‹ Mélanges poétiques et discoursChapitre 33 sur 65 · A UNE JEUNE ARABE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE ARABE

Et l'admiralion, dans mon ame ravie,

rs'a plus pour la beauté qu'un rayon sans chaleur.

De mon cœur attiédi la harpe est seule aimée ; Mais combien à seize ans j'aurais donné de vers Pour un de ces flocons d'odorante fumée Que ta lèvre distraite exhale dans les airs ;

Ou pour fi.ver du doigt la forme enchanteresse, Qu'une invisible main trace en contour obscur. Quand le rayon des nuits, dont le jour te caresse. Jette eu la dessinant ton ombre sur le mur !

2n pxincc royal Îïc 6ainiTc,

VOYAGEAÎJT EN GRECE.

Tuia, le 6 juillet i833.

Pèlerin inconnu des vieux sentiers du monde, Quiller l'ombre et la paix des foyers paternels, Se laisser dériver aux caprices de l'onde, Tors tous les l)ords lointains qu'un nom fit éternels;

178 AU PIIINCE ROYAL

Saluer d'une larme, à travers sa ruiue,

Le temple de Minerve au lumineux fronton ;

Sentir battre un cœur d'bomme au roc de Salamiue,

Rêver des songes d'or sur le cap de Plaion ;

Écouter le destin sur l'airain de ses pages ; Des peuples et des dieux sonner le jour fatal ; Ou remuer du pied, dans la poudre des âges, Ce que l'aile du temps jette du piédestal ;

Toucher au doigt le vide et l'étroit de la vie ;

Confesser sa misère et goûter son néant,

Et dire à chaque pas, sans regret, sans envie :

Ce monde est comme nous, petit 1 Dieu seul est graud!

Du voyageur obscur voilà cliaque journée, De poussière eu poussière il s'égare à pas lents ; Le flot porte sans bruit son humble destinée, Et le reporte au gîte avec des cheveux blancs î

INIais vous, enlaus de roi qu,^ l'avenir regarde, Quand vous voguez devant ces bordi ; ux grands échos,

DE BAVIERE. I7y

La gloire du [>a.ssé se rallume et vous darde Quelqu'un de ces rayons qui brûlent les héros.

Yuilà ce que leurs pas ont laissé sur la roule ! Tous ces rivages morts vivent de leur vertu ; Toi qui passes comme eux devimtlem- cendre, écoule La terre qui te dit : Que nie laisseras-tu ?

Qwaud rhonuue o!)srur finit son courl pèlerinage, Sous l'herbe du C(;rcueil il dorl impunéiuenl ; INÏais la terre de vous demande témoignage. Et la tombe d'un roi doit être un monument.

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