont ensuite converger en un point dont la distance est telle, que l'image en f est presque dans le même plan que celle des objets placés au centre de la lentille. »

Ces divers passages du Mémoire de Wollaston n'ont pas besoin de commentaires; mais nous engageons nos lecteurs à les lire avec attention , car bien que le verre périscopique simple de Wollaston ne soit plus appliqué aujourd'hui aux chambres obscures, nous verrons cependant que Ton a conservé la forme ménisque sur l'utilité de laquelle Wollaston a le premier attiré l'attention des physiciens (1).

On me pardonnera, sans doute , de rappeler ici la notice que je publiai autrefois sur les chambres obscures. Les rapports favorables faits à la société d'encouragement, en 1819 et 1823, ne laissent aucun doute sur l'utilité des perfectionnemens que mon père et moi nous fîmes subir à la partie optique de Tinstruroent et m'autorisent à rappeler des titres perdus dans un opuscule épuisé depuis long-temps (2).

Dans le mois de novembre 1819, je présentai avec mon père, à la Société d'encouragement, un prisme convexe destiné à remplacer la lentille et le miroir redresseur des chambres obscures ordinaires ; vers le mois de novembre 1823, nos expériences nous conduisirent à faire usage d'un prisme ménisque qui, aux avantages du précédent, joignait celui de détruire en partie l'aberration de sphéricité. Ces

(1) On a dû reconnaître, en lisant ce Méuioircquerobjectifde M. Daguerre n'est pas autre chose que celui de Wollaston achromatisé. La lentille de M. Dagnerre a 0*" 081 de diamètre, 0" Oîs8 de foyer, le diaphragme est placé à 0" 068 en avant du verre et son ouverture présente un diamètre de 0"' 027.

(2) Notice sur L'usage des Chambres obscures ci des Cham^ bres claires \ 2" édit. , brochure in-S", planches.

prismes étaient exclusivement employés par les amateurs et les artistes, lorsque la découverte de la photographie vint donner une nouvelle directioli aux recherches optiques , et me conduisit à faire au daguerréotype, l'application de Tobjectif que j'avais inventé cinq ans auparavant. Je ne reviendrai pas ici sur ce que j'ai déjàdit ailleurs à ce sujet, et je passerai de suite aux nouvelles applications de la chambre obscure.

Jusqu'à présent, on n'a employé cet instrument que pour obtenir une image réduite des objets et voilà précisément la cause principale du peu d'extension que l'on a donnée à la photographie. Le daguerréotype n'était, en quelque sorte, qu'une récréation offerte aux amateurs ; mais il est temps de lui assigner un rôle plus utile.

Avec une bonne chambre obscure, on peut non seulement produire une image réduite d'un objet, mais encore la produire de grandeur naturelle et même amplifiée.

Si l'on se rappelle ce que j'ai dit des foyers conjugués, on comprendra aussitôt que rien n'est plus simple que de modifier à volonté la grandeur de l'image. £n rapprochant la chambre obscure de l'objet, on agrandira l'image et réciproquement ; lorsque l'objet et le verre dépoli seront à égale distance de l'objectif, l'image sera de grandeur naturelle. Mais pour obtenir ces effets, il est nécessaire de modifier le tiroir de l'appareil en lui donnant une longueur suffisante pour qu'on puisse mettre au point lorsqu'on veut obtenir une épreuve de grandeur naturelle. Si l'on avait besoin d'amplifier l'objet , on ,se servirait du microscope simple ou du microscope solaire. Dans mon Traité des Microscopes , publié en 1839 , avant que M. Daguerre eût fait connaître ses procédés^ j'indiquais déjà le parti que l'on pourrait tirer du microscope solaire et du mégascope> en les substituant à la chambre obscure dans les expériences daguerriennes (1).

(1) Voyez ledit traité, page 73.

JwjA l(^ qaw/cle jcajioQit te iojwe ou jjt^rosqqpe sim^e, je jQ'aw^ doac iw'à eij^î^er la maojièi'e de ^ap|dîq^e^ à|a

Quand oa place l'œU derrière une loupe , cet organe intercepte des faisceaux de rayons rendus presque paroles par la réfraction; ^is si Ton permet à ces rayA)ns de continuer leur route, ils s'entrecroiseront em un cef^n point ou foy^r où ils formeront une jmage renversa de l'objet. On pourra s'en assurer en recevant cette in^ge s^r un écran ou sur un verre dépoli. Le çiicroscope solaire est un microscope sU^pIe fortement; éclairé par les rayons solaires concentrés sur Tobj^ auinoyen d'une loiq>e puissante. Quant au mégascope, sa ttiéo^ie e^ «ab^aluffieut 3emblahlç à celle de la chambre obscure o^ du microse<^ solaire.

Pour faire desépreuvesavec Je microscope simple, onplaœ la lentille au soiAOïetd'un cône ou d'une pyrpaide débets ou de carton dont la grande ouverture /est ^convenablement disiposéepour r,ecevoir la glaqe dépolie et le cjljilis^is à yol^. Si l'ou veut opérer avec un nûqroscope composa, il fout dévisser l'objectif, et l'employer ^omme la l($n|p[edu,^oroscope sii^e. U e^t à peine n^écei^sajre 4e 4écri^e le prg^é^ à sulvjre pour faire des épreuves ^vec le my^ioscppe ^(^^, néaninoins j'jin^iquqcai une djsjiKitsitian ^ort ^i^e qt gf i n'exige ^w^^u^s im^.

Qn dispose \i^ microscope ^olair^e comme d'ibs^itude , ^t l'on fait pénéirer l'objectif dœos l'orifice a^jté^ci^ 4'W^ cbaoibi;e obture j^acée sur un pied ^u K^ainte^ue, jf^ Jto^t autre moyen , dans une position fixe. On met au point, et l'jpagp ^^e ^lï^sipe sur le verre dépoli.

P'aiprès pe que j'ai # 4e )^ panière de se servir ,# 4»i- ^Q^cque #mple ou coçiposé , on conçoit qu'on obtien^rail; des néH^Lltats seipUaUes en mettait tes lentilles montées sur un tube convenablement disposé, à la placeile j'^ibjectîf de

la chambre noire et en fixant les objets sur un support mobile au devant de l'appareil. Il est bien entendu que l'on dirigera l'objectif vers le soleil ou vers le point le plus éclairé du ciel , à moins qu'on ne fasse usage d'un miroir parallèle ou d'un prisme. Au reste , il est facile de modifier ces dispositions et je ne pense pas qu'on soit jamais embarrassé pour faire des expériences de ce genre.

On ne se contentera donc plus d'employer l'admirable découverte de MM. Niepce et Daguerre à reproduire des vues, des monumens, à faire des portraits de petites dimensions ; l'histoire naturelle (1) s'en servira comme d'un puissant auxiliaire; les beaux-arts emprunteront son secours; les graveurs n'auront plus besoin d'avoir recours au calque pour copier des gravures , car en augmentant les proportions de l'appareil , ils ne seront pas arrêtés par les dimensions des modèles et forceront en quelque sorte l'original à se calquer de lui-même ; le peintre, qui regrette parfois de se séparer de l'œuvre à laquelle il a donné tant de soins, de temps, je dirai même tant d'amour , et tout cela pour la voir passer en des mains étrangères, le peintre pourra conserver des copies fidèles de ses travaux , et se former une galerie de souvenirs en moins de temps qu'il ne lui en a fallu peut concevoir et mûrir l'idée première d'un seul de ses tableaux. Tout le monde pourra réunir une belle collection de tableaux rares, de gravures curieuses, d'objets d'art, de précieux autographes, etc. , etc. Plusieurs amateurs, parmi lesquels je citerai particulièrement MM. Middleton etMailand, ont déjà reproduit sous leurs véritables dimensions , des gravures,

(1) On a déjà essayé plusieurs fois de reproduire des objets d'hist3ire naturelle et surtout des insectes ou des parties d'insectes amplifiées au moyen du microscope solaire; mais ces essais sont trop imparfaits pour donner une idée exacte de ce que l'on peut obtenir en ec genre.

des tableaux précieux, et Ton se rappelle peut-être que j'ai annoncé dans ma première brochure sur le daguerréotype, la possibilité de faire des portraits de grandeur naturelle. Je n'en finirais pas si je voulais énumérer tous les services que la photographie est appelée à rendre aux sciences et aux arts. Que Ton comprenne bien les principes si simples que j'ai placés au commencement de ce travail, et chaque jour on trouvera l'occasion d'employer utilement cette belle conquête de lesprit humain.

DE LA GBAMBRE (ttSCDBE

KT DIS DfYBRSttS PâCKS D« L'APPA«EIL.

La chambre obscure est la pièce essentielle de l'appareil daguerrien; l'objectif est la partie la plus importante de la chambre obscure. C'est donc à la construction de l'objectif que l'opticien doit apporter les plus grands soins.

On peut faire des épreuves avec un mauvais verre de lorgnette, on ne fait de belles épreuves qu'avec un objectif parfait.

Si le daguerréotype est aujourd'hui entre les mains d*un si grand nombre de personnes, il ne faut pas se le dissimuler, c'est en grande partie parce qu'il n'est plus ce qu'il était .à son origine. Les modifications qu'on lui a fait subir l'ont rendu beaucoup plus portatif , plus exact quant aux effets, et ont surtout facilité considérablement les manœuvres. Autrefois, on ne pouvait se décider à surcharger son bagage de la vaste caisse de M. Daguerre , aujourd'hui, peu de voyageurs se mettent en route sans emporter un photographe qui ne tient pas beaucoup plus de place 'qu'un nécessaire de toilette.

La substitution d'une boîte à ioder plate, à la grande boite dont on faisait d'abord usage , fut le premier pas fait dans la voie de la réforme; on modifia ensuite les bassines, les trépieds, les proportions de la boîte à mercure furent réduites, on supprima quelques pièces remplacées par d'au-

1res ptas commodes et moins vohimîneuses, puis vint le tour de la chambre obscure que chacun cherchait à rendre plus portative. M. le baron Séguîer présenta d'abord à l'Académie des Sciences, une chambre obscure à soufflet qu'il ne tarda pas à abandonner pour le modèle que l'on emploie presque généralement aujourd'hui, à quelques modifications près. Plusieurs de mes confrères imaginèrent des dispositions particulières plus ou moins commodes, mais qui ne diminuaient pas considérablement le volume de la boîte : je faisais de mon côté des tentatives pour atteindre ce but, et je réussis enfin à terminer ma chambre obscure et la boîte à mercure à développement que la société d'encouragement honora de son suffrage.

Tout en exécutant ces travaux, je ne perdais pas de vue ce que je considérais avec raison comme le point capital de Tappareil ; l'objectif de M. Daguerre donnait de bons résultats ; mais on pouvait en obtenir de meilleurs et cette idée me conduisit bientôt à faire des essais avec le double objectif achromatique de lunette que j'avais inventé depuis quelques années. J'e reconnus aussitôt que cet objectif, légèrement modifié, donnerait des images plus claires, plus nettes et permettrait de faire des épreuves beaucoup plus rapidement qu'avec le ménisque achromatique. J'exécutai aussitôt Tobjectif double et j'eus bientôt la satisfaction de le voiradoplé par le plus grand nombre des amateurs. La société d'encouragement m'accorda pour cette invention la grande médaille de platine (1) , et dernièrement encore je viens de recevoir de M. Daguerre un témoignage bien éclatant de la bonté de mon objectif ; l'inventeur du daguerréotype m'a chargé de lui construire un objectif double. Il me paraît inutile d'invoquer d'autres autorités ; fier d'un pareil suffrage, je l'opposerai désormais pour toute réponse aux plagiaires et aux individus de mauvaise foi.

