TROISIEME NOTE
Et le prêtre , élevant la couronne en ses mains , Parle, au nom du seul maître, au maîtie des humjins.
L'inauguralion de Pépin, cette solennilé qu'on s'est habitué à considérer comme le principe et le fondement du sacre, ne constitue qu'un contrat politique béni par l'Église, suivant un usage dcslors établi dans l'Orient; et l'onction sainte, un rite commun à tous les fidèles, dont les ministres de la religion avaient fait ime application plus particulière et plus solennelle à la cérémonie du couronnement, qui n'emportait aucune idée de servitude ou de dépendance temporelle envers l'Église, qui laissait agir dans toute sa plénitude, ou la force du droit de naissance, oii le vœu spontané de la nation.
Nous en trouvons une preuve dans le couronnement de Louisrle-Débonnaire qui, sans la participation de rÉqlise, et n'obéissant qu'à l'ordre
absolu (le Charlemagne, prit la couronne que son père avait fait placer sur l'autel, et se la mit luimême sur la tête en présence des États. Ttimjtisslt paler iit^ propriis maniùuSf coronam quœ erat super allai e elevaret y et capiti stio imponeret (Thegan, Gestes de Louis-le-Déhonnaire). Sur quoi Fauchel fait cette réflexion : « Est à noter, en cet acte solennel, que Chailemagne déclarant son fils empereur, n'attend point le consentement de personne là-dessus f ni ne voulut qu'autre que son fils touchât à la couronne impériale pour la mettre sur son chef; chose qui semble avoir été faite par cet empereur sans mystère, et pour montrer qu'il ne tenait l'empire que de Dieu seul , etc.» Cela est juste, quant à l'Église, et rien n'est plus propre à démontrer l'indépendance de l'empereur; mais l'observation n'est pas exacte à l'égard de l'affranchissement politique on civil ; car, quelques jours avant la cérémonie, Charlemagne assembla les grands du royaume, et leur demanda è tous, depuis le premier jusqu'au dernier, s'ils avaient pour agréable qu'il déclarât son fils euipo-
reur : Interrognns omnes, a maxlino usqtic ad
minimum, si eis p/acuisset, etc.