‹ Mélanges poétiques et discoursChapitre 64 sur 65 · SLR LA MORT DE SA FILLE · texte numérisé non relu

SLR LA MORT DE SA FILLE

...Jîlle avait seize ans !.., c'est bien tôt pour mourir!. ..

LAMABTINe.

Loi'sque le crépuscule abandonuanl la lene, Jet le lui deruier reflet sur la voiile des cieux,

(.) Voirpoge ifi;.

Aux lueurs du flambeau de l'astre du mystère, Seule j'aime à gravir les monts silencieux.

Comme un ange qui vole aux plaines immortelles, Mon ame, recouvrant toute sa pureté, S'élance d'ici-bas, et, déployant ses ailes, Se plonge dans l'immeDsilé,

Là, voguant au travers de ces mondes sans nombre Que n'entrevit jamais un profane mortel. Au temple de l'agneau, se glissant comme une ombre. Elle vient s'incliner aux pieds de l'Éternel.

Palais du Roi des rois, régions fortunées, Qu'en songe le poète aime à vous parcourir !

Heureux ! il n'entend plus le torrent des années ■

Qui murmure auxhumains: «Vous naissez pour souffrir.

Digne ol^jet de mes chants, ô vous dont le génie Inventa des accords si magiques, si doux. N'est-ce pas , la douleur du poète est bénie ? Chantre du Tout-Puissant , qui le sait mieux que vous!

SUR LA MORT DE SA FILLE. 4^5 Quelle ardeur vous guida vers ces cités anliques Que le Christ arrosa de son sang précieux ? Où de Jérusalem les vallons romantiques Comme un songe d'amour éblouirent vos yeux ?

Ah 1 sans doute, le soir, dans ces vastes prairies Que baigne le Jourdain avec ses flots dorés, Vous veniez égarer vos saintes rêveries, ¥A chanter de David les cantiques sacrés ?. . .

Puis un ange était là !.. . L'étoile qui scintille Quand la nuit sur le ciel fait flotter ses cheveux , Est moins douce aux regards que cette jeune fdlc Qui vous nommait son père, et comblait tous vos vœux .

Combien ces tendres soins parfumaient votre vie ! Vos jours coulaient près d'elle inondés de bonheur ; Tout à coup, ô destin ! elle vous est ravie ! Morte!!! morte à douze ans'.... Tul'as voulu, Seigneur

Moi je sais la douleur, inconsolable père.

Je suis jeune , et pourtant j'ai déjà bien pleuré ;

Et j'ai conpris vos maux, quand votre enfant si chère, S'enfuit comme une sainte au palais étliéré.

11 est cruel, poignant, de perdre ceux qu'on aime ; C'est un énorme poids qui tombe sur le cœur. La mort, monstre inhumain, qui fît pâlir Dieu même, Enveloppe nos jours d'un réseau de douleur.

Qui vous eût dit, hélas ! que la vierge naïve Que vous veniez baiser au front chaque matin, Serait comme la fleur dans les déserts captive. Qu'un so\iffle du Simoun finirait son destin !

Mais sur ce globe sombre où toujours le génie A chacun de ses pas brise une illusion. Et ne trouve en passant dans les champs de la vie Que chagrins et déception ;

Ah! dites, qu'aurait fait votre fille, ô poêle ? Si dès le frais malin de ses joyeux quinze ans, Emueau])riiit des vents jouant dans la tempête, Elle avait essayé de timides accens ?

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