(1) Voir les pièces à la fin de cette brochure.

La leotille achromatique simple à court foyer, n'est employée que pour les appareils à 1|6 de plaque et ne peut supporter la comparaison avec le petit objectif composé que j'adapte aux photographes de mêmes dimensions. Le prisme achromatique proposé par un opticien de Paris n'est pas une invention nouvelle, j'en avais déjà parlé dans mon Traité des chanibt^es claire et obscure ; d'ailleurs on n'a pas adopté l'usage de ce prisme, dont le prix serait très élevé en raison des difficultés d'exécutipn et qui ne rempUrait qu'imparfaitement le but qu'on se propose.

Un des grands avantages de ma combinaison, c'est qu'elle permet de convertir le ménisque employé primitivement par M. Daguerre, en objectif double. Je ferai remarquer toutefois que ce rhabillage ne donne pas un instrument aussi parfait et qu'il laisse quelque chose à désirer sous le rapport de la correction.

Je ne parlerai pas de ces chambres obscures dont la mise au point est déterminée d'avance. Toutes les personnes qui ont en leur possession un daguerréotype , savent combien il faut de soins pour obtenir une image parfaitement nette, comment donc supposer qu'on puisse arriver à ce résultat avec une chambre obscure graduée pour diverses distances? Lorsqu'on réussit par ce moyen à faire une épreuve assez nette, il faut l'attribuer au hasard et non à la bonne disposition de l'appareil.

J'ai construit dernièrement pour un architecte, M. Sirodot, un objectif destiné à la reproduction des détails d'un monument; cet appareil, qui n'est qu'une modification de celui que j'emploie habituellement, permet de reproduire certaines parties sculptées d'un édifice sous de plus grandes proportions.

Au surplus, il est facile de modifier ma combinaison de manière à la rendre propre à divers usages. Ainsi, en allongeant les foyers et par conséquent la profondeur de la cham^

bre obscare, on obtient des images de grandeur naturelle et même, au besoin, plus grandes que roriginal : le principe reste toujours le même. B. Martin a décrit, dans son Traité d'Optique (1), le moyen de disposer un télescope de manière à former dans une chambre obscure Timage du soleil et de ses taches. Il serait curieux de chercher à obtenir une re» production daguerrienne de cet astre ; on pourrait encore reproduire un paysage , un monument situés à une grande distance, en braquant la lunette sur ces objets.

Voici la description de mon appareiU telle que je l'ai déjà donnée dans mes Nouvelles imtructions sur Cusage du Daguerréotype.

L'appareil entier est renfermé dans une boîte d'environ 0" 50 de longueur 0°* 28 de largeur et 0™ 21 de hauteur, munie de deux poignées à ses extrémités.

On a logé dans le couvercle :

1° Deux bassines qui entrent l'une dans l'autre. (Fig. 17.)

2° La boîte à plaques construite en cuivre et revêtue de cuir : on peut y loger dix plaques quoiqu'elle soit de moitié moins épaisse que les boites ordinaires ; elle se place dans les bassines.

3"" La boîte à ioder. Quel que soit le système que Ton adopte, cette boîte doit toujours être garnie complètement de verre ou de porcelaine à l'intérieur, pour que les vapeurs diode ne s'attachent pas à ses parois.

4' La planchette à polir les plaques.

Dans le fond de la boîte on a placé :

1° La chambre obscure à développement. (Fig.9et9&î5.) Fermée ( fig. 9 Ws ), elle a 0" 42 de long , 0'» 23 de large, O"" 9 de haut, et lorsqu'elle est ouverte, elle reçoit des plaques de la grandeur ordinaire. Des quatre côtés de l'instrument,

(1) A new and compendxoits System of oplics , etc. , page 2/i0 ; London, 1740, in-8°.

— sa —

deux sont plus élevés et brisés dans le milieu suifant leur longueur ; garnis de charnières, ils se replient à Tintérieur de la boite quand on la ferme, et lorqu'on veut la maintenir ouverte, il suffit de rabattre la face antérieure que l'on fixe au moyen de deux petits tourillons. L'appareil est alors aussi solide que s'il était composé d'une seule pièce.

La mise au point s'obtient au moyen d'un engrenage qui fait marcher un châssis intérieur dans lequel viennent s'adapter la glace dépolie et le cadre à plaques. Lorsqu'on a obtenu toute la netteté désirable, il suffit de tourner une clé d'arrêt pour maintenir Tappareil dans une position invariable. Tous les châssis sont à volets. Des écrous noyés dans les parois de la chambre obscure , permettent de la fixer solidement sur la tablette du pied, soit dans la position verticale, soit dans la position horizontale.

2*» La boîte à mercure (fig. 10 et 10 6ts) construite d'après le même principe que la chambre obscure. Elle n'a pas plus de 0"035d'épaisseur, cependant lorsqu'elle est développée, elle prend les dimensions nécessaires pour recevoir la plaque. On la maintient ouverte au moyen du fond qui est à coulisses et porte la capsule à mercure. Le thermomètre à tige droite est fixé dans une rainure pratiquée sur la surface antérieure de la botte. Les thermomètres coudés de l'ancien appareil étaient 1res fragiles et fort difficiles à remplacer, tandis que tout le monde peut construire un thermomètre droit.

3° L'objectif. (Fig. 11,12,13.) Lorsquela chambre obscure est repliée, elle présente à sa partie postérieure, une cavité où se place la botte qui contient l'objecti£ et ses accessoires. La première pièce de l'objectif est conique et porte à sa base une lentille achromatique A (fig. 11) de 0"08 de diamètre. Au sommet du cône, se trouve une seconde lentille B, de 0" 065 de diamètre seulement , au devant de laquelle est placé le diaphragme. C'est la première combinaison de mon objectif. (Fig. 11.)

Pour redresser les images, on adapte au devant de la lentille antérieure, un prisme rectangle dont Thypothénuse est étamée ou une glace parallèle. (Fig.l2.) II est très important que ia face antérieure de ces réflecteurs soit toujours bien verticale.

Quand on veut faire un portrait, îl faut dévisser le verre antérieur du cône et visser à sa place le second objectif. Deux pas de vis sont tracés sur le cône, Tun sert & visser Tobjectif à l'extérieur de la chambre obscure, l'autre à le fixer à Tintérieur. Cette disposition était nécessaire, car avec les foyers très courts, on ne peut approcher suiBsamment la glace dépolie de l'objectif, et alors en le vissant à l'intérieur y on gagne 5 à 6 centimètres.

Si l'on voulait redresser les portraits, îl sulBrait de fixer le prisme au devant de la lentille antérieure.

Nous ajoutons parfois au photographe le diaphragme variable excentrique de nos microscopes, construit sur de plus grandes dimensions. Les amateurs jaloux de posséder un appareil parfait, pourront employer avec avantage le diaphragme mécanique que nous avons présenté à la Société d'Encouragement avec notre nouveau photographe. Pour dilater ou rétrécir l'ouverture, il suffit de tourner un bouton placé sur la face antérieure de l'instrument.

La boîte contient encore: la glace dépolie, la lampe à alcool , la fourchette de Srébisson (fig. 14), le support à chlorurer, les bassins, etc., otc. Les boîtes à iode et à brome sont renfermées dans un colfre particulier.

Lorsqu'on veut faire une excursion et n'emporter que la chambre obscure , des plaques polies et la boite à iode, tous ces objets se renferment dans un sac de cuir qu'on laisse sur la chambre obscure pendant l'opération et qui ferme tout accès à la lumière. Un rideau noir fixé à la partie postérieure de l'appareil, est destiné à produire une obscurité complète pendant qu'on met au point.

Le trépied n'est pas plus embarrassant à transporter qu*un bâton de voyage. Il se compose : 1° d'une planchette ; 2° de trois pieds à double tige.

1° La planchette a 0"* 40 de long et 0™ 26 de large, sa forme est ovale ; à ses deux extrémités, se trouvent deux trous qui reçoivent les écrous destinés à fixer la chambre obscure. Cette planchette se meut circulairement sur un axe fixé au centre d'un triangle de cuivre évidé; sur les trois côtés de ce triangle, sont logés trois cylindres de cuivre qui reçoivent l'extrémité des pieds. Ces cylindres pivotent librement sur des vis de pression destinées à fixer les pieds.

2° Les trois pieds sont formés chacun de deux tiges de bois, minces et articulées à charnière par leurs extrémités inférieures qui sont en outre garnies de pointes en acier. Les six extrémités supérieures armées d'un embout de cuivre, se fixent deux à deux dans les trois cylindres de la tablette et sont maintenues en place par des vis de pression. Chaque pied peut donc être écarté à volonté puisque le cylindre pivote librementsur les vis de pression, et pourvu que les pointes d'acier soient solidement fixées dans le sol, on peut écarter les pieds autant qu'on voudra, sans qu'il soit besoin de les assujettir autrement. Quand on veut dresser ce support, il suffit de faire mouvoir un seul pied pour obtenir toutes les inclinaisons désirables. Le mouvement à pivot de la tablette, permet de braquer l'instrument dans toutes les directions et de le fixer invariablement au moyen de l'écrou à oreilles placé en dessous.

Lorsqu'on a terminé les opérations photographiques, on enlève les vis qui maintiennent la chambre noire et, après avoir desserré les vis de pression qui servent de pivots aux cylindres, on réunit les pieds en un seul faisceau maintenu par une petite courroie. Quant à la planchette , elle se renferme dans le sac de cuir.

Tel est le pied qui, au premier abord, peut paraître compliqué, mais il est réellement d'une simplicité remarquable. Aucun autre instrument de ce genre n'est plus solide ni plus léger. Nous pensons qu'il sera bientôt généralement employé pour le plus grand nombre des instrumens d'optique et surtout, pour toutes les opérations que l'on exécute en pleine campagne. Le capitaine Bazil-Hall en fait constamment usage pour dessiner à la chambre claire.

Notre petit appareil pour quart sixième ou demi-plaque, n'exige pas une description spéciale. Sa construction diffère peu de celle du daguerréotype de M. Séguier. Nous y avons seulement appliqué notre objectif modifié de manière à reproduire le portrait ou le paysage avec la même netteté. (Fig.^13.)

