HAM DL SACRE
De la poudre des camps relevé par la gloire, Joué, gagné, perdu, ravi par la victoire, Passer avec les nations ?
llélas ! sur ce sable où nous sommes, Quand tout mugit encor de ces tempêtes d'homme; Qtii pourrait envier ce sceptre des humains ? C'est la foudre du ciel que porte un bras liuiide ! Qui toucherait sans crainte à cette arme perfide
Prête d'éclater dans nos mains ?
Par un ciel d'exil profanées, L'infortune a doublé le poids de mes journées ;
Je descends la pente des ans ; A peine si mon front que leur souffle moissonne, Portera sans fléchir le poids de la couronne
Qui va parer ces cheveux blancs !
La tombe avertit ma paupière ; L'espoir à son aspect retournant en arrière,
Ferme l'avenir devant moi !
Je mourriii ; de la mort l'égalité fatale
\E1LLE DES ARMES. 20 c
Mêlera quelque jour à la cendre banale La poussière qui fut un Roi !
Mais ma faiblesse en vain murmure ; Le cri d'un peuple entier, l'ordre de la nature,
Du ciel sont l'arrêt souverain !
Hélas ! il faut régner ! Piégner ? quel mol suprême ! Èlre ici-bas ton ombre ! 0 mon Dieu ! viens toi-mêu»e
Tenir le sceptre dans ma main !
Que l'onction qu'on va répandi-e Me donne la vorlu de craindre et de défondre
Ce trône où je suis condamné !
Et que l'huile sacrée, en coulant sur ma lête, Me prépare au combat que cette heure m'apprê'.e,
Comme un athlète couronné.
Que jamais mon œil ne sommeille !
Que tes Anges, Seigneur, portent à mon oreille
Ces soujtirs, les remords des Rois !
Que mon nom luise égal sur mes vastes provinces ! Que le denier du pauvre et le trésor des princes