‹ Mélanges poétiques et discoursChapitre 47 sur 65 · CHANT DU SACRE · texte numérisé non relu

CHANT DU SACRE

Le voilà ! — Ce seul mot a reconquis la France! Tout un peuple enivré de zèle et d'espérance Te porle dans ses bras au palais paternel ! Le soldat des Germains ne compte plus le nombre,

Et se désarme à l'ombre

De ton trône éternel !

Les villes à tes pieds portent leurs clefs fidèles ; Les soldats étonnés, ouvrant leurs citadelles, Comme un salut royal déchargent leur canon ! Ces drapeaux que jamais, aux éclairs de la poudre.

Ne fit baisser la foudre.

S'abaissent à ton nom !

La liberté superbe, à ta voix assouplie,

Sous un joug volontaire avec amour se plie ;

Tu souris au pardon, sur la force appuyé !

Trente ans comme un seul jour s'effacent : ta mémoire

Se souvient de la gloire ;

Le crime est oublié !

Il semble qu'un esprit de grâce et d'harmonie

VEILLE DES ARMES. o,i

Aux cœurs de tes sujets ait soufûé ton génie ! Que du royal martyr le vœu soit accompli ! Et que chaque Français, comme une sainte offrande ,

Devant tes pas répande

L'espérance et l'oubli !

Yiens donc ! Élu du ciel que sa force accompagne, Viens ! — Par la majesté du divin Charlemagne ! La valeur de Martel ou du soldat d'Ivri ! Par la vertu du roi qu'a couronné l'Église !

Par la noble franchise

Du quatrième Ifenri !

Par les brillans surnoms de cette race auguste : Le Sage, le Vainqueur, le Bon, le Saint, le Jusie , La grâce de Philippe ou de François premier ! Par l'éclat de ce Roi dont l'ascendant suprême

Lnposa son nom même

Au siècle tout entier !

Par ce martyr des rois qui mourut pour nos crim(\s I Par le snuj; consnrré Ao cent mille virlimes !

ara Cil VNÏ DU SACRE.

Par ce pacti! éternel qui rajeunit les droits ! Par le nom de Celui dont tout sceptre relève !

Par l'amour qui t'élè\ e

Sur ce nouveau pavois !

Au nom du seul puissant, du seul saint, du seul sage, Dont l'espace et le temps sont le vaste héritage, Dont le regard s'étend à tout siècle, à tout lieu ! Sois sacré ! tu deviens par ce royal mystère ^

Le maître de la terre,

Le serviteur de Dieu !

Piègne ! juge ! combats ! venge ! punis ! pardonne ! (.;onduis! règle! soutiens! commande! impose! ordonne ! Par la vertu d'en haut sois couronné ! sois Roi ! Ta main , dès cet inslan l , peut frapper, peut a'osoudre ;

Ton regard est la foudre,

Ta parole est la loi !

Il dit : v.n seid cri part : l'air mni];il, rniir.in sonne !

VKILLE DliS AllMliS. 2i3

Les drapeaux déroulés flottent ; le canon tonne, Et l'ardent Te Ueum, ce cantique des rois, S'élance d'un seul cœur et de cent Hiille voix !

' Que la terre cl les cieux et les rners te bénissent ! • Qu'au chœur des chérubins les séraphins s'unissent «•Pour célébrer le Dieu, le Dieu qui nous sauva ! 'Saint,Saint,Saintestsonnom ! Quela foudre le gronde , Que le vent le murmure, et l'abîme réponde : « Jéhova! Jéhova!

Qu'il gouverne à jamais son antique héritage !

Sur les fils de nos fds qu'il règne d'âge en âge ; ■■ Nos ci-is l'ont invoqué ! sa foudre a répondu ! ' De toute majesté c'est la source et le père !

Le peuple qui l'attend, le siècle qui l'espère « N'est jamais confondu !

: Qu'il csl rare, ô mon Dieu! quêta main nous accorde ' Ces temps, ces temps de grâce cl de miséri<^orde.

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