CHL^NT DU SACRE
Et pour l)riser naguère une force usurpée, La plume enlre ses mains nous valut une épée !
l'archevêque.
Nomme encor ce vieillard qui, de pleurs inondé. ..
LE Ror.
Ts'e m'interroge pas ! c'est le dernier Coxdé ! ! ! Il pleure un fds absent : ne troublons pas ses larmes
l'archevêque.
Et ce prince appuyé sur ses brillantes armes, Qui, les yeux attaches sur ce groupe d'enfans, Contemple avec orgueil cet espoir ?. . . LE Ror.
D'ORI.ÉA^s!
(le grand nom est couvert du pardon de mon frère : l.e fds a racheté les armes de son père ! VA comme les rejets d'un arbre encor fécond, Sept rameaux ont caché les blessures du tronc !
l'arcuevéque.
rvomme enfin ce héros, dont la tête inclinée Semble perler le poids de tant de destinée, Vi dont le front chargé do palmes. . ,
AKILLE DES ARMES. i«
LE ROI
C'est mon Fils!
l'archevêque.
Q;i'a-t-il fait pour ce nom ?
LE ROI
Demandez à Cadix !
l'archevêque.
Il suffit : CCS témoins répondent de ta vie ! Tout siècle les verrait avec uji œil d'envie. Charles ! réjouis-toi ! Lequel de tes aïeux A pu citer jamais des noms plus glorieux ?
Mais, silence ! Le Rot, le front contre la pierre Murmure à demi-voix sa louchante prière; Et ses vœux, en soupirs de son cœur échappés. S'exhalent lentement à mots entrecoupés :
Dieu dos astres, Dieu des armées !
lyS CHAM DU SACRE.
Dieu qui conduis de l'œil les sphères enflaniuiées !
Dieu des empires, Roi des Rois !
Au bruit d'nu pi'uple enlier qui pousse un cri de fètej Du bronze et de l'airain qiù grondent sur ma tète,
Voici rbeure ! écoute ma voix !
Erranl sans trône et sans patrie, Triste objet de pitié comme autrefois d'envie,
J'ai mangé le pain de douleur ; Et d'exil en exil traînant mon titre illustre, Je n'avais à montrer, pour conserver son lustre,
Que la majesté du malheur !
Adorant tes rigueurs divines, Dans les murs d'Edimbourg j'habitai ces ruines
Pleines du destin des Stuarts !
Ces palais écroulés, ces tours d'herbes couvertes, El ces portes sans garde et ces salles désertes
Sympathisaient à mes regards !
Là, victime du rang suprême.
Une reine vovait son sacré diadème
MilLLE DES AiaiES. njy
Jouol lie l'anioiir et du sorl ; Et, du haut de ces tours où triomphaient ses charmes En rcgardaiit la rner, implorait par ses larmes
L'obscurité de l'aiUre bord!
Que de lois sous le dôme sombre Où je clierrhais sa trace, hélas ! je vis celle ombre
Mêler ses soupirs à ma voix !
Et m'apprendre eu pleurant sur (pielle onde incertaine Le vent capricieux de la fortune humaine
Fait Uolter le destin des Rois !
Victime, pleurant des victimes.
Trop connu du malheur, de ces leçons sublimes,
1 Lélas ! je n'avais pas besoin !
Quel siècle fut jamais plus fertile en ruines ? Mon Dieu ! pour contempler tes justices divines,
Fallail-il regarder si loin ?
N'ai-je pas vu ce diadème, Par le glaive arraché de la tète suprême, lloulcr dans la poussière aux pieds des laelions ?