Plus une opération est délicate, plus l'appareil ou les instrumens qui servent à l'exécuter doivent être parfaits. Un micromètre ou une balance grossièrement construits ne donneront jamais que des résultats approximatifs et induiront constamment en erreur lorsqu'on voudra les appliquer à des estimations rigoureuses. L'exactitude, la perfection, sont indispensables aux instrumens d'optique et surtout au photographe qui doit saisir et conserver les impressions fugitives de la lumière ! Malheureusement cet appareil a subi le sort réservé à toutes les nouvelles inventions destinées à devenir populaires. Il n'a pu échapper à la fièvre de spéculation qui domine aujourd'hui. Il fallait un opticien , ce fut un papetier que l'on choisit pour construire le premier appareil; les diverses pièces furent exécutées à droite et à gauche, on acheta des verres au premier venu et à nousmême, et tout cela réuni, constitua le daguerréotype primitif. Quelques uns de ces instrumens donnèrent de bons résultats, meilleurs qu'on n'aurait pu l'espérer, mais com^ ment vérifier les imperfections des autres , si toutefois on ^(Iwet que pour construire des instrumens de précision, il

soit nécessaire d'avoir des eànnaissances spéciales que la pratique seule peut donner? Gomment ? mais à quoi bon « puisque tous les appareils portaient le sceau du maître et du constructeur? Nous répondrons simplement que le maître n'avait pas le temps et que le constracteur ne pouvait faire cette vériflcation. Toutefois, on construisit un grand nombre d'appareils et après en avoir beaucoup tendu on voulut en vendre davantage en les livrant à bas prix. Il y avait deê daguerréotypes cbers et des daguerréotypes à bon naarché, et l'on acbetait surtout ces derniers ; aussi M. Daguerrre dut gémir plus d'une fois à l'aspect de ces hideuses épreuves bonnes tout au plus à déconsidéra son admirable décou-^ verte!

Aujourd'hui , on comprend enfin qu'il faut avant tout un bon appareil ; dans l'intérêt des amateurs et des constructeurs consciencieux , je crois de mon devoir d'indiquer les qualités qu'il doit posséder et les signes auxquels on peut les reconnaître.

Et d'abord, qu'on en pense ce qu'on voudra, il est impossible de livrer un bon appareil à bas prix. Mous l'avons dit vingt fois, réconofl»e ne résulte pas du phis ou mcdns d'ar-gent que l'on consacre à l'acquisition d'un instrument, mais de sa perfection, de la manière dont il fonctionne et de sa durée. Aux expositioits de l'industrie, on accorde, il est vrai, des récompenses aux constructeurs qui trouvent le moyen de diminuer la valeur pécuniaire d*un {M'oduit, mais on les décerne surtout à ceux qui les rendent plus parfkits ; pour les instrumens de précision, le prix n'est rien, tout est dans l'exécution.

Avant d'énumérer les qualités qu'on doit rechercher dans SB photographe , je ferai observer qu'on s'exposerait à Terreur en te jugeant sur l'inspection de ses produits. Cette proportion peut sembler extraordinaire, mafei rétonnement ne sera pas de longue durée, lorsqu'on saura qu'un expert-

meotateur habile parviendra à faire des épreuves asseï remarquables avec un appareil qui ne donnerait que des ima-geg imparfaites entre les mains d'une personne moins habile. Ajoutons qu*ii est toujours nécessaire de s'habituer à son appareil et que cette habitude est pour beaucoup dans la réussite de l'opération.

L'objectif doit être formé de matières très pures et entiè*remept exemptes de stries. Les bulles ne nuisent pas sensiblement à la réfraction, à moins qu'elles ne soient trop grosses et en grand nombre. Il faut apporter le plus grand soin au travail et au centrage des verres , associer les courbures, non au hasard, mais d'après une donnée constante et bien déterminée, régler rigoureusement l'ouverture et la position du diaphragme ; on pourra espérer alors que l'objectif sera achromatique et ne produira pas d'aberration de sphéricité. Quand on veut obtenir le maximum de netteté, la chambre poire doit être munie d'un engrenage ; on sentira principalement toute l'importance de cette disposition, lorsqu'on fera le portrait.

Les boites seront exécutées avec beaucoup de soin et l'on n'emploiera à leur construction que du bois parfaitement sec. Mais il est surtout indispensable que la plaque métallique fixée dans son châssis , vienne occuper le même plan que la glace dépolie, en d'autres termes, que la plaque et la glace soient exactement à la même distance de l'objectif, autrement on serait obligé de se livrer à des tAtonnemens fastidieux pour rectifier ce vice de construction, et encore, après de longues recherches, on retomberait dans la même incertitude, chaque fois que l'objet se trouverait placé à une distance différente.

On garnira complètement de verre ou de porcelaine , la cavité de la boîte à iode. Par cette disposition , on évitera l'accumulation de l'iode sur les parois latérales et Ton pooff a laver la boite sans craindre l'action de l'humidité.

La pcrfectiOD du travail de Tébéniste n*est pas difficile à constater ; il faut principalement rechercher des assemblages solides et des mouvemens faciles et réguliers, surtout pour les pièces à glissement.

En examinant l'objectif avec soin, on ne tardera pas à distinguer les stries ou les bulles trop nombreuses, mais l'épreuve décisive doit se faire sur la glace dépolie. On examinera successivement l'image d'objets éloignés et d'objets situés aune petite distance de l'appareil, puis on braquera l'objectif sur les barreaux d'une grille, le montant d'une croisée, en un mot, sur un objet qui présente des lignes droites. Si ces lignes conservent leur rectitude, si leurs extrémités sont aussi nettes que leurs parties moyennes, l'objectif est exempt d'aberration sphérique. La pureté des contours, la netteté des détails et l'absence de bandes colorées autour des objets, indiqueront suffisamment l'achromatisme des verres, et si l'on joint à ces qualités importantes, la clarté, la lu^ mière répandue également sur le tableau , on sera certain d'avoir un bon objectif et de produire de belles épreuves.

D'après ce que nous venons de dire, on comprendra qu'il n'est pas aussi facile de construire un bon daguerréotype , qu'on le pense généralement. Combien d'amateurs croient avoir un photographe, qui n'ont acquis véritablement qu'un modèle ou plan en relief de l'appareil.

En parlant des instrumens réfracteurs, j'ai dit que l'on construisait aujourd'hui des Daguerréotypes à planchettes courbes, dans le but de corriger l'aberration de sphéricité. Je le dirai franchement, c'est un très mauvais moyen et tout-àfait inefficace ; pour construire un appareil semblable , il faut ignorer les principes les plus élémentaires de l'optique , c'est remonter à l'enfance de l'art. Quelques auteurs et récemment le docteur Goring et M. Hubert , avaient conseillé de recevoir l'image des instrumens réfrac- . teurs sur une surface sphérique concave ; ce moyen était

mauvais et inapplicable dans la pratique; aujourd'hui, on fait mieux, on dénature ce mauvais procédé et on ose proposer de recevoir l'image sur une surface cylindrique, Ignore-t-on ou a-t-on oublié que l'aberration de sphéricité d'une lentille n'existe pas suivant ]un seul de ses diamètres, mais bien suivant tous les diamètres, et que par conséquent, une surface courbe telle que les planchettes en question, ne corrigerait tout au 'plus l'aberration que dans un sens. Je plains sincèrement les personnes qui possèdent des appareils où l'on a employé ce moyen pour corriger les imperfections des objectifs.

J'ai remarqué souvent qu'on hésitait à acheter un daguerréotype, parce qu'on craignait de ne pouvoir réussir à faire de bonnes épreuves. Jamais je n'ai rencontré une seule personne qui eût échoué constamment; presque toutes, au contraire, réussissent dès la première tentative; mais on ne doit pas s'attendre à débuter par un chef-d'œuvre. Il faut d'abord acquérir l'habitude de l'opération , la rapidité d'exécution et les tours de main qu'enseigne l'expérience ; alors on fera souvent de belles épreuves. 11 est encore nécessaire de bien choisir les vues et de disposer convenablement les modèles et les accessoires ; aussi , les artistes qui emploient 1 e daguerréotype, produisent-ils généralement des épreuves remarquables aussitôt qu'ils sont familiarisés avec les procédés opératoires.

NOUVEAU SUPPORTA CHLORURER

KT COMPtËUR A SECONDES.

Le nouveau support eutièrement coustruit en cuivre, permet d'obtenir en quelques secondes une horizontalité parfaite, condition si importante au succès de l'opération ; on peut le ûxer au premier meuble venu et le gril est disposé de manière à ce que le liquide versé sur la plaque ne s'écoule pas par dessus les bords. Le support complet est composé d*un régulateur et d'un gril.

Le régulateur A (flg. 14) a la forme d'un T, la branche verticale A est fixée inférieurement au socle B percé d'une ouverture carrée qui reçoit une des mftchoires de la pince à vis G , destinée à fixer le support à un meuble. La petite branche D est articulée à charnière avec le montant A; supérieurement elle est assemblée avec la branche horizontale E. Une charnière réunit cette branche fixe à la branche mobile F^ enfin deux ressorts placés l'un entre les branches horizontales, l'autre entre les branches verticales, servent à écarter ces différentes pièces lorsqu'on desserre les boutons G H ; on contrebalance leur action lorsqu'on les tourne dans le sens opposé. La branche F porte sur l'un de ses bords deux mortaises qui reçoivent les tenons du gril L

Le gril est un parallélogramme, de petites tringles a, &, a, 6, réunissent entre eux ses grands côtés, et quatre petites chevilles métalliques s'élèvent aux quatre angles à la face supérieure du gril. Ces petites pointes supportent la plaque qui ne touche le cadre en aucun point, de manière que le liquide

n'eal V9$ attiré par l'eflèt de la capillarité lorsque par hasard une goutte Yîeat à s'échapper par un des bords de la plaque.

Le même gril peut servir pour des plaques de diverses dimensions que l'on place sur les petites traverses.

Quand on veut faire usage de ce support, on le fixe à un meuble au moyen de la pince , et on introduit dans les mortaises du régulateur les tenons du gril qui se trouve ainsi placé presque horizontalement; on pose la plaque sur les petites chevilles et on y verse une quantité de Uquide suffisante pour couvrir sa surface. En examinant cette couche de liquide , on reconnaît bientôt le point le plus déclive du gril. Supposons que Tinclinaison existe du côté du régulateur, la couche de liquide y paraîtra plus épaisse et il faudra détourner le bouton G; lorsque le niveau sera rétabli dans ce sens, on rectifiera le niveau du grand diamètre de la plaque au moyen de la vis H et on pourra dès lors verser le reste du liquide qui doit toujours former une couche assez épaisse. On peut employer un ni-* veau que Ton pose sur le gril avant d'y placer la plaque.

On voit que cet instrument fort simple qui peut être appliqué à une foule d'expériences, fournit les moyens d'opérer avec exactitude, rapidité et sans crainte de voir le liquide s'écouler par les bords de la plaque. Il occupe fort peu de place dans la boîte puisqu'il se démonte en deux parties qui n'ont pas plus de trois centimètres d'épaisseur.

Compteur. — L'habitude seule ne peut suffire lorsqu'on veut diviser exactement le temps en secondes, je l'ai éprouvé plusieurs fois. Quand on n'a pas de compteur, on abrège ou on allonge les secondes suivant que l'on est plus ou moins pressé de connaître le résultat d'une expérience ; il est impossible de diviser avec certitude le temps en fractions aussi faibles, si l'on n'est guidé par un instrument exact. — J'ai fait construire dans ce but, un compteur à secondes muni d'une

— &4 — sonnerie indiquant la minute. Une aiguille mobile permet de régler Vinstrument et de lui faire marquer et sonner le nombre nécessaire de secondes. Ce compteur, de forme cubique (fig. 15), est très portatif et les amateurs Font généralement adopté.

