CHANT DU SACRE
Le voilà ! — Ce seul mot a reconquis la France! Tout un peuple enivré de zèle et d'espérance Te porle dans ses bras au palais paternel ! Le soldat des Germains ne compte plus le nombre,
Et se désarme à l'ombre
De ton trône éternel !
Les villes à tes pieds portent leurs clefs fidèles ; Les soldats étonnés, ouvrant leurs citadelles, Comme un salut royal déchargent leur canon ! Ces drapeaux que jamais, aux éclairs de la poudre.
Ne fit baisser la foudre.
S'abaissent à ton nom !
La liberté superbe, à ta voix assouplie,
Sous un joug volontaire avec amour se plie ;
Tu souris au pardon, sur la force appuyé !
Trente ans comme un seul jour s'effacent : ta mémoire
Se souvient de la gloire ;
Le crime est oublié !
Il semble qu'un esprit de grâce et d'harmonie
VEILLE DES ARMES. o,i
Aux cœurs de tes sujets ait soufûé ton génie ! Que du royal martyr le vœu soit accompli ! Et que chaque Français, comme une sainte offrande ,
Devant tes pas répande
L'espérance et l'oubli !
Yiens donc ! Élu du ciel que sa force accompagne, Viens ! — Par la majesté du divin Charlemagne ! La valeur de Martel ou du soldat d'Ivri ! Par la vertu du roi qu'a couronné l'Église !
Par la noble franchise
Du quatrième Ifenri !
Par les brillans surnoms de cette race auguste : Le Sage, le Vainqueur, le Bon, le Saint, le Jusie , La grâce de Philippe ou de François premier ! Par l'éclat de ce Roi dont l'ascendant suprême
Lnposa son nom même
Au siècle tout entier !
Par ce martyr des rois qui mourut pour nos crim(\s I Par le snuj; consnrré Ao cent mille virlimes !
ara Cil VNÏ DU SACRE.
Par ce pacti! éternel qui rajeunit les droits ! Par le nom de Celui dont tout sceptre relève !
Par l'amour qui t'élè\ e
Sur ce nouveau pavois !
Au nom du seul puissant, du seul saint, du seul sage, Dont l'espace et le temps sont le vaste héritage, Dont le regard s'étend à tout siècle, à tout lieu ! Sois sacré ! tu deviens par ce royal mystère ^
Le maître de la terre,
Le serviteur de Dieu !
Piègne ! juge ! combats ! venge ! punis ! pardonne ! (.;onduis! règle! soutiens! commande! impose! ordonne ! Par la vertu d'en haut sois couronné ! sois Roi ! Ta main , dès cet inslan l , peut frapper, peut a'osoudre ;
Ton regard est la foudre,
Ta parole est la loi !
Il dit : v.n seid cri part : l'air mni];il, rniir.in sonne !
VKILLE DliS AllMliS. 2i3
Les drapeaux déroulés flottent ; le canon tonne, Et l'ardent Te Ueum, ce cantique des rois, S'élance d'un seul cœur et de cent Hiille voix !
' Que la terre cl les cieux et les rners te bénissent ! • Qu'au chœur des chérubins les séraphins s'unissent «•Pour célébrer le Dieu, le Dieu qui nous sauva ! 'Saint,Saint,Saintestsonnom ! Quela foudre le gronde , Que le vent le murmure, et l'abîme réponde : « Jéhova! Jéhova!
Qu'il gouverne à jamais son antique héritage !
Sur les fils de nos fds qu'il règne d'âge en âge ; ■■ Nos ci-is l'ont invoqué ! sa foudre a répondu ! ' De toute majesté c'est la source et le père !
Le peuple qui l'attend, le siècle qui l'espère « N'est jamais confondu !
: Qu'il csl rare, ô mon Dieu! quêta main nous accorde ' Ces temps, ces temps de grâce cl de miséri<^orde.