PROCEDES JflODAGE,

SUBSTANCES ACCÉLÉRATRICES.

On éprouve an véritable embarras lorsqu'on aborde la question de Tiodage et de l'emploi des substances accélératrices. 11 n'y a pas à regretter ici la rareté des procédés , au contraire, on ne sait vraiment auquel entendre, et chose singulière, tandis que l'inventeur d'un procédé et quelques uns de ses adeptes réussissent plus ou moins bien, plus ou moins souvent, d'autres, fidèles observateurs de toutes les prescriptions, ne peuvent parvenir à faire une seule épreuve passable, tandis qu'ils obtiennent un résultat aussitôt qu'ils adoptent un autre système. Bien mieux, on réussira pendant une journée entière, toutes les épreuves, et le lendemain toutes les plaques sortiront de la boîte à mercure sans présenter la moindre image. Ces caprices inexplicables m'imposent l'obligation de faire connaître tous les moyens que l'on a imaginés pour ioder la plaque et augmenter sa sensibilité.

La base des manipulations daguerriennes est un bon io« dage. J'affirmerai sans crainte qu'une plaque mal iodée ne donnera* jamais une épreuve parfaite. Jusqu'à ce jour on n'avait aucune donnée positive sur la teinte la plus convenable de la couche d'iodure , les uns préconisaient le jaune paille, d'autres le jaune d'or, quelques uns parlaient du rose clair, mais le hasard se mettait trop souvent de la partie ; chacun obtenait des résultats quelle que fût sa couleur. La

belle théorie de MM. Ghoiselat et Stanislas Ratel ne laisse plus aucun doute à ce sujet. Les travaux de ces Messieurs sont peu connus, peut-être même ne sont-ils pas bien compris encore par quelques personnes ; il devient donc indispensable de leur accorder une attention particulière et de leur consacrer une large place dans cet opuscule , mais avant de m'occuper de cette théorie , je passerai en revue les divers procédés qui ont été mis en usage jusqu'à ce jour, et d'abord , je dirai quelques mots des boîtes à iode.

La grande botte pyramidale de M: Daguerre, combinée avec beeucoup d'art, n'est cependant plus employée; quelque temps après la publication des procédés photographiques, on lui substitua la botte carrée de M. le baron Séguier, dans le fond de laquelle on plaçait des fragmens d'iode recouverts d'une couche mince de coton cardé. M. de BrébîBson proposa ensuite d'employer une solution éthérée d'iode qu'il étendait au fond de la botte ou sur un carton, au moyen d'un pinceau ; l'éther en se vaporisant laissait sur ce fond une belle couche d'iode bien unie et parfaitement égale. Quelques personnes crurent qu'il n'était pas prudent d'exposer la plaque immédiatement à l'action de l'iode et aussitôt on imagina de recevoir les vapeurs sur un carton qui servait ensuite à les transmettre à la plaque. On modiGa aussi le procédé de M. de Brébisson de la manière suivante. Après avoir étendu sur le fond de la boite une couche mince de solution gommeuse^ on y projetait de l'iode réduit en poudre flne et on agitait la botte en tous sens jusqu'à ce qu'il se fût formé un lit d'iode bien égal. M. de Brébisson supprima entièrement la botte et fit usage d'un petit portefeuille dont les deux parois étaient maintenues à une certaine distance et dont l'une portait la couche d'iode tandis que l'autre supportait la plaque.

La forme des boîtes n'a subi aucune modification, mais on

les ft retêtues à î'itttérieûif de bandes de Verre, pour empêcher l'iode de s'attacher aux parois latérales et par suite, de se porter en plus grande abondance sur les bords de la plaque, puis on construisit des bottes de verre ou de porce-^ laine, etc. Toutes ces dispositions avaient pour but de faciliter l'application de la vapeur iodée , l'une des opérations les plus difficiles sinon la plus difficile et, comme je l'ai déjà dit, la plus importante de toutes les manipulations daguerriennes.

n est assez difficile de faire un choix parmi tous ces procédés, car ils ont tous donné des résultats plus ou moins satisfaîsans, cependant je préfère l'iodage médiat au moyen d'un carton ou d'une feuille de papier collée sur une glace, et placée sur une couche d'iode ; l'expérience a démontré que, quelle que soit la boîte dont on fait usage, elle doit toujours être plus grande que la plaque.

Passons à la teinte* Ici encore règne une confusion capable de décourager le plus intrépide opérateur. Gomment, en effet, se prononcer entre le jaune paille, le jaune d'or, le rosé, le rose velouté, le vert métallique, etc. C'est le cas où jamais de dire qu'on nous en a fait voir de toutes les couleurs. Au surplus, ces incertitudes n'ont rien qui doive étonner, car il est arrivé dans ce cas , ce qui arrive toujours lorsqu'une opération quelconque n'est pas basée sur une bonne théorie; on agît au hasard, on marche en aveugle, l'habitude indique parfois un sentier praticable, mais qu'il faut peu de chose pour que l'on prenne le mauvais chemin ! — Ne devrions-nous pas une grande reconnaissance à ceux qui nous fourniraient les moyens d'opérer avec certitude, ou du moins avec de grandes chances de réussite. Remercions donc MM. Ghoiselat (1) et Ratel qui loin de suivre

(1) €*est à M. Ghoiselat que l'on doit l'idée de fixer les épreuves au moyen d'un chlorure ou d'un iodure métallique^ il faisait

i*exeraple de tant d'autres empressés de faire coDsigner leurs noms dans les comptes-rendus académiques, n'ont livré leur travail à la publicité , qu'après en avoir vérifié l'exactitude par de nombreuses expériences. Ils ne se ^nt pas contentés de donner une explication superficielle, conune on avait déjà tenté de le faire, ils ont suivi l'opération pas à pas, en expliquant toutes ses phases suivant les lois les plus simples de la chimie et ils en ont tiré des inductions pratiques qui leur permettent aujourd'hui d'opérer à coup sûr. C'est assez dire que nous adoptons entièrement leur manière de voir.

Les substances accélératrices employées jusqu'à ce jour, sont le chlore, le chlorure d'iode ou de brome, le brome, le bromure d*iode ou Tiodure de brome et des combinaisons de ces divers corps entre eux. Il faut ajouter à cette liste , les substances organiques sur lesquelles MM. Ghoiselat et Ratel ont les premiers attiré l'attention.

C'est à M. Claudet qu'appartient l'honneur d'avoir découvert l'action accélératrice du chlorure d'iode ; cette substance est moins active que celles dont je m'occuperai plus tard, mais d'un effet plus certain et d'un emploi moins difficile.

On prépare du chlorure d'iode dans un flacon à large ouverture bouché à l'émeri (1), et lorsqu'on a iodé la plaque jusqu'à la teinte jaune paille, on la promène au dessus du flacon pendant quelques secondes, de manière à répartir les vapeurs bien également sur toute la surface. Mais ces vapeurs s'échappent du flacon en grande abondance et ne tardent pas à incommoder l'opérateur ; il vaut mieux mettre

usage du chlorure d'argent auquel M. Fiseau substitua plus tard le chlorure d'or qui est exclusivement employé aujourd'hui.

(1) Voir pour la préparation du chlorure d'iode, mes iVoMvelles instructions sur limage du Daguerréotype,

une goutte de chlorure dans le fond d'un verre à boire, la recouvrir d*un peu de coton cardé et promener la plaque à la partie supérieure du verre. Par ce moyen, on perd moins de chlorure, on n*est pas aussi exposé à tacher la plaque et Ton ne respire pas une aussi grande, quantité de vapeurs nuisibles. J*ai indiqué dans ma précédente brochure les moyens d'éviter les taches produites par le chlorure d'iode inégalement réparti sur la plaque. Il suffit pour cela de mettre la plaque sur un châssis dont le fond est formé par une gaze légère bien tendue et de promener le flacon ou le verre au dessous de cette gaze qui lui servira de guide et le forcera à rester toujours à la même distance du plaqué.

Je ne parlerai pas du chlore qui a été employé par fort peu de personnes.

L'elBcacité du chlorure d'iode devait attirer l'attention des expérimentateurs sur les combinaisons avec lesquelles il présentait quelque analogie et naturellement le bromure d'iode se trouvait en première ligne. Cependant on fit d'abord usage du brome pur en dissolution dans une certaine quantité d'eau. Je donnerai ici quelques extraits du Mémoire que M. Fizeau publia sur l'emploi de son eau brômée, parce que sa manière d'opérer est le point de départ de tous les autres procédés :

« Pour préparer une dissolution de brome d'un titre déternuné et d'une force conveqable aux opérations qui nous occupent, on prend pour point de départ la dissolution saturée de brome dans l'eau ; on prépare cette eau saturée en mettant dans le flacon de l'eau pure et un grand excès de brome ; on agite fortement pendant quelques minutes , et avant de s'en servir, on laisse bien déposer tout le brome (1). y>

(1 ) Pour que l'eau soit complètement saturée^ il faut qu'elle ait été en contact avec le brome pendant 2U heures environ. (G. C.)

a Maintenant un Yolume flxe de cette eau saturée He hrdtiig est étendu dans tcn volume filé d*éâtl ptli^, ce ^tii àtmm dne dissolation dé brome toujours ideï)rtiq«é ; Ce dé -^ sdge se fait très simplement de la manière suivante : Une pi-^ pette (1), uni aura encore un aiitfe usage, porte tm trait limUant une petite capacité ; un flacon porte aussi uif tfaît qui limite une capacité égale à trente fois celle delà pipette; on remplit le flacon d'eau pure jusqu'à la marque, on ternie la pipette jusqu'^à la marque de la dlsssolution saturée dû brome; enfin on verse la petite mesure dans le flacon. »

Cl La nature de Teau n'est pas ici sans importatice ; ces proportions se rapportent à Veau pure, et Yoh sait que l'eau des rIViêrèSy des sources , n'est pas ptire ; mais ces diflërenfes eaux peuvent être employées absolument comme Teau pure, eh y ajoutant quelques gouttes d'acide nitrique, jusqu'à ce (Jfa'élles présentent une très légère saveur acide ; cinq ou sk gouttes par litre suffisent pour la plupart des eaux. »

a Ofl a ainsi un liquide d'un jaune vif qu'il faut tenir exactemétit botiché : c'est la dissolution normale, que j'appellerai simplement l'eau brômée pour la distinguer de l'eau saturée. »

St. Fiseau faisait Usage d'une botte de 0°" 15 de hauteur construite de manière que lorsqu'elle était recouverte par lé châssis portant la plaque , cette dernière se trouvait éloignée des parois d'environ 0^^03. Dans une capsule à fond p!at fentetmée dans cette boîte, il versait avec ta pipette une Quantité d'eau brômée suffisante pour en couvrir complèteriienf le fond, puis il fermait la boîte, la plaçait bien de nivéauet enfin substituant lé châssis au couvercle, comptait eiàt^ement de 30 à 60 secondes suivant les dimensions

(1) Depuis long-temps j'ai remplacé les pipettes dont Fempiui n'est pas sans danger , par de petites^ seringues graduées. (C. C.)

de la ptaqne. Il fint avoir soin de changer chaque fois la petite qnàiïlfté d*ëati brfttiiée, Si roti vent agir con^MtbiâeUt atee un liquide idénfiqtte.

M. dé Brébissdh dfilsoiit deul grammes de brome dans un litre d'eau, et cohdefre eé Hqtllde dans un flacon bien bou-» ëfté. Pour en faire «îâagë, fl pièce «lu fond d*iifl dtAê^iê de 0^1, àf (Hâdè bauteur, une êoucoope datis laquelle il ferse deux ou trois cuillerées de la sotuCio^n aquedse de brdme, et il expose la plaque à son action pendant une ou deux nû-^ ttutes ; mais H faut que la plaque soit iodée fortement, prés- «|ue ]usqu*à là teinte Violette, si Ton veut que l'épreuve soit vigort-euse.

Le procédé de M. Foucault est une modification de celui de M. Fiseau. Son eau brôlnée est cômfposée de 6 grammes de brome et de 1,009 grammes dlëau de rivière filtrée; sa boite de verre renfefméc dans une boite de bois, est percée laféfôlément de deux ouvertures dont fune sert à faire écouler le liquide tandis que l'autre est garnie d*uti tube courbé à angle droit, par lequel on introduit Teau brdmée. Trofs vis calantes destinées à établir le niveau du liquide, sont fixées à la botte de bois. Ou iode la plaque jusqu'au jaune d'or^ on introduit dans la boîte une quantité d'eau brômée mesurée dans un flëcon gradué^ et après avoir placé le châssis au dessus du couvel*cle de la boite, on laisse écouler une deml-mfnnte et aussitôt, on tire vivement la plaque de glace qui ferme la boîte, et on compte à raide d'un compteur^ de 20 secondes à une mhmte suivant les dimensions de l'appareil et l'élévation de la température ; enfin on enlève le châssis pour lè porter dans la chambre obscure.

Il faut éviter que la plaque absorbe trne trop grande quantité de brome, l'excès de substance accélératrice détruit la sensibilité de la plaque, a On reconnaîtra, dit M. Foucault, que Ton est resté trop long-temps, oti que la plaque a absorbé trop de brome, lorsciue l'épreuve se voilera sotts Un-

fluence du mercure. A mesure qu'une plaque iodée absorbe du brome, sa sensibilité s'accroît jusqu'à une certaine limite, celle où le moindre excès cause uu voile sur l'épreuve. C'est à cette limite qu'il faut arriver pour avoir le maximum de sensibilité , et il n'y a que le tâtonnement qui puisse y faire parvenir. Si l'on se tient en deçà , la plaque n'est pas assez sensible, mais on n'en acquiert la certitude que par d'autres expériences. Si Ton a été au delà, le voile de l'épreuve vous l'indique immédiatement. »

Ce procédé a l'avantage d'être un peu plus exact que celui de M. Fiseau, mais, comme ce dernier, il est moins certain qu'on ne le croirait au premier abord, en raison des variations de température qui accélèrent ou retardent à chaque instant Vévaporation du brome; il est par conséquent très difficile de déterminer le temps pendant lequel la plaque doit rester exposée à l'action de la substance accélératrice, puisque ce temps peut varier d'un moment à l'autre; mais il est juste de dire que lorsqu'on réussit à remplir toutes les conditions nécessaires, on obtient des épreuves d'une beauté remarquable, ainsi qu'on peut s'en convaincre par ^examen des vues exposées dans mon magasin.

Le bromure d'iode de M. Gaudin est à peu près abandonné aujourd'hui, ainsi que son iodure de brome.

Parmi toutes ces substances accélératrices, il en est deux, la liqueur de Reiser ou allemande, et celle de M. de Yalicourt , qui donnent presque toujours des résultats et dont l'application est beaucoup plus facile; les commençans feront bien d'en faire usage, le succès les encouragera et plus tard ils pourront essayer les autres liquides sans être trop promptement découragés par les nombreux essais qu'exige leur emploi.

La liqueur de Beiser doit être étendue de deux ou trois fois son volume d'eau. On verse un peu de ce liquide dans une boite à brome , et la plaque iodée jaune d'or est

exposée aax vapeurs jasqa'à ce qu'elle ait pris une teinte d'un rose clair. Quand on fait usage de la liqueur de Reiser (1), il n*est pas toujours nécessaire d'ioder la plaque» il suffit de la soumettre à l'action du liquide et de lui donner une couleur tirant sur le rose vif ou même un peu foncé , mais j'ai reconnu que l'on réussissait beaucoup mieux en iodant préalablement la plaque.

Avec ces liqueurs, on n'agit plus en aveagle, on regarde la plaque et ce n'est que lorsqu'elle a atteint la couleur indiquée^ qu'on l'expose à l'action des rayons lumineux ; je le répète, c'est un des moyens les plus faciles et les plus certains de Taire une épreuve.

Il me serait facile d'allonger cette longue liste de substances accélératrices, aujourd'hui surtout, que chacun prétend avoir découvert son liquide ; au reste, quel que soit celui que l'on adopte, il ne faut pas oublier qu'il ne s'agit pas tant d'opérer très vite, que de faire de belles épreuves, et je dois dire que presque toutes les personnes qui obtiennent de beaux résultats , m'ont avoué qu'elles n'opéraient pas avec une grande rapidité ; M. Bisson fait rarement un beau portrait en moins d'une demi-minute, bien qu'il possède le moyeu d'en faire une en quatre ou cinq secondes.

Je retrouve à l'instant dans mes papiers, plusieurs notes très intéressantes que je- dois à l'obligeance de quelques amateurs , et que je crois devoir communiquer à mes lecteurs.

Un des plus grands inconvéniens, attachés à l'emploi de l'eau brômée^ est la difficulté de conserver ce liquide au même degré. M. Middleton emploie un procédé fort ingénieux pour se mettre à Tabri de ces variations. Il prépare son eau brômée en versant 30 à 35 grammes d'eau satu-

(1) Chlorure d'iode étendu d'eau. On y ajoule parfois un peu de brome.

— ik r-

1^ 4« kcdma Italie ipMI^ grawii^ d'ew» puis il v^rs» ce; liquida daw de g^tits f)«icoo^ 4e 50 â 60 gramiiie^ pour l#s demi-plaque» et de^ ^ 100, po^r 1^ plaques eotièr f^aa* n fautt remplir c^ flac^na jufiqii'à rorificç, de manière que le liquida d^orde quaD4 on l«a bouche^ Chaque flacon Tmférme la quantité de liquida nécessaire pour une expérience, lorsqu'un flacon d'eau brômée q'est fd^ Uan plein, le l^r^pa s!^yap9ra» \^ vapeurs ^ mêlent à rdr que contient le Oaqon, et quand on verse une certaine quantité de ce liquide , les vapeujrs 4e l^ôme a'^oiir lent en même temps et l'eau br^mé^ devient de plus en plus faible ; avec les petites fioles de M. Middleton , cet aceideut n'est plqs à craindre et si l'on a préparé vingt flaoons de liquide, le dernier est aussi e(|icace que le premier; d'ailleurs en les bouchant eu quelque sorte dans le liqujde, on les ferme hermétiquement et on peut les conserver san^ al^ tératlen pendant un ou^ deux HflUPia? C'est ai^si que M. Bliddleton est parvenu à réussir huit eu neuf fois sur dix expérieneei»

M. de Valioourt m'a coim«niqué U cempeaitîon d'un lirquide qu'il nomme hr^uff rl!tede cwmtani ; voici la manière de le préparer et d'en faife usage :

ic Ou mit que le bromure d'k>de préparé suivant la formule donnée par M. Cieudin» est un composé très peu 0bi- Me. Lonqu'on s'est donné beauiooiip de peine à le kk^t par voie de tâtonnement, à défaut d'un dosage certain qui aurait 4û Atns indiqué par l'inventeur, il donne à peine pendant huit jours, deauite des résultats identiques. Il faut enmîte peur le ramener k son état primitif, y ajouter tantôt de l'iode, iM- Mt d^ brAme; ce sont enoora de nouveaux tâteonemens qni lont perdre beaucoup de temps et qui trop souvent n'aboutissent à aucun résultat.

)» f^ppé de ces ineonvémews^ j'ai rediefciié s'il n'existait pas une autre combinaison de brome et d'iode qu'en

pourrait fmi\Qïwnt pr^arer tof^jaurs dnm les mimei froporttQns, el invariable dens aa compogition.

y> Ce n*est qa*après une expérience de six mois que je me décide à publier la formule à laquelle je me suis arrêté. J'y suis surtout déterminé par Tespoir de mettre un tennye à r«q)piri$ina avide de certains spéculateurs qui faisaut mystère de leurs recettes , exploitent la crédulité des amateurs de photographie en leur vendant de prétendues liqueurs accélératrices ou photogéniques, dont Iç principal mérite est de rapporter de gros bénéfices à ceux qui les composent. Ces préparations ont toutes pour base le chlorure ou le hiftmure d'iode, quelquefois on y ajoute d'autrea substances tout-à-fait inertes, souvent même nuisibles à Y^Sei pbotogé* nique. Elles ont en outre le défaut d'être plus lentes que Teau brômée, et de se décomposer en peu de temps, en sorte qu'on devient de nouveau tributaire de ceux qui les ont fournies (1).

)) Notre bromure d'iode nous parait exempt de tous ces défauts.

» La préparation en est si focile qu'Ole peut être faite en tout lien, sans poids ni mesures et par la personne la plus étrangère aux maoipulalioiis chinuques.

» Les plaques sont convenablement, bràmées en une minute au plus. Quant à la promptitude des résultats elle égaie celte de l'eau brômée.

i> Les teintes des épreuves obtenues à l'aide de ce composé sont aussi riches et aussi vigoureuses qu'en employant

(1) « Mous devons faire ici une honorable exception enfiteqr » de bliqueur hongroise préparée par M. GuériiL Employée com- » parativement avec noire brdmare d'iode elle a donné avec une » constance remarquable, des résultats identiques. Nous pensons » dene ^e notre formule a une grande analogie avec celle de » M. Guérin. »

toute autre substance , pourvu toutefois que Tiodage soit poussé jusqu'à rintensité convenable ; il donne surtout de très beaux blancs , rarement solarisés.

» Cette liqueur peut se transporter facilement en voyage sous un très petit volume.

» En6n sa constance est tellement remarquable qu'un flacon d'un décilitre préparé au mois de juin dernier , nous sert encore tous les jours, et donne les mêmes résultats. J*attribtte cet effet à la suppression de l'alcool qui, dans le bromure d'iode de M. Gaudin, me paraît une espèce de ferment capable d'y déterminer la formation des acides brômhydrique et hydriodrique, causes probables de sa prompte décomposition.

» Voici notre formule que nous communiquons sans aucune restriction ni réticence, les amateurs, seul public compétent^ compareront et jugeront :

)) Dans un flacon d'une contenance d'environ 5 centilitres, on verse 30 à 40 gouttes de brome, la quantité n'a aucune espèce d'importance. On y ajoute ensuite grain à grain autant d'iode que le brome en voudra dissoudre jusqu'à parfaite saturation. On sera assuré de cette saturation lorsqu'il restera dans le brome quelques grains d'iode non dissous, on peut les laisser impunément dans le flacon sans compromettre en rien le succès de la préparation.

» Le bromure d'iode ainsi préparé tient fort peu de place et peut se transporter facilement, mais il serait beaucoup trop concentré pour pouvoir être employé dans cet état (1). Lors donc qu'on voudra s'en servir, on en versera une petite quantité!, par exemple un gramme mesuré avec la pipette graduée , dans un flacon contenant environ 200 grammes d'eau de rivière filtrée. On conçoit facile^

(1) On peut néanaioius s'en servir ainsi sous formQ de vapeur suivant la méthode de MM, Choiselat et Ra^H.

ment qae le brdmure d'iode pourrait être étenda d'une quantité d'eau plus ou moins grande , sans changer le rapport qui, existe entre le brome et l'iode. Nous donnons cette proportion parce qu'elle nous a paru la plus convenable pour la prompte préparation des plaques, et pour conserver au composé toute sa constance pendant un temps indéfini.

)) Le bromure d'iode étendu d'eau ainsi que nous venons de l'indiquer , jouit de toutes les propriétés de l'eau brômée, et peut suivant la remarque de M. Buron donner des épreuves à toutes les couleurs d'iodage pourvu que la durée d'exposition au dessus du brdmure soit proportionnée à la quantité d'iode absorbé préalablement par la plaque. Nous indiquerons néanmoins comme les nuances d'iodage les plus favorables : le jaune aussi foncé que possible ( transition du jaune au rose) , le rose vif, et le rose rouge ou violàtre.

» La plaque étant iodée également à une de ces couleurs , on verse dans la cuvette à brômer une quantité de bromure d'iode strictement suffisante pour couvrir tout le fond. On laisse reposer environ une minute ; puis on expose la plaque au dessus de la cuvette, jusqu'à ce qu'on juge au moyen d'un compteur, qu'elle a absorbé assez de brome.

» On conçoit que la durée de cette évaporation doit varier suivant la force du brome, suivant la température, suivant la profondeur ou la capacité de la cuvette, et enfin suivant la dimension des plaques. Voici néanmoins des données à peu près certaines sur ce temps d'évaporation, et on n'aura besoin de s'en écarter que légèrement, en ayant égard aux circonstances indiquées plus haut.

» Pour une plaque iodée jaune foncé 30 à 40 secondes ; pour une plaque rose vif 40 à 50 secondes.

»Le rose violàtre exigera 50 à 65 secondes d'évaporation. Il sera toujours facile de régler à volonté ce temps d'évaporation, en ajoutant à la liqueur soitde l'eau, soit du brô* mure concentré.

y> L«i iMMODiiég qui onl; Fkftbffaule do eomnlter h (mleur des plaques pourront «miiloyer cette méthode arec notre brAmure d'iode ; une |itaque iodée jaune foncé daf ra être brAmée jusifa'aii rose Tîf ; Tiodage rose devra atteindre sur le brômur^ la iuiai|ce violette» et Tiodage violet devra se transformer en un Heu vert très intense.

)) On fera très bien d'avoir égard à la couleur, lorsqu'il s'agira de déterminer une fois pour toutes le temps d'exposition des plaques au dessus du bromure. Alors, en même temps qu'on comptera les secondes, on examinera de temps en temps la plaque, et lorsqu'elle aura atteint la nuance voulue, on se rappellera le nonlbre de secondes pendant lequel elle sera restée soumise è Tévaporation. Il suiSra désormais de prolonger Topération pendant le même espace de temps, sans être obligé d'examiner la couleur.) oar le taux du bromure , une UAs trouvé , sera constamment le même pendant un temps illimité.

» Lorsqu'on s'aperœvra qu'il sie ral^tit, on y remédiera ficilement e» versant dans la liqueur une ou deux gouttes de bromure concentré.

» On se rappellera cpie l'usage de notre bromure d'iode n'exige pas une précision aussi rigoureuse que l'eau br6mée. Quelques secondes de plus ou de moins dans la durée de l'évaporation seront sans conséquence pour le succès de ropéeation. En efet à mesune que la plaque sechargede brAme,il s'y dépose une quantité d'iode proportionnelle, en sorte que l'équilibre existe toujours entre les deux substances. Cette propriété sera d'un grand avantage pour tes personnes encore inexpérimentées dans les manipulations du daguerréotype.

» Quoiqu'on obtienne , ainsi que nous l'avons dit , des épreuves aussi rapidement sur tous les iodages, tes nuances jaune foncé et rose tendre nous ont paru éomierles meilleurs résultats, après avoir été brômées convenablement. La

uMBce vinlitte éotme/df»' épMwv^» d'ttb ton iMHKMtiiett mw no fM terne» QOMpI à Ifoila^ JauM o1«<î, il tioos ft 0QMt9naieiit foorai des teintes blauea et des épreuves solariiées.

A La dose- de toôraore yersée dan^ la cavtettepeuteeirvtr pendant tout une journée sans être renouvelée. A la fia des opéffatîoBit on la.ranettra dans le flacon ^ui iera exaeteiMiit baoebé i réoMri. »

Patfons actuellemeiit m procédé dalf M. GhoiseM «t Batel. Je copie textuellement tes notes adressées à T Académie des Sciences :

Première kotb ( 36 juiii 184d ).

a On admet généralement ^e, dans une image photographique, les blancs soqI prodiuts psr du mercure métallique simplement déposé sur la plaque > ou bien amalgamé, et tes ROirs par le bruni même de Targeiit; mais généralement aussi on s'abstient de détails sur la manière dont se passe le phénomène.

» Nous essayons ici de démontrer, par des considérations purement chimiques , que les blancs sont produits par des gouttelettes d'amalgame d'argent formées et déposées sur la surface du plaqué, et les noirs par le bruni même du métal et une poussière d'argent et de mercure.

y> Cette théorie est fondée sur les trois faits snivans :

yt 1» L'iodure d'argent, sous l'action de la lumière , est transformé en sous-iodure ;

1^ 2" Ce sous-iodure, en contact avec le proto-îodure de mercure, dontie naissance â de Tîodure touge et à du mercure métallique;

50 3* Du mercure métallique, mis en contact avec de l'iodure d'argent, se convertit en proto-iodure, et de l'argent est mis en liberté.

» Pour le premier pohit nous ne nous écartons pas de l'opinion générale : savoir, que fiodâte dTargent se conveHit

en proto-iodure; et un foit qui, entre autres, semble confirmer cette opinion, c'est que si, après avoir exposé une plaque d'argent à la vapeur de Tiode, puis à la lumière, on la lave ensuite dans de Thyposulfite de soude, il reste sensibles ment à la surface une poudre insoluble de sous-iodure d'argent.

» Le deuxième fait se déduit de phénomènes déjà connus; on sait en effet que les iodures basiques déterminent, avec le proto*iodure de mercure , la formation du bi-iodure de ce métal et un dépôt de mercure métallique.

» Le troisième fait peut se vérifier en mettant du mercure en excès au contact de Tiodure d'argent : on recueille bientôt de riodure vert de mercure et un amalgame d'argent.

« Ceci posé, considérons les conséquences des trois opérations principales de la photographie. L'exposition à la chambre noire, celle de la chambre à mercure , et le lavage.

» Une plaque ayant sa surface recouverte d'iodure d'argent, est soumise à la lumière de la chambre noire ; aussitôt l'action commence, mais avec une différence essentielle dans la manière dont elle est impressionnée; en effet, au lieu d'une lumière uniformément répandue, elle reçoit ici une distribution inégalement répartie de rayons lumineux. Dès lors riodure d'argent se modifie en raison directe des intensités. Là où la lumière est plus vive, il y a production abondante de sous-iodure d'argent et émission d'iode repris par la plaque; là où doit apparaître une demi-teinte, la formation du sous-iodure est ralentie dans le même rapport que la diminution de la lumière elle-même; enfin, dans les ombres les plus noires, l'iode n'est que très faiblement attaqué, car l'absence de radiations ne saurait être telle qu'il ne puisse y avoir aucune altération de l'iodure d'argent.

» Que se passe-t-il maintenant quand une plaque ainsi infiuencée est exposée à la vapeur du mercure?

» Ce métal commence par réagir sur tout l'iodure d'argent qu'il rencontre sur la plaque. Nous venons de voir que cet iodure a été parfaitement conservé dans les noirs, mais tes blancs en présentent aussi une certaine quantité, quoique beaucoup moindre; il est en effet dans les conditions d'une Ijionne épreuve, qu'il n'y ait pas été entièrement décomposé. Dans les premières il se forme donc abondamment, et dans les secondes faiblement, du proto-iodure de mercure et de l'argent métallique. L'action s'arrête là pour les noirs , mais il n'en est pas de même pour les blancs, car le proto-iodure de mercure, s'y trouvant en contact avec du sous-iodure d'argent, doit donner lieu à une double décomposition ; le sousiodure est réduit et le proto-iodure de mercure se divise ; une partie passée l'état de bi-iodure, tandis que l'autre/également réduite, devient alors la véritable source du mercure qui, s'unissant sans doute avec l'argent devenu libre, se dépose sur la plaque, mais sans s'y amalgamer. C'est donc par les parties les plus claires que l'image se révèle d'abord ; elles absorbent d'autant plus de mercure, qu'ayant été exposées à une lumière plus vive, elles sont plus riches en sousiodure. Les ombres les plus intenses, au contraire, n'offrant que de l'iodure d'argent à la réaction du mercure, celui-ci ne peut jamais produire qu'un voile plus ou moins profond d*iodure vert mêlé à de l'argent métallique, que son état de division extrême fait paraître noir; ce dernier restera donc en réserve pour former plus tard les noirs du tableau. Mais entre ces deux points extrêmes , entre ces ombres les plus fortes et les blancs les plus purs, il doit s'établir une demiteinte admirablement fidèle ; puisqu'elle est le résultat nécessaire du travail plus ou moins complet de la lumière, elle s'éclaircitouse traduit en noir, suivant la richesse ou la pauvreté de la couche en sous-iodure d'argent.

Y> Aussi voit-on la plaque, au sortir de cette opération, s'offrir à l'œil avec une apparence noire ou verdàtre dans

les ottibm, Ift oè le proto^iodiire de merettre ii'a point été déoemp^sé, tMdte qa^elle éM fe^m et tfiiêtËè ^^fêM Pàngb "vtt datte fii bhiflOÉf tes t$hri( fbtetlseà (tuf ti'ofiC phift qu'on amalgamer d'argent eft gottlIeléftësiiifpefGeptlMés, i^ eDUTèrl dHmcr eoiK!lie de bl^iodare de ttiettnre.

)>8î l'en tiefït ensoité à MVèf' cette plaque dans ttHe dissolution d-byposttlfiM dé soude, l'IodUre îouge de oiercare se dhsôult quant ft Tiodure ?élt, H doit encore suMr une dë^ domposition : il se couvenit en bi^iodure qui disparaît, et ért iMfCttfe métaltique qui reste suf la pliique.

n^ Ainsi donc, en irésumé^ lès btahéssont produits par une poussière d'une grande ténàfté d^âmatgame d'argent sitn>^ pletnetit déposé sur la plaqué ; ces blancs sont d'un ton d^au- Iffnt ptas vif, que cette poussière est plus abondante et plus rteher en argent ; quant aux noirs, ils sont le résultat du dépdi d'un argent extrêmement divisé, mêlé mécaniquement ft une très grande quantité de mercure provenant du lavage.

» Nous espérons que cet exposé, quoique fort abrégé, satisfera à beaucoup de questions qui n'ont pas encore été parfaitement résolues, et offrira une infinité de ressourcés pUUriaproduction de belles épreuves ; car s'il paraît constant ^e delà répartition convenable du sous-iodure et de Tiodtlre d'argent dépend la beauté du résultat, on pourra, d'aprts la simple inspection d'une épreuve non lavée, modifier èh conséquence son mode d'opérer. Quand la plaque, au sortir de la chambre à mercure a un aspect terne oU verdâtre , c'est une preuve qu'il y a du proto-iodure de mercure sur les clairs, que par conséquent la formation du bi-iodure Ihdlspefïsablë à échoué pour quelque motif, en un Inot, que rèî)rôttve est pauvre en mercure, et par conséquent manquée.

' » Or, de toutes les causes qui mettent obstacle à la foritnâtioh du dessin photographique, la phis géhéraJè et êh

même temps la plus ftmeile, est, ce nous semUe, la présence d'une trop grande qaantité d'iode libre sur la {dai|iie. On conçoit en effet qu'eiposée à Fimanatioa âe Yiiûdy la siirfa<3e métalHque lie YBhêbthë pps eiitièri»Miit, lûais ((tie Piodare Ibrmé en retient emprisonnée »ne partie à l'é^ t8t dé liberté.

)> Mais comment agit cet iode libre? £yidemment, il s'oppose doublement à la formaMon dePimage dans la dtiam^ bre tioire^ en convertissant eu iodure d'argent tout ce que la lumière transforme en sôtls-iddoTe (ce dernier ne poutaifl eiister an contact de Fiode) ^ dans la chambre à mercure, en se combinant avec ce métal, et formant ainsi un voile d'iodure vert, s'opposant parla souverainement à la réaction des vapemrs mercurielles sur les couches inférieures. On peut aussi le considérer comme un obstacle éminent à ia rapidité de la production de l'épreuve , puisqu'il tend à détruire constamment le travail de la lumière. Pour éviter tous ces inconvéniens, il suffit d'ioder dans un endroit convenablement lumineux; on voit, en efifet, qu'il se forme dans ce cas tin sous'iodure d*argeut, qui retire à la plaque Fexcès d'iode libre pour repasser à Fétat d'iodure; les réactions ftftures n'étant plus contrariées, la réussite devient, pour ainsi dire assurée.

y) On conçoit maintenant pourquoi il est si nécessaire de couvrir les bords du chftssis de bandelettes de plaqué, afin de le protéger contre les vapeurs de l'iode : l'émanation qui en résulterait ensuite serait nuisible à l'épreuve ; car, d'après une déduction toute naturelle, on voit que cet iode détruirait le sous-iodlire au fur et à luesufe de sa formation, et S'opposerait aussi plus tard à l'action des vapeurs mercurielles, eti produisant un proto-iodure inutile.

» Ainsi se trouve encore expliquée l'utilité de passer une plaque au mercure peu de temps après sa sortie de la chambre noire, llode qui peut encore s'y trouver à l'état Ubre

devant nécessairement altérer Timpression produite par la lumière.

DBUxiâMB NOTE (2A julUet 1843).

» Le chlorure et le bromure d'argent étant plus impressionnables à la lumière que Fiodure de ce métal « on en a conclu, dès Torigine, que c'était à leur formation que Ton devait attribuer l'accélération des images photographiques ; néanmoins différentes considérations nous font [envisager cette question sous un tout autre point de vue; nous allons les exposer aussi brièvement que possible.

» La quantité singulièrement faible de substances accélératrices condensées par la plaque , comparativement à Fiodure d'argent déjà formé, ne peut suffire à rendre compte de la différence énorme de rapidité qui en est le résultat.

» Le brome ou le chlore ne peuvent être absorbés par la surface métallique abritée sous une couche relativement fort épaisse d'iodure d'argent; on ne voit pas non plus comment ils pourraient décomposer Fiodure, et, dans tous les cas, l'altération de Fiodure d'argent, n'étant pas en harmonie avec celle des bromures, etc. , devrait nécessairement apporter un trouble grave dans Fopération. De plus^ il ne serait pas possible d'expliquer les réactions de la chambre à mercure, , et ceci, en venant corroborer les idées que nous avons déjà émises précédemment, démontre parfaitement pourquoi l'on n'a jamais réussi à obtenir des vues sans iodure d'argent , c'est-à-dire avec le chlore ou le brome seuls. Considérées sous ce point de vue , ces substances sont même tellement nuisibles , que si on dépasse de une ou deux secondes seulement le temps fixé pour l'exposition à leurs vapeurs, il y a absence complète d'images ; car alors, ayant le temps de pénétrer jusqu'à l'argent , elles forment un bromure ou chlorure qui, ne sont pas aptes à déterminer le dépôt des gouttelettes d'amalgame.

» Nous n'émettons, d'ailleurs, ces réflexions, que nous

peumon^encore étayer de nombreuses observations, qu'avec la plus grande réserve, et dans le seul désir de Gxer l'attention des expérimentateurs.

)» Béfléchissant à l'excessive minceur de la couche sensible, appréciée par M. Dumas à un millionième de niillimètre, nous l'avons considérée comme étant diaphane , et par conséquent pénétrable aux rayons solaires dans toute son épaisseur ; remarquant, en outre, qu'il est important que riodure d'argent ne soit pas converti en sous-iodure pour obtenir le meilleur résultat possible ; nous sommes arrivés à conclure que.la puissance photogénique des radiations himineuses s'exerce dans un espace de temps pour ainsi dire insaisissable, peut^tre même fort rapproché de l'instantanéité. L'image est donc dessinée sur la plaque dès les premiers momens de son éxposition.à la chambre noire,* et si, à cet instant, rien ne se manifeste au mercure, cela ne peut tenir qu'à des causes particulières. En effet, il résulte de la théorie exposée dans une note précédente, que les diverses réactions peuvent être représentées par les formules suivantes :

» Pour la réaction de la lumière sur l'iodure d'argent (AGI étant la formule hypothétique du sous-iodure),

5AGt=;2AGl4-3AGI» + 2I;

» Pour celle de mercure sur l'iodure d'argent , 3AGI«H-6HG = HG6l6 4.3AG; » Pour celle du proto-iodure dé mercure sur le sousr iodure d'argent,

2 AGI 4- 6 HGI = HG4I8 + »HG + 'AG.

» Or, d'après ces formules, on voit que dans les clairs le . sous-iodure devant être à l'iodure dans le rapport de 2 : 3, il n'est pas déraisonnable de soupçonner que cette proportion est très rapidement établie , et que la cause véritable de ralentissement se trouve dans l'iode mis en liberté par la

dité par s^ teoclance a reforqiçr i'iodure, ^t au^ 4épem« ^i| sous-iodore, soit aux dépens de la plaque; et p'est précisément là que $6 trouve le principe de ta promptitade de Fopé^atioa; car si Ton considère le temps nécessaire à la j^oduction d*une épreuve comme f oripé essentiellemeqt de 4epx élémeps, Fnn regardant la décomposition de Viodqre, l'autre l'absorption de Tiode; si l'on fait le premier nul, à cause de sa faible valeur > le deuxième représentera évidemment le temps exigé pour la formation de l'image (!}•

» Pour motiver le travail de la lumière, il s'agit donc de rendre le plus court possible, le temps nécessaire à l'absorp* tiou de l'iode ; or, tel est le rôle que nous semblent jouer tes substances accélératrices, dont )a puissance est due à trois causes : leur mélange intime avec l'iodure, leur affinité pour l'iode, enfin l'état naissant dans lequel se présente ce der- Uier,

^ Mais comment le brome adhère-t-il à la plaque, et à quel état s'y trouve-t-il? Nous avons vu qu'on peut regarder une plaque iodurée comme retenant toujours de Fiode libre ; dès lors on comprend facilement ce qui doit se passer; ce même iode libre, en effet , est très propre à retenir le chlore ou le brome , il so sature donc de leurs vapeurs qui peuvent ainsi demeurer sur la plaque ^ se mêler intimement à l'iodure, et devenir d'autant plus efficaces qu'elles constitueront un composé plus riche en brome ou en chlore.

» Or, une conséquence à tirer de cet exposé, c'est que

(1) S'il était constant que l'image fût formée presque instantanément dans la chambre noire, Faction des verres continuateurs ne serait-elle pas plutôt, dans le cas qni nous occupe, uue action protectrice, en déterminant Félimination de Fiode, soit par Févaporation, soit par un tout autre mode d'action analogue à cette explication

moins il y a d*iode libre sur une plaque, moins ily a de brome absorbé, l'expérience vient confirmer cette conjecture. Telle plaqne qui dans l'état normal peut être exposée aux Tapeqrs du brome pendant dix-huit secondes, s'en trouve saturée même après trois secondes, quand on la prive, autant qu'il est possible, de sou iode libre.

)) Une autre conséquence à déduire de ce qui précède, conséquence très importante, puisqu'elle a son cAté pratique, c'est qu'il n'est pas nécessaire qu'une substance puisse former avec l'argent un composé impressionnable pour contribuer à l'accélération de TefiFet photographique ; bien au contraire, il est utile, il est mieux que cette substance n'ait aucune affinité pour ce métal. On voit donc que le champ de recherche s'élargit considérablement , et que l'on n'est plus tenu à rester dans le cercle étroit du brome et du chlore, pour aviser au moyen de rendre l'opération plus rapide.

y> Néanmoins le brome remplit très bien ce but, mais on conçoit de suite que la combinaison formée n'est pas tellement stable, que les deux corps qui la composent ne puissent encore tendre à s'unir à l'argent, ce qui doit nécessairement apporter un certain retard à la manifestation de l'image : nous avons donc pensé que la vitesse s'accroîtrait si l'on pouvait donner à ce composé une plus grande fiiité, et fournir à la plaque , d'un^ manière indirecte , une plus forte dose de brAme ou de chlore.

y> (.es moyens dont nous nous servons consistent à faire arriver sur la plaque certaines substances que nous allons désigner; seules, elles n'agissent pour la plupart que faiblement, elles n'atteignent le maximum de puissance que lorsqu'elles sont mélangées au brome ou au chlore , et ceci se conçoit , car nous avons vu qu'il faut un corps déjà préexistant sur la plaque pour retenir les substances accélératrices; or les composés que nous employons , n'ayant pas assez d*af6nité pour l'iode, ne peuvent s'y unir directement; il faut

donc se servir du brome ou du chlore comme de véhicules : ils se trouvent, dès lors, entraînés avec eux, et restent sur la plaque où ils agiront plus tard, comme nous l'avons dit, et sans doute encore par voie de double décomposition.

D Les substances qui nous ont paru ofifrir le plus d'accroissement de rapidité, sont l'hydrogène, le phosphore, et particulièrement le carbone.

» L'action de l'hydrogène peut se vérifier au moyen d'un simple mélange de brome et d'acide brômhydrique ; celle du carbone, en ajoutant par portions àlOgrammes de brome, environ 3 grammes de bromure d'hydrogène bi-carboné, ou d'éther brômhydrique : il est évident que ces deut corps peuvent être remplacés par une nombreuse série de substances organiques ; tous les carbures d'hydrogène remplissent le même but : les résines, la plupart des huiles essentielles, l'eupion et presque tous les produits de la distillation des matières végétales, l'huile de naphte, etc., peuvent être ajoutés au brome avec le plus grand avantage; maison voitque, dans ce cas, il y a formation d'acide brômhydrique qui n'est pas nuisible à la vérité, mais dont les vapeurs blanches très abondantes peuvent être désagréables. On peut éviter cet mconvénient en se servant de bromure de carbone pur ajouté au brome, ou simplement en projetant dans 5 grammes de brome, 2 grammes d'iodoforme; il se forme du bromure de carbone et du per-bromure d'iode en proportions convenables. Un autre moyen consiste dans l'emploi du brome dissous dans du brômal; sans chercher à se procurer du brômal pur, on atteint le même résultat en versant dans 5 grammes de brome, quelques gouttes d'alcool anhydrique ; il y a forn^tion de brômal et d'huile brômalcoolique, avec un excès de brome nécessaire. L'alcool peut encore ici être remplacé par nombre de substances qu'il est inutile d'énumérer ; nous citerons seulement les huiles grasses et siccatives, la plupart des graisses , l'esprit de bois et sans doute

«fe

les nombreuses combinaisons dn méthylène ^ l'esprit pyroacétiqué et pyroligneux, etc. Enfin le cyanogène donne quelque accroissement de vitesse.

» Des résultats satisfaisans sont aussi obtenus par le mé* lange de plusieurs de ces substances, et la présence de l'oxygène dans la composition de quelques unes d'entre elles, parait favoriser la réaction plutôt que la ralentir. Plusieurs personnes semblent avoir remarqué parfois des variations irrégulières dans l'emploi du brome : ne pourrait-on pas expliquer ceci par la production accidentelle d'acide br^mbydrique ou de brômal ?

» On arrive, par ces moyens, à prendre une vue en moins de deux secondes; toutefois, il faut remarquer que cette rapidité est calculée d'après un appareil pour grande plaque et à long foyer, de M. Charles Chevalier : il va sans dire qu'elle serait tout autre si l'on faisait usage d'appareils à court foyer ou d'ouverture de diaphragme exagérée.

» Quant au mode d'emploi de ces composés, il parait pro-* bable qu'ils peuvent être mis en usage par les moyens ordinaires, c'est à dire en les prenant à l'état de dissolution dans l'eau ou l'alcool; nous ne l'avons pas essayé, mais nous donnons ici la manière suivant laquelle nous avons toujours employé le brome, et que nous avons préférée à cause des avantages qu'elle offre sous le rapport de la célérité et de l'extrême simplicité ; eUe consiste à prendre les substances accélératrices à l'état gazeux; pour cela, il suffit d'avoir à sa disposition une petite pompe graduée de la capacité de 0^ 01, terminée par un tube capillaire, et un flacon de 0^ 02 dans lequel on a introduit, une fois pour toutes, 20 à 25 grammes de la substance dont on a fait choix. Quand on veut prendre une vue, il suffit d'introduire dans le flacon le tube capillaire de la pipette , et de pomper environ un demi-centilitre de la vapeur répandue dans le flacon , puis d'injecter cette vapeur dans la boite à brome , au

moyen d'une petite ouvertare qu'on ferme ensuite. La botte que H. Foucault a imaginée pour l'emploi de l'eau brômée , convient parfaitement pour cet usage. Le temps d'ioder la plaque est ensuite suflSsant pour opérer complètement Je mélange du gaz avec l'atmosphère de la botte, et l'on compte ensuite à la manière ordinaire. Cette disposition éTfte ainsi un attirail embarrassant, et la liqueur contenue dans le flacon peut servir indéfiniment. »

Troisième note (6 novembre 1843).

c( L'iodure d'argent étant la couche impressionnable sur laquelle toutes les réactions doivent successivement se produire, c'est à sa formation régulière que l'on doit surtout s'appliquer : de là dépend toute la suite de l'opération ; les qualités de cette couche peuvent se résumer dans trois conditions essentielles : richesse, sensibilité, limpidité.

» Certaines difficultés s'opposent à la réunion de ces trois conditions, et c'est ordinairement à leur absence qu'il faut attribuer les résultats incertains et défectueux d'un grand nombre d'expériences, résultat dont on accuse souvent à tort, soit la substance accélératrice, soit tout autre cause illusoire. Aussi a-t-on vu se répandre, par suite de ces incertitudes, l'usage de ces nombreux moyens indirects, de ces liqueurs dites allemandes, qui, par leur composition, ont pu donner peut-être un résultat plus assuré, mais au détriment de la sensibilité et de la vigueur du dessin.

» Déjà nous avons dit comment la richesse est obtenue en iodant fortement, et la sensibilité, par l'addition du brômoforme, etc. ; nous pensons aussi qu'on ne doit pas moins s'alr tâcher à sa limpidité. Son défaut de transparence produit ce fftcheux effet, que la lumière, ne pouvant simultanément pé« nétrer dans toute son épaisseur , n'agit plus que partiellement ou successivement : de là un trouble grave dans lé travail de la chambre noire, et ces trois conséquences malheureuses pour l'épreuve.

5) Lé sbus-iodttre d'drgént h*est plas mélâtigé intimement avec l'iodure selon qu'il est nécessaire , ces deux corps se (rôUVatat, pour ainsi dire, superposés eii deux couches ; par suite, point de vigueur dans les clairs et les noirs de Tithage.

» Les réâCttôns mercurielles n'ayant lieu que dans les couches stipérietires, le dépôt de mercure ne se trouve plus dans une juxtaposition parfaite avec la surface du plaqué : de là point (te régularité dans la création dû tableau, peu d'âdhétence etttre le mercure et la plaque , et absence de coloris dans le dessin.

» Enfin la lumière n'agissant plus que progressivement, a toujours achevé le travail des clairs avant d'avoir complété celui des ombres : ainsi point d'harmonie entre les blancs et les noirs, point de détails dans les ombres.

» L'oid)U de ces trois conditions imp<Htantes détermine, daûs les épreuves, ces ombrés si tranchées là où la nature be nous offre que des demi-teintés ; c'est également par suite de cet oubli, que l'on regarde à tort comme à peu près inoiposs&le de faire venir simultanément un objet d'un blanc pur, et Un autre très noir ; dans ce cas, l'un des deux ob^ jets de viendra, dit-on , qu'au détriment de l'autre; et cependant, si là limpidité de la coudie sensible eût permis à dhaque radiation de pénétrer également dans l'iodure d'argent, chaque objet eût apparu rigoureusement selon l'intensité de ces mêmes radiations, car on doit exiger du daguerréotype l'image exacte qui est peinte dans la chambre noire, tous les points de cette image agis^ut à la fois dur l'iodure, mais avec Une énergie différente.

» Nous avons déjà signalé la funeste influence qtfexerce sur les épreuves une trop,grande accumulation d'iode libre ; or, c'est eûcore son excès que nous devons id redouter, car, <MXUre ^'il enlève à la plaque cette Itmpnkité indispensable.

1 étouffe aussi l'action des substances accélératrices, et s'oppose à l'absorption du brAmoforme.

» En effet, nous avons cherché à démontrer que le brAmoforme, brAmal, etc., ne peuvent demeurer sur la plaque qu'avec l'auxiliaire du brAme ; ce dernier corps, formant avec l'iode libre un per-brAmure d'iode, retient avec lui le brAmoforme, et tous deux peuvent agir ensuite à la chambre noire. Or, qu'arrive-t-il quand la couche d'iodure a été mal préparée? l'iode libre étant en plus grande quantité qu'il ne doit l'être, au lieu d'un per-brAmure, on n'a plus qu'un proto-brAmure; si donc la plaque est mise en cet état à la chambre noire, sa sensibilité sera moindre que dans le premier cas , car nous savons que l'absorption par le brAme, de l'iode libéré, est en raison inverse de la quantité d'iode qu'il tient déjà en combinaison ; mais, si au lieu d'une simple émanation de brAme , on a recours à l'atmosphère mixte de brAme et de brAmoforme, la plaque n'absorbe plus alors que le brAme et laisse le brAmoforme, ce dernier ne pouvant rester dissous dans le brAme que si sa tendance de s'unir à lui n'est pas détruite, ou du moins considérablement diminuée par la combinaison de celui-ci avec un grand excès d'iode; telle est sans doute la cause de l'inégalité d'action qu'offrent les substances accélératrices entre les mains des divers opérateurs; cette singulière anomalie étant la consé*quence du plus ou du moins de limpidité obtenue par suite de quelque négligence, ou d'une appréciation vicieuse dans la préparation de la couche sensible.

» Or, les raisons qui s'opposent à une préparation convenable étant très multipliées, et exigeant ainsi des soins très étendus, nous avons cherché à rendre ce travail plus facile, et nous croyons que le triple but que nous nous proposons, la célérité, la certitude de l'opération et la beauté singulière de l'image , sera atteint par l'usage d'un iode contenant, outre le brAme, les substances accélératrices que nous avons

publiées. On peut arriver à ceci directement ou indirectement, en versant de l'alcool absolu sur Tiode; si\ après que eelui-ci a repris quelque consistance, on promène au dessus, un flacon débouché et incliné contenant du brome, on voit qu'il y a formation de brômal, d'acide brômhydrique, et aussi d'un peu d'huile brômalcoolique , qui agissent comme il convient , c'est à dire en se mêlant plus intimement et plus abondamment à l'iodure , en contribuant par eux-mêmes à l'absorption du brème, et peut-être aussi en remplaçant l'iode libre en partie.

» Si Ton se sert ensuite de brômoforme, on remarquera l'extrême sensibilité que nous avons annoncée ; le mélange auquel nous donnons la préférence, est composé de 8 à 10 grammes de brome contre 20 grammes de brômoforme.

)) Une plaque ainsi préparée doit présenter les caractères suivans : Après l'ioduration , être rouge dans l'angle de réflexion d'un papier blanc, et vert olive translucide, vue de face, sans aucun signe d'opacité ou de couleur différente ; après l'exposition aux vapeurs mercurielles, être rouge vif dans les clairs, ou, ce qui vaut mieux encore, d'une couleur bleuâtre tirant sur un violet très clair. Nous ajoutons qu'il est préférable d'avoir une botte disposée de telle sorte, que la planchette portant la^plaque soit isolée de ses parois, afin que la vapeur puisse circuler sans aucun obstacle, conune aussi d*ioder directement, tamisant seulement la vapeur à travers une étoffe de verre, s'il était possible : les dispositions primitives de M. Daguerre sont ainsi à peu près conservées.

» Si parfois certaines bottes d'iode ont paru meilleures que d'autres, et si des traces d'humidité s'y sont manifestées, on peut, sans doute, l'attribuer à la présence de l'acide hydriodique provenant de la décomposition de matières organiques, condensant l'humidité de l'atmosphère ; il faut obvier à cet inconvénient en. exposant U boite au grand air, ou en ajoutant de l'iode. »

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